La deuxième revue conjointe du portefeuille des projets financés par les partenaires techniques et financiers (PTF) s’est ouverte ce jeudi 5 novembre 2026 au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, sous la présidence du ministre, directeur de cabinet du Vice-Président de la République, Emmanuel Ahoutou Koffi. Cette rencontre de deux jours vise à améliorer la performance des investissements en cours et à accélérer leur exécution dans le cadre du Plan national de développement (PND) 2026-2030.
La mobilisation des ressources pour le financement du développement doit désormais s'accompagner d'une accélération de l'exécution des projets. C'est autour de cet enjeu que se tient la deuxième revue conjointe du portefeuille des projets financés par les partenaires techniques et financiers (PTF), organisée par le Cabinet du Vice-Président de la République, sous l'égide de Tiémoko Meyliet Koné.
La cérémonie d'ouverture, présidée par Emmanuel Ahoutou Koffi, a réuni environ 200 participants issus de l'administration publique, des structures de coordination des projets, du corps préfectoral et des principales institutions financières partenaires de la Côte d'Ivoire, notamment le Groupe de la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et la Banque européenne d'investissement (BEI).
Les travaux interviennent dans un contexte d'accroissement du portefeuille des projets de développement. Au 30 juin 2026, celui-ci comptait plus de 149 projets financés ou cofinancés par les PTF, pour un montant de 7,874 milliards de dollars américains. Ces interventions couvrent plusieurs secteurs stratégiques, notamment les infrastructures, l'agriculture, l'éducation, la santé, la gouvernance, le développement du secteur privé, l'environnement et la protection sociale.
Cette dynamique devrait s'amplifier avec les engagements annoncés par les partenaires au développement lors du Groupe consultatif des 8 et 9 juillet derniers. Au total, 80 milliards de dollars ont été annoncés pour accompagner le financement du PND 2026-2030, dont 17 milliards de dollars pour le Groupe de la Banque mondiale et 20 milliards pour le Groupe de la BAD. Le coût global du nouveau plan national est, quant à lui, estimé à 114 838,5 milliards FCFA.
Prenant la parole au nom du Groupe de la BAD, Joseph Ribéraux, directeur général adjoint pour l'Afrique de l'Ouest, a réaffirmé l'engagement de l'institution à accompagner les ambitions de développement de la Côte d'Ivoire. Au 31 octobre 2026, le portefeuille actif de la Banque dans le pays comptait 37 opérations représentant près de 4 milliards de dollars d'engagements. La performance globale est jugée satisfaisante, avec un taux de projets à problèmes de 14 %, inférieur au seuil institutionnel de 25 %, et un taux de décaissement global de 44 %.
Le responsable de la BAD a toutefois relevé la nécessité d'améliorer la qualité de préparation des projets, d'accélérer la satisfaction des conditions de mise en vigueur et de premier décaissement, ainsi que de renforcer le respect des obligations de reporting financier.
Du côté de la Banque mondiale, Marie Chantal Uwanyiligira , directrice de division basée au bureau d'Abidjan, a insisté sur la nécessité de réduire les délais de préparation et d'améliorer le rythme d'exécution des projets. Elle a notamment indiqué que l'institution avait ramené de 18 à 9 mois le délai moyen de préparation de ses projets d'investissement.
La représentante de la Banque mondiale a également plaidé pour la mise en place d'un fonds national dédié à la préparation des projets, une meilleure maîtrise des délais de décaissement et une limitation des prolongations de programmes. Elle a par ailleurs insisté sur le renforcement du suivi au niveau local, avec une implication accrue des autorités préfectorales, ainsi que sur une meilleure coordination des partenaires autour des priorités du PND.
À l'ouverture des travaux, Emmanuel Ahoutou Koffi a rappelé que la réussite du PND 2026-2030 repose sur une responsabilité partagée entre l'État et ses partenaires. Il a identifié quatre priorités : accélérer la préparation et l'exécution des projets, améliorer la performance globale du portefeuille, renforcer la coordination entre les parties prenantes et assurer un suivi effectif des recommandations.
Le directeur de cabinet a particulièrement insisté sur le rôle des préfets dans le suivi territorial des investissements publics. Il a appelé ces autorités à renforcer leur connaissance des projets intervenant dans leurs circonscriptions administratives afin de faciliter leur coordination et de rapprocher les réalisations des attentes des populations.
Prévue sur deux jours, cette deuxième revue conjointe doit aboutir à des recommandations opérationnelles, assorties de mesures correctives, de responsabilités clairement définies et d'un calendrier de mise en œuvre. L'enjeu est de faire en sorte que les financements mobilisés auprès des partenaires techniques et financiers se traduisent par des réalisations concrètes et contribuent effectivement à l'amélioration des conditions de vie des populations ivoiriennes.
JB

