Le procès du directeur de publication de l’hebdomadaire “Le Repère” et de l’auteur d’un article portant offense au Chef de l’état s’est tenu hier.
Nanankoua Gnamantêh dit S. Epicure, 62 ans, enseignant à la retraite, et Eddy Péhé, directeur de publication de l’hebdomadaire Le Repère, du groupe de presse Le Nouveau Réveil, poursuivis des faits d’offense au Chef de l’Etat, ont comparu hier devant le tribunal des flagrants délits d’Abidjan. Prenant ses réquisitions au terme de plusieurs heures de débats, le parquet, représenté par les substituts Diakité Mamadou, Oulaï Fernand et Mme Abanet Blanche a requis la peine de 24 mois d’emprisonnement ferme et 500.000 F d’amende contre le sexagénaire, en détention préventive depuis le 19 mars. Le ministère public pour qui la culpabilité des mis en cause ne fait l’ombre d’aucun doute, a aussi requis contre le prévenu Eddy Péhé, le payement à l’Etat de Côte d’Ivoire, d’une amende de 10 millions de francs, assorti d’une suspension pour huit éditions du journal incriminé. Le parquet a, en outre, exigé que la décision à intervenir puisse être publiée au frais de l’hebdomadaire Le Repère, dans le quotidien progouvernemental Fraternité Matin. Faute de quoi, le prévenu sera condamné au payement d’une amende de cinq millions de francs. C’est sur la base d’un article signé de S. Epicure et intitulé « Ali Baba et les 40 voleurs », publié par le journal Le Repère, dans sa parution du 6 mars dernier, que les poursuites judiciaires ont été engagées par le procureur de la République contre l’auteur de l’article et le DP dudit journal. Selon le ministère public, qui s’est autosaisi, les écrits de S. Epicure, qui n’est autre que Nanankoua Gnamantêh, comportent des commentaires et autres affirmations constitutifs du délit d’offense au Président de la République, SEM. Laurent Gbagbo. Et pour soutenir cette accusation, les représentants du ministère public, en interrogatoire des prévenus, ont décortiqué à l’audience l’article, ligne par ligne pour ne pas dire mot par mot. Ce qui a donné lieu à de véritables échauffourées entre, d’un côté, les prévenus soutenus par un collectif d’avocats, conduits par l’ancien bâtonnier Adjé Luc, et de l’autre, les représentants du parquet. Pour le ministère public, des phrases telles que : «En réalité, le «V» de la victoire que faisaient M. Gbagbo et ses camarades de la ré(b)fondation (et les Ivoiriens l’apprennent à leurs dépens, n’était que le «V» du vol, de la victoire des voleurs, le «V» de la volonté, (après avoir tout pillé)… «Selon donc M. Gbagbo (l’homme qui a crié : Houphouët voleur), la notion de vol et d’enrichissement rapide se résume dans cette formule: «Chacun mange à son tour. C’est notre tour», donc fichez-moi la paix et laissez-nous voler en paix. Message reçu 5/5 par les ré(b)fondateurs disséminés par le grand chef dans toutes les régies financières.» Pour les substituts du procureur de la République, ces propos et bien d’autres relevés dans le texte sont suffisamment injurieux pour le Chef de l’Etat. Ce que ne reconnaît pas les deux prévenus qui font savoir que l’article est écrit et publié pour encourager le Chef de l’Etat dans sa volonté de moralisation de la vie publique. Les avocats de la défense, ont démontré la bonne foi de leurs clients. Ils ont insisté sur les dispositions de la loi sur la presse qui interdit pour les délits de presse, la privation de la liberté. Le tribunal, présidé par Mme Koné Aïssata, a décidé de rendre son délibéré le 31 mars prochain. Notons que le président de la jeunesse du Pdci, Koffi Konan Bertin, et le secrétaire général adjoint de l’Udpci, Blé Guirao, ont été vidés de la salle sur réquisition du parquet, estimant que ces derniers troublaient le procès par des interpellations intempestives.
Landry Kohon
Nanankoua Gnamantêh dit S. Epicure, 62 ans, enseignant à la retraite, et Eddy Péhé, directeur de publication de l’hebdomadaire Le Repère, du groupe de presse Le Nouveau Réveil, poursuivis des faits d’offense au Chef de l’Etat, ont comparu hier devant le tribunal des flagrants délits d’Abidjan. Prenant ses réquisitions au terme de plusieurs heures de débats, le parquet, représenté par les substituts Diakité Mamadou, Oulaï Fernand et Mme Abanet Blanche a requis la peine de 24 mois d’emprisonnement ferme et 500.000 F d’amende contre le sexagénaire, en détention préventive depuis le 19 mars. Le ministère public pour qui la culpabilité des mis en cause ne fait l’ombre d’aucun doute, a aussi requis contre le prévenu Eddy Péhé, le payement à l’Etat de Côte d’Ivoire, d’une amende de 10 millions de francs, assorti d’une suspension pour huit éditions du journal incriminé. Le parquet a, en outre, exigé que la décision à intervenir puisse être publiée au frais de l’hebdomadaire Le Repère, dans le quotidien progouvernemental Fraternité Matin. Faute de quoi, le prévenu sera condamné au payement d’une amende de cinq millions de francs. C’est sur la base d’un article signé de S. Epicure et intitulé « Ali Baba et les 40 voleurs », publié par le journal Le Repère, dans sa parution du 6 mars dernier, que les poursuites judiciaires ont été engagées par le procureur de la République contre l’auteur de l’article et le DP dudit journal. Selon le ministère public, qui s’est autosaisi, les écrits de S. Epicure, qui n’est autre que Nanankoua Gnamantêh, comportent des commentaires et autres affirmations constitutifs du délit d’offense au Président de la République, SEM. Laurent Gbagbo. Et pour soutenir cette accusation, les représentants du ministère public, en interrogatoire des prévenus, ont décortiqué à l’audience l’article, ligne par ligne pour ne pas dire mot par mot. Ce qui a donné lieu à de véritables échauffourées entre, d’un côté, les prévenus soutenus par un collectif d’avocats, conduits par l’ancien bâtonnier Adjé Luc, et de l’autre, les représentants du parquet. Pour le ministère public, des phrases telles que : «En réalité, le «V» de la victoire que faisaient M. Gbagbo et ses camarades de la ré(b)fondation (et les Ivoiriens l’apprennent à leurs dépens, n’était que le «V» du vol, de la victoire des voleurs, le «V» de la volonté, (après avoir tout pillé)… «Selon donc M. Gbagbo (l’homme qui a crié : Houphouët voleur), la notion de vol et d’enrichissement rapide se résume dans cette formule: «Chacun mange à son tour. C’est notre tour», donc fichez-moi la paix et laissez-nous voler en paix. Message reçu 5/5 par les ré(b)fondateurs disséminés par le grand chef dans toutes les régies financières.» Pour les substituts du procureur de la République, ces propos et bien d’autres relevés dans le texte sont suffisamment injurieux pour le Chef de l’Etat. Ce que ne reconnaît pas les deux prévenus qui font savoir que l’article est écrit et publié pour encourager le Chef de l’Etat dans sa volonté de moralisation de la vie publique. Les avocats de la défense, ont démontré la bonne foi de leurs clients. Ils ont insisté sur les dispositions de la loi sur la presse qui interdit pour les délits de presse, la privation de la liberté. Le tribunal, présidé par Mme Koné Aïssata, a décidé de rendre son délibéré le 31 mars prochain. Notons que le président de la jeunesse du Pdci, Koffi Konan Bertin, et le secrétaire général adjoint de l’Udpci, Blé Guirao, ont été vidés de la salle sur réquisition du parquet, estimant que ces derniers troublaient le procès par des interpellations intempestives.
Landry Kohon