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Société Publié le samedi 24 octobre 2026 | Abidjan.net

Côte d’Ivoire : Les éleveurs de porcs appellent l’État à honorer ses engagements

Côte d’Ivoire : Les éleveurs de porcs appellent l’État à honorer ses engagements
© Abidjan.net Par Eric ATIGAN
Côte d'Ivoire : Conférence de presse des éleveurs de porcs
Abidjan, le 24 octobre 2026Une cinquantaine d'éleveurs de porcs de Côte d'Ivoire ont pris part ce samedi à Yopougon à une conférence de presse organisée par l'Union nationale des sociétés coopératives des éleveurs de porcs de Côte d'Ivoire (UNASCEPORCI).

Une cinquantaine d’éleveurs de porcs ont pris part, ce samedi 24 octobre 2026 à Yopougon, à une conférence de presse organisée par l’Union nationale des sociétés coopératives des éleveurs de porcs de Côte d’Ivoire (UNASCEPORCI). À cette occasion, ils ont interpellé les autorités sur le non-paiement des indemnisations liées à une crise sanitaire survenue il y a deux ans et proposé des mesures pour soutenir la filière porcine.


Selon Germain Nawoya, président de l’UNASCEPORCI, cette crise sanitaire avait conduit les autorités à ordonner l’abattage des cheptels afin de limiter la propagation d’une maladie animale. Malgré les engagements pris pour accompagner et indemniser les producteurs affectés, les éleveurs affirment n’avoir reçu aucune compensation financière à ce jour.


Cette situation, selon l’organisation, fragilise les exploitations et plonge de nombreuses familles dans la précarité, tout en menaçant la pérennité de la filière porcine en Côte d’Ivoire.


Au cours de cette rencontre avec la presse, les responsables de l’Union ont présenté le bilan financier et social de la crise, tout en attirant l’attention des ministères de tutelle et de celui des Finances sur l’urgence de trouver une solution à la question des indemnisations.

Outre cette préoccupation, l’UNASCEPORCI a relevé deux autres difficultés majeures : les problèmes de commercialisation de la production locale et la concurrence des importations de produits porcins.


Tout en saluant les initiatives engagées par l’État, notamment le projet Pro-Porc, l’amélioration génétique et les accords de coopération visant à moderniser l’élevage, Germain Nawoya a plaidé pour une meilleure implication des producteurs dans les politiques de développement de la filière.


Pour faire face à ces difficultés, l’Union propose notamment l’instauration d’un prélèvement compensatoire sur les produits porcins importés de pays hors d’Afrique. Les ressources issues de ce mécanisme serviraient à alimenter un fonds d’indemnisation et de développement de la filière.


Elle préconise également de conditionner les licences d’importation à l’achat d’une partie de la production locale, de renforcer les contrôles sanitaires et douaniers aux frontières et de mettre en place une clause de sauvegarde temporaire pendant la période de reconstruction de la filière.


L’organisation souhaite, par ailleurs, l’adoption d’une feuille de route assortie d’objectifs chiffrés pour réduire progressivement la dépendance du pays aux importations de produits porcins.


'' Nous ne venons pas tendre la main pour la charité. Nous venons demander que la parole de l’État soit tenue '', a déclaré Germain Nawoya. Il a rappelé que les éleveurs avaient accepté les interventions des services vétérinaires dans leurs exploitations et attendu les mesures d’accompagnement annoncées.


Le président de l’UNASCEPORCI a également insisté sur la nécessité de préserver les emplois et les activités économiques liés à l’élevage porcin. Selon lui, les producteurs disposent des compétences et de la volonté nécessaires pour contribuer à la souveraineté alimentaire du pays, mais ont besoin de mesures concrètes pour relancer leurs exploitations, écouler leur production et faire face à la concurrence extérieure.


Pour donner suite à leurs revendications, les éleveurs proposent la tenue, dans un délai de 30 jours et en marge de l’ouverture du Salon de l’élevage d’Abidjan (SELAB), d’une table ronde réunissant les ministères concernés, l’interprofession et les coopératives. Cette rencontre devrait permettre de définir un calendrier d’exécution des mesures retenues.

L’Union souhaite également la publication d’un bilan tous les 60 jours afin de suivre l’évolution des engagements pris.


De leur côté, les éleveurs s’engagent à renforcer la déclaration obligatoire de leurs exploitations, les mesures de biosécurité dans les fermes, le respect du vide sanitaire et la traçabilité des animaux.




EA

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