La liquidation de l’ancienne Commission électorale indépendante (CEI) est désormais officiellement engagée. La passation de charges entre le secrétaire général sortant, Kouassi Guy Euloge, et le liquidateur Lassana Sylla s’est tenue, lundi 7 septembre 2026, au siège de l’institution, aux Deux-Plateaux, à Abidjan.
La cérémonie, présidée par Gilbert Koné Kafana, Haut représentant du Président de la République, s’est déroulée en présence du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly. Elle marque le début des opérations de liquidation de l’ex-CEI, dissoute le 6 mai 2026.
La rencontre a été ponctuée par une séance de travail à huis clos, la signature du procès-verbal de passation de charges et les différentes allocutions. À cette occasion, le secrétaire général sortant a remis au liquidateur les documents relatifs notamment à la situation administrative, au personnel, au patrimoine et à la situation financière de l’ancienne institution.
Dans son intervention, Kouassi Guy Euloge a salué le travail accompli par l’ex-CEI depuis sa création en 2001 et rendu hommage aux responsables, commissaires et agents ayant contribué à l’organisation des différents scrutins en Côte d’Ivoire.
Il a notamment estimé que la liquidation de l’institution ne saurait effacer les acquis accumulés au cours de ses années d’existence. « La liquidation de la CEI ne signifie pas nécessairement la disparition de ce qu’elle a construit et valorisé », a-t-il déclaré, mettant en avant l’expérience, les compétences et les réalisations développées au fil des années.
Le secrétaire général sortant a également évoqué la situation des agents de l’ex-CEI, confrontés à cette période de transition. Il a souhaité que le processus de liquidation permette de prendre en compte leurs préoccupations sociales et leurs droits, tout en assurant le liquidateur de la disponibilité des anciens responsables et agents pour faciliter sa mission.
Prenant le relais, Lassana Sylla a présenté les principaux axes de son mandat. Le premier concerne les ressources humaines. Il s’agira d’examiner la situation de chaque agent et, le cas échéant, de procéder à la liquidation de ses droits, conformément aux textes en vigueur et dans le respect du principe d’équité.
Le deuxième chantier porte sur le patrimoine. Le liquidateur devra procéder à l’inventaire des biens et actifs de l’ex-CEI, à leur localisation et à leur sécurisation, avant leur traitement conformément aux orientations des autorités compétentes.
La situation financière constitue le troisième volet. Les opérations porteront notamment sur l’examen et l’apurement des dettes envers les fournisseurs et prestataires, l’identification des éventuelles créances ainsi que les démarches nécessaires à leur recouvrement.
Les projets encore en cours devront également faire l’objet d’une évaluation afin de déterminer leur état d’avancement et les suites à leur donner. « Cette mission doit être une œuvre collective. Elle exigera de chacun disponibilité, professionnalisme, loyauté, transparence et esprit de collaboration », a déclaré Lassana Sylla, assurant vouloir conduire le processus avec méthode et diligence.
Représentant le Président de la République, Gilbert Koné Kafana a, pour sa part, rappelé que la dissolution de l’ex-CEI ouvre une nouvelle phase dans l’évolution du système électoral ivoirien.
Il a salué la contribution de l’institution à la vie démocratique du pays, notamment à travers l’organisation de plusieurs élections présidentielles, législatives, régionales, municipales et sénatoriales, ainsi que des opérations de révision de la liste électorale.
Selon lui, la fin de l’ex-CEI doit permettre de tirer les enseignements des expériences passées et de faire évoluer la gouvernance électorale en tenant compte des standards sous-régionaux et internationaux. « La décision de mettre fin à l’ex-Commission électorale indépendante ouvre ainsi, naturellement, une nouvelle étape de la vie institutionnelle de notre système électoral », a-t-il souligné.
Le Haut représentant du Président de la République a également assuré Lassana Sylla du soutien de l’État dans l’accomplissement de sa mission. Celle-ci devra notamment permettre de sécuriser le patrimoine de l’ex-institution, d’arrêter ses comptes et de traiter ses différents passifs.
Au terme de la cérémonie, le procès-verbal de passation de charges a été signé par les parties concernées. Les documents remis au liquidateur comprennent notamment les éléments relatifs au personnel, au patrimoine et à la situation financière de l’ex-CEI.
Avec cette passation de charges, le processus de liquidation de l’ancienne institution entre ainsi dans sa phase opérationnelle, avec pour principaux enjeux la gestion des ressources humaines, la sécurisation du patrimoine et le règlement de la situation financière de l’ex-CEI.
Cyprien K.

