À l’occasion de l’inauguration de la Direction régionale de la Communication du Poro et de l’installation du Comité local pour l’intégrité de l’information (CL2I), le Ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, M. Amadou Coulibaly, a lancé un appel à une mobilisation générale contre la désinformation, qu’il considère comme l’une des principales menaces contemporaines pour la cohésion sociale et la stabilité des États.
Face aux autorités administratives, aux élus, aux chefs traditionnels, aux guides religieux, aux professionnels des médias et aux membres du CL2I, le Ministre a rappelé que les mutations du numérique offrent d’immenses opportunités, mais imposent également une vigilance accrue.« L’ère du numérique apporte d’extraordinaires facilités au quotidien. Cependant, elle s’accompagne aussi d’un fléau insidieux qui n’épargne aucune communauté ni aucun pays : la propagation virale de la fausse information et des discours de haine. »
Pour le Porte-parole du Gouvernement, les campagnes de manipulation de l’information ne constituent plus un simple phénomène médiatique. Elles représentent désormais un véritable enjeu de sécurité et de gouvernance, susceptible d’alimenter les tensions sociales et de fragiliser les institutions.
Illustrant son propos, il est revenu sur les violences enregistrées à Dabou, provoquées par la diffusion de fausses informations ayant dressé des communautés les unes contre les autres.« Des individus mal intentionnés ont réussi, par la manipulation de l’information, à créer le chaos. Voilà pourquoi nous devons éduquer nos populations et leur apprendre à vérifier avant de partager. »
Le Ministre a invité les autorités administratives à intégrer désormais la question de la désinformation parmi les préoccupations des Conseils régionaux de sécurité, estimant que les nouveaux Comités locaux pour l’intégrité de l’information constituent un outil de veille et de prévention au service des territoires.
Il a également mis en avant les efforts consentis par l’État en faveur du développement des médias. Grâce à la création de l’Agence de Soutien et de Développement des Médias (ASDM), les mécanismes d’accompagnement concernent désormais l’ensemble du secteur, notamment les radios de proximité, les télévisions et la presse en ligne. À ce titre, il a rappelé que 74 millions de FCFA ont récemment été mobilisés pour soutenir plusieurs radios de l’Est du pays, tandis que 31 millions de FCFA ont été consacrés aux radios de proximité du Nord.
Selon lui, l’ouverture des directions régionales de la Communication participe de cette même volonté de rapprocher les services publics des acteurs des médias.« Aujourd’hui, les professionnels des médias n’ont plus besoin d’aller jusqu’à Abidjan. L’administration est venue vers eux. »Abordant la question des libertés numériques, Amadou Coulibaly a tenu à rappeler que la Côte d’Ivoire demeure un État attaché aux libertés publiques.« Nous sommes un pays de liberté. Jamais Internet n’a été coupé dans notre pays, jamais son débit n’a été volontairement réduit. Mais la liberté s’exerce dans le cadre de la loi. La liberté va avec la responsabilité. »
Le Ministre a, en outre, sensibilisé les populations sur le renforcement du dispositif juridique contre la cybercriminalité. Il a rappelé que les auteurs, mais également les relais de fausses informations, s’exposent désormais à des sanctions plus sévères.
Enfin, il a insisté sur le fait que la lutte contre la désinformation ne saurait être l’affaire exclusive des pouvoirs publics.« La lutte contre la désinformation ne doit pas être seulement du ressort de l’État. C’est l’ensemble de la population, tous les corps sociaux qui doivent se donner la main. »S’adressant aux chefs traditionnels, aux guides religieux, aux organisations de jeunesse, aux médias et aux citoyens, il les a invités à faire vivre, chacun dans sa sphère d’influence, la campagne nationale « En ligne, tous responsables », afin de développer une véritable culture de la vérification de l’information.
Concluant son intervention, le Ministre a formulé le vœu que le Poro devienne un modèle en matière d’intégrité de l’information. « Notre souhait est que le Poro soit une région où l’information rime avec vérité, avec cohésion et avec responsabilité. »
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