L’emploi des jeunes constitue désormais un axe majeur de l’action du Groupe de la Banque mondiale. À l’ouverture des Journées portes ouvertes (Open Days) de l’institution, lundi 21 septembre 2026 à Abidjan-Cocody, Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de division en charge du Groupe de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Togo et en Guinée, a insisté sur la nécessité de créer les conditions permettant au secteur privé de générer davantage d’emplois.
Placées sous le thème « Emplois et opportunités : Construire ensemble pour une croissance inclusive », ces Journées portes ouvertes mettent notamment l’accent sur les défis liés à l’insertion professionnelle des jeunes.
Selon Marie-Chantal Uwanyiligira, l’enjeu est particulièrement important à l’échelle mondiale. « Dans le monde entier, il y a plus de 1,2 milliard de jeunes qui vont rentrer sur le marché d’ici 2030. Et pourtant, il n’y a que 400 millions d’emplois qui vont être créés », a-t-elle expliqué.
En Côte d’Ivoire, la pression sur le marché de l’emploi est également forte. « Il y a à peu près 600 000 emplois qui sont demandés chaque année. Et pourtant, l’offre d’emploi n’arrive pas à ça », a-t-elle relevé.
Interrogée sur les montants consacrés directement à l’emploi des jeunes en Côte d’Ivoire, la responsable de la Banque mondiale a expliqué que l’approche de l’institution ne consiste pas uniquement à financer des programmes créateurs d’emplois.
« La Banque, c’est un facilitateur. Parce que ce n’est pas nous qui créons les emplois, c’est le secteur privé », a-t-elle précisé.
Cette approche repose notamment sur l’accompagnement des réformes destinées à améliorer l’environnement économique et à favoriser l’investissement privé. Elle cite notamment les secteurs agricole et énergétique.
« Si je prends l’appui budgétaire qu’on a ici en Côte d’Ivoire, qu’est-ce que ça apporte ? Le secteur agricole, les réformes dans le secteur agricole, les réformes dans l’électricité », a-t-elle indiqué.
Pour Marie-Chantal Uwanyiligira, l'accès à une électricité fiable constitue notamment une condition importante pour le développement de l'activité économique et, par conséquent, pour la création d'emplois.
Elle estime ainsi que les réformes accompagnées par la Banque mondiale en Côte d’Ivoire pourraient contribuer à toucher plus de 600 000 emplois.
La responsable de la Banque mondiale a également souligné l'importance des investissements dans les infrastructures. Elle cite notamment les travaux routiers et l’amélioration de la mobilité urbaine. « Même quand on fait l’avenue Akwaba, on crée des emplois aujourd’hui », a-t-elle déclaré, estimant que l’impact doit également être apprécié à travers les gains de temps réalisés dans les déplacements. « Imaginez ce qu’on fait parce qu’on arrive à réduire le temps de transport. Ce sont des emplois qu’on crée », a-t-elle ajouté.
Pour la Banque mondiale, la question de l’emploi ne se résume donc pas au nombre d’emplois directement générés par un projet. Elle doit également être appréciée à travers les transformations économiques rendues possibles par les investissements et les réformes.
Le secteur agricole constitue, selon Marie-Chantal Uwanyiligira, l’un des principaux leviers de création d’emplois en Côte d’Ivoire.
Elle a cité l’exemple d’un entrepreneur rencontré récemment à Abidjan, spécialisé dans la culture maraîchère et devenu agrégateur. Celui-ci travaille avec des coopératives et des femmes productrices, rachète leurs productions et leur fournit notamment des semences adaptées. « Mais qui a pris cette personne ? C’est le Groupe de la Banque. Voilà comment on voudrait créer des emplois », a-t-elle expliqué.
Cette approche vise à établir une chaîne permettant aux financements et à l’accompagnement de bénéficier aux entrepreneurs, aux producteurs et, plus largement, aux travailleurs.
Pour la directrice de division, l'action de la Banque mondiale en faveur de l'emploi repose ainsi sur plusieurs leviers : améliorer l'environnement des affaires à travers les réformes, investir dans les infrastructures et renforcer le capital humain. « S’il faut investir dans les infrastructures physiques pour que ça puisse se faire, on le fait aussi. S’il faut investir dans le capital humain, c’est le champ de bataille de la Côte d’Ivoire, si vous me demandez mon point de vue », a-t-elle souligné.
Marie-Chantal Uwanyiligira résume ainsi l’approche de l’institution : créer les conditions permettant au secteur privé de jouer pleinement son rôle dans la génération d'emplois. « Voilà comment, comme Groupe, on essaie de créer les conditions qui, je l’espère, permettront au secteur privé de créer les emplois », a-t-elle conclu.
Cyprien K.
