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Politique Publié le mardi 12 juillet 2011 | Nord-Sud

Miaka Ouretto, Sg du Fpi : « J’ai pensé à une blague… »

© Nord-Sud Par Prisca
Préparatifs du 20ème anniversaire de la fête de la liberté - Le FPI reçoit la presse.
Jeudi 08 Avril 2010 – Ivotel / Dans le cadre des préparatifs du 20ème anniversaire de la fête de la liberté, le Front Populaire Ivoirien a convié la presse à un déjeuner- débat autour du thème : "Gagner les élections pour une Côte d`ivoire libre, indépendante et souveraine. Photo: Miaka Ouréto, Secrétaire général du parti
Comment avez-vous appris la démission de Mamadou Koulibaly du Fpi ?
Bien, je l’ai appris comme vous.

Samedi dernier, à l’Assemblée générale extraordinaire du Cnrd, n’en a-t-il pas été question ?
Non, en Assemblée générale extraordinaire, nous avons parlé d’autres choses. Enfin, comme je suis arrivé en retard, à moins qu’il l’ait dit avant mon arrivée. C’est après la réunion, qu’il a dit, de côté, que : « moi, je rends ma démission ».

Comment avez-vous réagi immédiatement ?
J’ai pris cela pour de la blague. Et je lui ai dit, bon écoute, je te rappelle le soir ou je passe chez toi pour en parler. J’entendais l’en dissuader.

Et vous l’avez appelé effectivement?
Oui, mais il ne m’a pas pris (il n’a pas décroché le téléphone, ndlr).

Comment expliquez-vous sa démission ?
Mamadou Koulibaly est grand intellectuel qui a sa position, sa lecture de politique et ses opinions à lui. Je pense que c’est assez regrettable. Il avait plusieurs fois lancé, comme ça, qu’il allait créer son parti. Nous avons pris cela pour de la plaisanterie. Et nous avons essayé de le dissuader. Lors de réunions avec des structures du parti, beaucoup de camarades avaient estimé que c’était pour une question de légitimité, on n’avait pas besoin d’aller au congrès. Et en tant que président intérimaire, il pouvait prendre les décisions qu’il voulait.

Quelle suite a-t-il accordée à vos propositions ?
Il n’a rien dit. Et, c’est le résultat qui est là, il me semble.

Alors qui va diriger désormais le parti ?
Le parti repose maintenant sur les épaules du secrétaire général.

Etiez-vous disposé à faire cela avant ou vous comptiez vraiment sur le président par intérim pour continuer à diriger le Fpi ?
Nous n’allons pas laisser tomber le parti. Il est soudé, il a une cohésion générale. C’est lui le seul vice-président qui restait. Il est parti, le secrétariat général va assumer ses responsabilités.

Que ferez-vous alors dans l’immédiat ?
Je vais convoquer mes camarades du secrétariat général et ensemble nous allons discuter pour savoir ce qu’il faut faire.

M. Mamadou Koulibaly vous a-t-il donné les raisons de son départ, de façon officielle, après sa déclaration ?
Non, il ne me l’a pas signifié. Je les ai lus comme tout le monde dans sa déclaration liminaire dont je n’ai pas encore pris connaissance de façon approfondie.

D’autres cadres, amis de M. Mamadou Koulibaly, seraient aussi sur le point de départ…
Ça, je ne saurais le dire.

Pensez-vous que le départ de M. Koulibaly est un coup dur pour un Fpi en mauvaise posture actuellement ; ou était-ce prévisible ?
Voyons, sommes-nous surpris par cela ? Je dirais non, parce que Mamadou Koulibaly a toujours eu des positions vis-à-vis du parti qui ont toujours interpellé l’ensemble des camarades. Donc, chacun s’y attendait plus ou moins.

Entretien réalisé par Bidi Ignace



Quel avenir pour le Fpi ?


Voilà le Front populaire ivoirien (Fpi), de nouveau privé de sa tête. N’en pouvant plus de contenir la fronde des fidèles parmi le fidèles de Laurent Gbagbo, son président intérimaire, Mamadou Koulibaly vient, en effet, de rendre le tablier. Il laisse donc un vide qu’il faut combler. Les autres vice-présidents (potentiels dauphins putatifs) étant en ‘’brousse’’, les premiers rôles devraient sans grande surprise, revenir à Sylvain Miaka Ouréto, secrétaire général du parti. Un jeu de chaises musicales qui ne devrait guère surprendre dans la mesure où à la faveur de la première vacance, certains le voyaient déjà comme le successeur de Pascal Affi N’Guessan, président statutaire du parti. Car, s’il s’est engagé sur la voie du mea-culpa comme le chef du parlement, Miaka Ouréto s’est gardé d’aller aussi loin que Mamadou Koulibaly. Tout en reconnaissant à demi-voix, les nouvelles autorités ivoiriennes, le secrétaire général du Fpi n’a jamais manqué de faire un plaidoyer pour ses anciens camarades. Les juger au plus vite pour libérer ceux qui sont déclarés innocents ; envisager une grâce pour ceux qui sont reconnus coupables, telle était la posture de M. Ouréto.
Outre Miaka Ouréto, Laurent Akoun paraît aussi avoir le profil pour accéder à la présidence du Fpi. Secrétaire général du parti, il compte, en effet, parmi les militants de première heure qui ont lutté dans la clandestinité aux côtés de Laurent Gbagbo.
Mais, à l’évidence, c’est à ce niveau que se situe la vraie inconnue au Fpi. Les deux cadres sus-cités vont-ils rester au Fpi ou vont faire leurs valises pour suivre Mamadou Koulibaly dans sa nouvelle aventure. S’ils partent, la succession deviendrait un vrai casse-tête pour les caciques du clan Gbagbo qui viennent de réussir la prouesse de pousser ‘’Mahadou’’ à la porte. Y a-t-il, parmi eux, l’oiseau rare qui pourrait faire le nouveau printemps du Fpi ? Sans leader charismatique dehors, capable de conduire les troupes, le Fpi et ses militants courent le risque de végéter longtemps. Dans un tel scénario, l’ancien parti au pouvoir pourrait flirter avec sa désagrégation voire sa disparition de la scène politique. Puisque la mue qu’il est appelé à faire pour survivre, sera vouée à l’échec. Le Fpi est vraiment à la croisée des chemins. D’ores et déjà, Miaka Ouréto et Laurent Akoun qui disent prendre acte de la démission de leur président intérimaire, s’engagent à poursuivre l’œuvre de Laurent Gbagbo.
Mais, de source bien introduite au sein du parti ‘’frontiste’’, leur démarche ressemble fort bien à du ‘’blaguer-tuer’’. En réalité, ils partagent l’idée de Mamadou Koulibaly de se démarquer du lourd héritage de l’ancien homme fort d’Abidjan.

Marc Dossa
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