La Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a ouvert, ce mardi 18 août 2026 à Abidjan-Plateau, un atelier régional consacré aux indicateurs de migration en Afrique de l’Ouest.
La rencontre vise notamment à valider la troisième édition du rapport régional sur les indicateurs de migration et à renforcer les capacités des structures nationales chargées de la production des statistiques économiques et migratoires.
Organisé à travers la Direction de la Recherche et des Statistiques de la Commission de la CEDEAO, cet atelier conjoint réunit des experts et représentants des États membres autour de deux principaux axes : la validation de la troisième édition du rapport régional sur les indicateurs de migration pour les années 2021, 2022 et 2023, ainsi que le renforcement des capacités des Comités nationaux de coordination et des Comités nationaux de politique économique (CNC/CNPE).
Les travaux portent également sur la finalisation et l’expérimentation des outils harmonisés destinés à la collecte des données nationales pour les années 2024 et 2025.
L’objectif est de disposer de statistiques fiables, comparables et régulièrement actualisées afin de mieux appréhender les dynamiques migratoires dans l’espace communautaire.
L'institution entend ainsi renforcer les mécanismes permettant de produire des statistiques désagrégées et harmonisées, susceptibles d’éclairer la formulation, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques.
Cette démarche s’inscrit notamment dans les orientations du Pacte mondial pour les migrations, qui accorde une place centrale à la production et à l’utilisation de données précises et désagrégées sur les migrations. Elle rejoint également la cible 10.7 des Objectifs de développement durable (ODD), relative à la promotion d’une migration et d’une mobilité ordonnées, sûres, régulières et responsables.
Au-delà de la validation du rapport régional, la rencontre doit servir de cadre à la sixième réunion de coordination régionale consacrée à l’amélioration de la disponibilité et de la qualité des données nationales sur les indicateurs de migration.
Intervenant à l’ouverture des travaux, le président du Comité national de politique économique de Côte d’Ivoire (CNPE-CI), Hien Sansan, a souligné l’importance de cette démarche dans le mécanisme de surveillance multilatérale de la CEDEAO.
Selon lui, cet exercice implique notamment la transmission trimestrielle, par les États membres à la Commission, de rapports portant sur leur situation économique et financière, ainsi que la mise à jour de la base de données de la convergence macroéconomique de la CEDEAO (ECOMAC).
''Ces productions sont nécessaires à l’évaluation du processus de convergence économique de notre zone. Il est donc important que toutes les statistiques macroéconomiques produites au niveau des États membres soient fiables, harmonisées et disponibles en temps opportun '', a-t-il déclaré.
Hien Sansan a également rappelé qu’en juin 2025, le Conseil des ministres de la CEDEAO avait adopté des cadres régionaux communs ainsi que des guides méthodologiques destinés à encadrer la compilation et la publication des statistiques macroéconomiques dans l’espace communautaire.
La rencontre d’Abidjan vise ainsi, selon lui, à renforcer les capacités des macroéconomistes des CNC/CNPE et des responsables de la gestion de la base ECOMAC, afin de favoriser une meilleure appropriation et une mise en œuvre effective de ces cadres régionaux.
Pour sa part, le directeur général de la Recherche et des Statistiques de la Commission de la CEDEAO, Pr Félix N’Zué, a insisté sur la nécessité de disposer de statistiques harmonisées et comparables entre les États membres.
Ces données doivent permettre, selon lui, de mesurer les progrès accomplis, d’orienter les politiques économiques et d’apprécier les effets concrets des programmes communautaires.
'' Les travaux que nous entamons aujourd’hui contribueront à doter notre région d’outils plus performants pour relever les défis de la convergence macroéconomique, de la libre circulation des personnes et de l’immigration, afin de mieux gouverner au service du développement et de l’intégration régionale », a relevé Pr N’Zué.
EA

