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International Publié le mardi 17 novembre 2009 |

Journée mondiale de l`enfance: Le rêve d`une fillette dans un camp de réfugiés au Liban (REPORTAGE)

BEYROUTH - Chaque après-midi, Sahar Karmo, une fillette de douze ans, se rend au centre pour la jeunesse dans le camp de réfugiés palestiniens Shatila, à Beyrouth, pour y suivre des cours offerts gratis.

Karmo, qui aspire à devenir une enseignante, compte beaucoup sur ce centre, qui est une institution de formation, et pas une école officielle, pour voir réaliser son idéal.

Karmo fait partie des dix "Enfants vedettes de promesse du monde", choisis en fonction de leur bravoure, de leur conscience environnementale et de leur aspiration à l'éducation.

La sélection s'inscrit dans le cadre d'une campagne planétaire lancée par l'agence de presse Xinhua et le Fonds des Nations unies pour l'Enfance (Unicef) pour marquer le 20e anniversaire de l'adoption de la Convention internationale des droits de l'enfant, le 20 novembre 1989.

La lecture au centre reste le moment qui plaît le plus à Karmo. Après les cours, elle s'abandonne dans les cartoons et les contes de fées à la bibiolothèque, et ce jusqu'à 16H30, heure où elle doit rentrer à la maison pour préparer le dîner.

Dans la plupart des contes, les enfants mènent une vie heureuse, vivant dans une villa de luxe et voyageant partout en voiture ou avion. Cependant, cette aventure fabuleuse est très éloignée de notre Cendrillon, au point qu'elle n'ose même pas en rêver.

Née dans le camp de réfugiés, Karmo habite dans une pièce de 20 m2 avec ses parents, de même que ses trois soeurs cadettes. Elle n'est jamais sortie de Beyrouth.

Karmo avait étudié dans une école privée en dehors du camp. Mais cela n'a pas duré longtemps lorsque les soeurs de Karmo ont atteint l'âge de scolarisation.

La famille, dont les revenus mensuels ne dépassaient pas 1.000 dollars, ne pouvaient plus s'acquitter des frais de scolarité annuels s'élevant à près de 500 dollars pour chaque enfant. Etant l'aînée des enfants, Karmo a dû rester à la maison pour faire du ménage.

Fille d'une mère palestinienne et d'un père libanais, Karmo ne pouvait accéder aux écoles gratuites gérées par l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), ni aux écoles publiques libanaises, aux frais de l'Etat, car son père est dépourvu de carte d'identité.

Elle souhaite devenir une enseignante dans l'avenir pour apprendre surtout aux enfants pauvres. En fait c'est ce qu'elle pratique dans le centre, où elle aide souvent les enfants juniors à étudier.

S'adonnant désormais au ménage quotidien, elle voit s'amenuiser peu à peu son rêve.

"Maintenant que je ne peux plus aller à l'école, je ne pourrais plus devenir une enseignante quand je serai grande. Je ne sais pas quoi faire dans l'avenir", a déclaré Karmo, qui cherchait à cacher une grande cicatrice sur le dos de sa main droite, laissée par la cuisine.

Elle a sollicité à maintes reprises un retour à l'école, en vain.

"Nous avons demandé aux autorités des cartes d'identité, mais personne ne nous a donné des réponses. Qui s'occupe de nous? ", s'est insurgée la mère de Karmo.

"J'envie les enfants qui peuvent voyager pour voir des choses différentes. Mais je n'ai pas de carte d'identité, je ne peux donc avoir un passeport, sans parler de faire un voyage", a révélé Karmo.

Deux tiers des enfants réfugiés palestiniens au Liban ne peuvent être diplômés des établissements secondaires en raison de la qualité médiocre de l'éducation et du manque de soutiens financiers, a déploré le directeur du centre Abu Mujahad, ajoutant que seulement 3% des élèves réfugiés sont intégrés dans l'université.

Un bon nombre d'enfants sont exploités dès le plus bas âge, certains deviennent des enfants travailleurs, et quand ils grandissent, ils ont du mal à trouver un emploi, a renchéri M. Mujahad.

Dans le bureau de M. Mujahad, s'entassent des documents et livres qu'il a recueillis lors des précédents séminaires et ateliers consacrés à l'amélioration des conditions de vie et d'éducation des enfants réfugiés.

Malgré toutes ces initiatives et engagements, la situation réelle n'a guère changé, a-t-il martelé.

"Les droits de enfants réfugiés ne résident pas dans les conversations ni dans les livres, mais plutôt dans les faits", a souligné M. Mujahad.

"Une cour de récréation ou un discours sur les droits de l'enfant, lequel sera préféré des enfants, à votre avis?", a-t-il interrogé.

Par REN Ke

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