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Immobilier : entre boom et inquiétude !
Publié le vendredi 24 novembre 2017  |  Cote d’Ivoire Economie
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© Autre presse par DR
Le secteur de la construction immobilière
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Le secteur de la construction immobilière poursuit son embellie. Mais ce développement s'accompagne aussi de multiples faiblesses…

Il représentait 13% des 12.166 entreprises créées en Côte d’Ivoire en 2016. Il est le troisième secteur pourvoyeur d’emplois – environ 11.000 par an, soit 12% de la création d’emplois entre 2015 et 2016, après le commerce (31%) et l’industrie manufacturière (15%). Sa part dans le produit intérieur brut (PIB) est estimée à 6%. Ces chiffres attestent de la bonne santé du secteur du bâtiment et de la construction en Côte d’Ivoire, et d'aucuns parleront d’un réel boom de l’immobilier. À Abidjan, Bingerville, Songon, Bassam et autres, on observe de grands travaux et l'édification de logements de standing, économiques ou sociaux. À propos de ces logements économiques et sociaux, le gouvernement compte en livrer 4.000 fin 2017. Il y a également la poursuite et l’achèvement de 340 logements à la cité Azito par la Société ivoirienne et de construction immobilière (Sicogi).

Entrée de grands groupes de construction
L’État annonce l’arrivée prochaine de grands groupes de construction pour la réalisation de programmes immobiliers d’envergure et la redynamisation des instruments financiers dédiés à l’habitat. Il s’agit de répondre aux besoins croissants des populations. Les études révèlent en effet que le déficit cumulé en termes de logements en Côte d’Ivoire est de plus de 400.000, avec un accroissement de 10% chaque année et une demande potentielle de 40.000 logements par an sur l’ensemble du territoire national. Un des signes de l’embellie du secteur est incontestablement la pénurie de ciment, régulièrement constatée sur le marché. Le gouvernement ivoirien a dû en importer 150.000 tonnes courant 2017 afin de satisfaire le besoin national, mais aussi limiter les tensions sur le prix du sac de ciment qui était passé de 5.000 à 6.500 FCFA à l’achat. Et ce n'est pas la première fois que la Côte d'Ivoire a recours à l'extérieur. Déjà, en mai 2015, le pays avait annoncé une importation de 300.000 tonnes de ciment. L’État avait même fait cas de plusieurs projets de construction de cimenteries pour accroître la production nationale, même si, au constat, cela est resté au stade de l’annonce.

Des mesures pour assainir le secteur
Ce dynamisme n'en cache pas moins des faiblesses. Le ministre de la Construction, du Logement, de l’Assainissement et de l’Urbanisme, Claude Isaac Dé, a fait le même constat et entend assainir ce secteur. C’est un truisme de dire qu’un véritable problème de financement se pose, mais l’anarchie qui y règne n’est pas moins préoccupante. En octobre 2017, face à la presse, ce membre du gouvernement Gon Coulibaly a dénoncé ce désordre et a réaffirmé la détermination du gouvernement à y mettre fin : «L’indiscipline et la violation de la loi et des règlements ne peuvent prospérer. Je veux mettre fin aux lotissements anarchiques qui sont sources de conflits fonciers. Nous devons faire respecter les règles élémentaires en matière de construction… Nous allons démolir les bâtiments qui ne répondent pas aux normes de construction…», a-t-il martelé. Le ministre a aussi menacé de retirer leurs agréments aux promoteurs immobiliers défaillants. Les difficultés du secteur sont aussi corrélées aux problèmes fonciers et d’urbanisme. Ici, le ministre déplore l’état et le vieillissement des registres qui ont engendré des retards dans le traitement des dossiers, entre autres. Il note que 90% des dossiers en traitement et en souffrance n’étaient pas dans le système de suivi informatique. C’est ainsi qu’il a procédé au lancement du processus de dématérialisation des registres domaniaux et guides villageois dès le mois de janvier 2017. Les travaux sont achevés pour Abidjan depuis avril 2017. Toute chose qui a permis la reprise de la signature des arrêtés de concession définitive (ACD) avec, à ce jour, 150 à 200 dossiers signés en moyenne par jour, soutient le ministre.

De la responsabilité des agents et des populations

Concernant le cadre, le constat reste aussi amer. Le ministre dit avoir identifié le développement rapide et non maîtrisé de la ville, le mauvais usage des réseaux et ouvrages de drainages, l’occupation anarchique des emprises des réseaux et ouvrages d’assainissement et de drainage, l’occupation des zones inondables par les populations, etc. Un autre problème auquel le gouvernement entend s’attaquer. Un vrai changement de mentalité s'impose au niveau des populations. «Dites aux Ivoiriens que les canalisations ne sont pas des poubelles», a lancé M. Isaac Dé. Il a également tenu à rappeler ses collaborateurs véreux à l’ordre : «Rien ne sera plus comme avant. Les Ivoiriens ne doivent plus avoir peur de venir faire leurs papiers au ministère, quel que soit leur niveau social. Je ne ferai aucun cadeau à mes collaborateurs qui s'adonneront à de mauvaises pratiques», a menacé le ministre. Il a informé qu’un numéro vert (22-50-78-68) est disponible pour toutes les préoccupations liées à l’ACD, le foncier, le logement, la construction et l’assainissement. Puis d’inviter les Ivoiriens à s’abstenir d’acheter des terrains issus des lotissements anarchiques et éviter ainsi de se faire arnaquer, comme cela est monnaie courante, fâcheusement, dans le secteur de l’immobilier en Côte d’Ivoire.

Moayé Didine
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