Face à l’accélération de l’urbanisation sur le continent, la planification urbaine s’impose comme un levier essentiel pour accompagner la croissance des villes africaines. La Côte d’Ivoire entend faire de cette dynamique un moteur de développement économique tout en relevant les défis liés aux infrastructures, au logement et à l’aménagement du territoire.
Intervenant lors d’un panel de haut niveau consacrée aux « défis urgents de l’urbanisation des villes africaines », organisée ce jeudi 29 octobre 2026 dans le cadre de la présentation du rapport phare de la Banque mondiale sur la question, le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, Moussa Sanogo, a partagé la vision et les actions du gouvernement ivoirien en matière de développement et de planification urbains. Il a mis en avant le dynamisme des villes ivoiriennes, à l’image d’Abidjan, qui concentrent les activités économiques et attirent les talents. « Véritables creusets de rencontres et d’échanges, elles attirent des talents, favorisent l’innovation et stimulent la création de richesses », a-t-il souligné.
Le ministre s’exprimait aux côtés d’Enrique Peñalosa, ancien maire de Bogotá (Colombie), de Yomi Ademola, responsable principal pour l’Afrique de l’Ouest et directeur-pays pour le Nigeria, ainsi que de Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de division du Groupe de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Togo et le Bénin.
Selon lui, cette dynamique constitue une opportunité majeure pour le développement économique, mais elle appelle également une meilleure anticipation de la croissance urbaine. « Pour les pouvoirs publics, les problèmes que cela soulève, c’est comment nous sommes capables d’anticiper de façon effective les problèmes qui vont arriver », a relevé le ministre.
La réponse passe notamment par la réalisation de routes, l’aménagement d’espaces urbains, le développement des moyens de mobilité ainsi que la création d’établissements scolaires, de structures sanitaires et d'espaces publics. Autant d’équipements qui doivent être pensés en fonction des besoins futurs afin d’améliorer le cadre de vie des populations et de maximiser les retombées économiques du développement urbain. « Tout cela est important pour pouvoir maximiser les effets liés à cette économie d’agglomération », a ajouté Moussa Sanogo.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de concevoir des villes en phase avec les réalités historiques, culturelles et environnementales africaines. Citant l’exemple de Korhogo, il a relevé que la présence de forêts sacrées au cœur de la ville illustre l’importance d’intégrer les spécificités locales dans les politiques d’aménagement. Toutefois, a-t-il fait remarquer, l’enjeu ne réside pas uniquement dans l’élaboration des documents de planification, mais surtout dans leur mise en œuvre effective. « Ce n'est pas tant le fait de faire un document de planification que celui d'avoir une ville qui se développe comme elle a été planifiée », a-t-il insisté.
Pour y parvenir, il a plaidé pour la mise en place de mécanismes permettant de préserver la vocation des espaces prévus dans les plans d’aménagement, qu’il s’agisse des espaces verts, des voies piétonnes ou des zones d’habitation. L’objectif est d’éviter une urbanisation désordonnée, source de vulnérabilité pour les populations, notamment lors des épisodes d’inondation.
Au cours des échanges, l’ancien maire de Bogota, Enrique Peñalosa, a partagé l’expérience de la capitale colombienne, expliquant les difficultés rencontrées pour aménager des trottoirs dans des quartiers développés sans véritable planification. Une situation qu’il a qualifiée de « guerre très virile ». Pour lui, les pays africains ont tout intérêt à éviter ces contraintes en anticipant le développement urbain à travers la planification et la réalisation préalable des routes et des réseaux dans les nouveaux espaces bâtis.
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