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Société Publié le lundi 26 octobre 2026 | AIP

Souveraineté alimentaire : Sidi Tiémoko Touré accélère la marche vers l’autosuffisance en produits animaux et halieutiques

Souveraineté alimentaire : Sidi Tiémoko Touré accélère la marche vers l’autosuffisance en produits animaux et halieutiques
© AIP Par DR
Souveraineté alimentaire : Sidi Tiémoko Touré accélère la marche vers l’autosuffisance en produits animaux et halieutiques

Abidjan, le 26 octobre 2026 – Garantir aux populations ivoiriennes un approvisionnement régulier en poisson, en viande et autres protéines animales, tout en réduisant la dépendance aux importations, constitue l’ambition du gouvernement ivoirien. Le ministre des Ressources animales et halieutiques l’a réaffirmé lundi 26 octobre 2026, à l’hôtel Ivotel, au Plateau, lors du Grand rendez-vous de l’Agence ivoirienne de presse (AIP).


Cette ambition repose sur le développement d’une économie animale et d’une économie bleue, avec pour objectif d’assurer la disponibilité de produits sains et de qualité sur toute l’étendue du territoire national. Il s’agit, selon le ministre, de passer de la sécurité alimentaire, qui consiste à nourrir les populations quelle que soit l’origine des produits, à la souveraineté alimentaire, fondée sur la capacité du pays à satisfaire durablement ses besoins grâce à sa propre production.


Des progrès significatifs


«Entre 2021 et 2025, la production nationale de viandes et d’abats a progressé de 27,4 %, pour atteindre 231 658 tonnes. La production avicole a augmenté de 35,3 %, celle des petits ruminants de 31,7 %, tandis que les œufs de consommation ont enregistré une hausse de 52,8 %. La production aquacole a, quant à elle, plus que doublé, passant de 6 300 à 12 895 tonnes», a déclaré le ministre.


Selon lui, les avancées permettent à la Côte d’Ivoire de couvrir la totalité de ses besoins en œufs et près de 97 % de ceux en viande de volaille.


La PONADEPA II 2026-2030 pour passer à échelle


Pour accélérer cette dynamique, le gouvernement met en œuvre la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA II 2026-2030), alignée sur le Plan national de développement (PND) 2026-2030. Conduite sous l’égide du Premier ministre, Robert Beugré Mambé, cette politique cible six filières prioritaires : l’aviculture, la pisciculture, notamment le tilapia, les productions bovine, porcine, ovine et cunicole.


Selon le ministre, à l’horizon 2030, les autorités ambitionnent de porter la couverture des besoins nationaux en protéines animales et halieutiques de 36 % à 75 %, de créer 1,5 million d’emplois et de doubler la contribution du secteur au PIB agricole. La stratégie prévoit notamment une production de plus de 840 000 tonnes de viandes, de 149 000 tonnes de poissons d’aquaculture et de 120 000 tonnes issues de la pêche. Les investissements nécessaires sont estimés à 2 875 milliards de FCFA, dont 80 % attendus du secteur privé.


Le secteur privé au cœur de la transformation


«La mise en œuvre de cette politique s’appuiera sur le modèle agrégateur, qui consiste à relier les petites exploitations à des entreprises structurantes leur garantissant l’accès aux intrants, au financement, à l’encadrement technique et aux marchés. Le dispositif prévoit également quatorze zones de développement et de compétitivité des activités animales et halieutiques (ZODECAB), ainsi que des centres de formation spécialisés, un fonds de financement des investissements et un guichet unique destiné aux porteurs de projets», a indiqué le ministre.


Selon lui, le gouvernement entend parallèlement renforcer le contrôle sanitaire interne et aux frontières, mieux encadrer les importations et lutter contre la pêche illicite. Des collaborations avec l’Égypte, le Brésil et des partenaires techniques et financiers doivent également contribuer au transfert de technologies et à la modernisation des filières.


Pour le ministre, chaque tonne produite en Côte d’Ivoire représente autant d’importations évitées, d’emplois créés et de richesses générées localement. Il a ainsi appelé les investisseurs, les acteurs publics, les partenaires et les médias à se mobiliser pour bâtir un secteur compétitif, créateur d’emplois et respectueux de l’environnement.


Au-delà des objectifs de production, cette politique vise à garantir à chaque famille ivoirienne un accès durable à des protéines animales et halieutiques de qualité, tout en préservant son pouvoir d’achat et en renforçant la résilience économique du pays.

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