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Le Patriote N° 4302 du 28/3/2014

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Culture Interview / Siaka Ouattara Idrissa (Coordinateur national des Sports -CLAC)
Publié le vendredi 28 mars 2014  |  Le Patriote




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A la faveur des festivités marquant la journée internationale de la Francophonie, nous avons rencontré M. Siaka Ouattara Idrissa, Coordinateur national des Centres de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC). Dans cet entretien, il fait le point de ce programme de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et confirme le redémarrage de ce programme après la crise postélectorale.

Le Patriote : La Côte d’Ivoire, à l’instar des pays francophones, a célébré le 20 mars dernier la journée internationale de la Francophonie. Quel sens donnez-vous à cette célébration ?

Siaka Ouattara Idrissa: La célébration de la journée internationale de la Francophonie rentre dans le cadre de la commémoration de la date anniversaire de la création de cet espace francophone qui a été créé en 1970. Et chaque 20 mars est consacré à la célébration de la Francophonie.

LP : La Côte d’Ivoire a marqué le coup avec une série d’activités…

SOI : Effectivement. Ces activités entrent dans le cadre du repositionnement de la Côte d’Ivoire dans l’espace francophone comme le souhaite le président de la République depuis son accession au pouvoir. Ces activités répondent donc à cette volonté de faire de la Côte d’Ivoire, un pays francophone où il fait bon vivre.

LP : S’agissant de la Francophonie, on parle également des CLAC que l’OIF a institués. En tant que le coordinateur, comment se portent les CLAC en Côte d’Ivoire ?

SOI : Les CLAC se portent très bien. Il faut savoir que les CLAC ont été instaurés en Côte d’Ivoire en 1990 et ils ont fonctionné normalement jusqu’en 2002 date à laquelle ce programme a été interrompu à cause de la crise militaro-politique que nous avons connue.

LP : Pendant la crise, la plupart des CLAC ont été dévastés. Aujourd’hui êtes-vous parvenu à rétablir ces infrastructures ?

SOI : A la faveur du retour de la normalité en Côte d’Ivoire et sur l’initiative du ministre de la Culture et de la Francophonie, la Côte d’Ivoire a fait une demande formelle de la reprise du programme à l’OIF. Ce qui a abouti à la signature d’une convention portant réhabilitation des CLAC de Côte d’Ivoire depuis juillet 2013. Et depuis cette période, nous avons, en tant que coordinateur, repris la réhabilitation du programme en accord avec les mairies qui sont nos partenaires locaux. Je peux affirmer aujourd’hui que le programme CLAC a été entièrement réhabilité en termes d’infrastructures. Tout ce qui existe comme bâtiment a été entièrement rénové.

LP : Qui de l’Etat ou de l’OIF a financé cette réhabilitation ?

SOI : Le programme fonctionne sur un partenariat tripartite. C’est-à-dire qu’il y a trois partenaires autour du programme. Il y a d’abord le ministère de la Culture et de la Francophonie qui est la tutelle du programme. Ensuite, il y a l’OIF qui en est le partenaire financier et enfin les collectivités territoriales que sont les mairies et qui assument la partie infrastructure. Le ministère de la Culture et de la Francophonie met à disposition du programme le coordinateur que je suis, les animateurs des centres et veille au bon fonctionnement du programme en l’intégrant dans le programme culturel du pays. L’OIF donne son assistance technique en matière de transfert de technologie et autres. L’OIF donne également un appui financier en termes d’équipements. Elle intervient dans la formation du coordonnateur et des animateurs. Les mairies ont en charge de fournir le bâtiment qui doit abriter les CLAC. Il faut savoir que les CLAC sont exclusivement en zone rurale. La mairie assure l’entretien du bâtiment, se charge de l’animateur du centre et met en place un conseil de gestion pour suivre la marche normale des CLAC.

LP : En dehors de l’Etat et de l’OIF, y a-t-il d’autres partenaires qui peuvent intervenir dans le programme des CLAC ?

SOI : Dans la perspective de l’extension, il est envisagé que le programme puisse négocier des partenariats. Même si d’autres partenaires travaillent déjà avec l’OIF. Pour l’instant, le partenaire que nous avons est l’OIF. Après 12 ans de non fonctionnement, nous allons dans notre politique d’extension voir comment accrocher d’autres partenaires pour mener à bien le programme.

LP : Quel bilan faites-vous des 12 années pendant lesquelles les CLAC ont fonctionné ?

SOI : Je pense que les objectifs ont été largement atteints. Le réseau CLAC de Côte d’Ivoire était le meilleur de l’espace francophone. De 1990 à 2002, notre réseau était un réseau de référence. La plupart des spécialistes et coordonnateurs des autres pays ont été formés en Côte d’Ivoire. Des études ont montré que les CLAC ont apporté beaucoup d’amélioration tant au plan scolaire que professionnel. Par exemple, les fonctionnaires dans les zones des CLAC avaient plus de réussite aux concours professionnels.

LP : Pourquoi les CLAC sont-ils tous concentrés dans la région nord du pays ?

SOI : Cette question revient de manière récurrente. Il faut se rappeler du contexte dans lequel sont arrivés les CLAC. C’était en 1990 et en ce moment, le taux de scolarisation dans le nord était le plus faible de la Côte d’Ivoire. Objectivement, il y avait une bonne raison de mettre les CLAC dans cette partie du pays pour relever le niveau d’alphabétisation. En plus de cela, c’était une phase expérimentale.

LP : Que doivent faire d’autres localités pour bénéficier aujourd’hui du programme CLAC ?

SOI : Il n’y a pas de conditionnalités particulières. Les CLAC font partie de ce qu’on appelle aujourd’hui la lecture publique. A partir du moment où l’Etat a fait une demande formelle à l’OIF et à partir du moment où il y a une volonté politique manifeste d’accompagner le programme, je pense qu’il n’y a plus d’obstacle majeur pour acquérir un CLAC. C’est vrai qu’il y a des procédures qui relèvent du ministère de la Culture qui, avec l’OIF, fait des études de faisabilité pour identifier les zones où on peut implanter les CLAC. Il faut savoir que l’un des facteurs majeurs est la motivation des autorités locales. Sans oublier le fait que les CLAC fonctionnent en réseau de 10 centres. C’est ce qui fait sa spécificité et qui fait qu’on ne peut pas installer de façon isolée un CLAC.

LP : Y a-t-il une différence fondamentale entre une bibliothèque et un CLAC ?

SOI : Le CLAC est d’abord un centre de lecture, d’information et d’animation culturelle. L’élément fondamental du CLAC, c’est la bibliothèque. Mais autour d’elle, nous créons des événements socioculturels et éducatifs pour rendre ces lieux attractifs. Ce n’est donc pas une bibliothèque classique avec un bibliothécaire qui attend que les gens viennent vers lui. Nous créons des événements pour attirer le public et les intéresser à la lecture.

LP : Aujourd’hui que les CLAC repartent de plus belle, quelles sont les innovations que vous allez leur apporter ?

SOI : Il y a vraiment une innovation de taille. C’est au niveau des équipements. Nous commençons très bientôt avec un fonds documentaire de 3000 livres par CLAC en ce qui concerne la bibliothèque. Pour les centres d’animation, nous envoyons un équipement total avec du matériel de sonorisation de troisième génération, un poste téléviseur, une unité complète de projection de films parce que désormais on fait du cinéma au CLAC.

LP : Quelles sont les perspectives que vous en envisagez ?

SOI : Comme perspectives, la convention signée depuis juillet 2013 prévoit que jusqu’en 2014, l’Etat de Côte d’Ivoire s’engage à mettre en place une structure nationale chargée de la lecture publique. Et cette structure, qui sera un EPN (Etablissements Publics Nationaux), va se charger de l’extension du programme. Aujourd’hui, l’OIF a fait une reforme et elle demande l’implication de plus en plus des Etats car le programme CLAC est devenu un programme de lecture publique.

LP : Quel appel lancez-vous aux autorités locales et aux jeunes qui bénéficient de ce programme ?

SOI : Avant tout, je tiens à remercier le ministre de la Culture et de la Francophonie (ndlr, Maurice Kouakou Bandaman) qui a compris la nécessité de soutenir franchement ce programme. Je remercie également les autorités locales qui bénéficient du programme CLAC. Ces élus ont abattu un travail extraordinaire reconnu en décembre dernier par l’expert, M. Eric Weber, responsable du programme CLAC à l’OIF, qui a affirmé que depuis 20 ans c’est la première fois qu’il a vu une telle célérité dans l’avancement des travaux en seulement une année. Je voudrais dire aux jeunes que ce programme CLAC est venu pour eux et il tourne autour du développement de l’homme. Quand on lit, on se développe soi-même. Dans nos bibliothèques, on y trouve tout ce qui concerne la vie.
KL

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