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Société Publié le lundi 22 février 2010 | Nord-Sud

Célébration du Maoulid : La crise menace la fête au village

Dans la nuit du jeudi 25 vendredi au 26 février, les musulmans vont célébrer le 1440ème anniversaire de la naissance de Muhammad, le prophète de l'islam. Comme chaque année, de nombreux fidèles veulent mettre cette occasion à profit pour aller communier avec les leurs au village. Mais, beaucoup sont freinés par la tension politique que connaît le pays.

Le vendredi prochain correspond au 12 rabioul awwal (3ème mois du calendrier musulman), jour anniversaire de la naissance du prophète de l'islam. Un événement célébré avec faste par les musulmans d'aujourd'hui, à l'image de leurs coreligionnaires des siècles précédents. « C'est l'occasion pour nous de manifester notre amour pour le prophète Mouahammad, que la paix de Dieu soit sur lui, et de dire merci à Allah qui nous a fait la grâce de nous l'envoyer », justifie le cheick Sanogo Salahoudine, khalife général de la Tidjaniya. Cette commémoration, appelé Maoulid en langue arabe, a dépassé, ces dernières années, le seul cadre religieux pour s'intégrer à la culture des musulmans. Des dizaines de convois sont organisées en direction de localités du nord comme Odienné, Samatiguila, Kong, Dabakala, Touba, Borotou, Dabakala. Certes, des prêches et des prières ont lieu sur place autour de la vie du prophète de l'islam, mais ces milliers de voyageurs se déplacent principalement pour des retrouvailles, des réunions de famille ou de village, pour ceux qui vont dans des villages. C'est l'occasion de discuter des problèmes de familles et des questions de développement de la localité. Maoulid 2010 ne fait pas exception. Selon Diaby Vadjiguiba, qui habite non loin de la gare routière d'Abobo, quatre cars ont quitté ce quartier samedi pour Odienné. Trois autres ont démarré hier dont un à destination de Korhogo. Certains fêtards sont partis en début de semaine dernière. Toutefois, avec l'actualité sociopolitique mouvementée, plusieurs candidats au voyage restent prudents. Le spectre de la peur régnant, ils hésitent et préfèrent attendre les jours à venir avant de se décider. Mamadou Sanogo est natif de Yakassé-Feyassé, un village agni du département d'Abengourou.
Depuis un an, ses amis de l'Association des anciens de ladite localité et lui ont décidé de rentrer dans la mouvance du Maoulid au village. Ils ont donc invité le cheick Salahoudine pour instruire et prier pour la population sur place.

Des voyageurs hésitent

La première expérience ayant été un succès, ils décident d'institutionnaliser l'initiative. Cette année, leur convoi devrait quitter Abidjan mercredi. « Mais, avec la situation du pays, nous hésitons. Nous avons décidé d'attendre jusqu'à mercredi matin. Si rien (de grave) ne se passe, alors, nous irons au village », confie-t-il. Pour ne pas prendre de risque, ils ont demandé aux femmes de l'association de ne pas faire de provisions avant le jour du départ. Même inquiétude chez monsieur Bamba, fondateur d'une école primaire à Marcory : « Nous sommes en tout 34 personnes. Tout le monde est prêt pour le départ. Cependant, j'avoue que j'ai quelques appréhensions à cause de la situation du pays ». En sa qualité de chef du convoi, M. Bamba dit préférer prier intérieurement pour que les choses ne s'enveniment pas. « Si mes compagnons de voyage se rendent compte de mes inquiétudes, ils pourraient être gagnés par le découragement », justifie-t-il. Yacouba Sylla, lui, a joué la carte de la prudence maximum. Il a annulé son voyage. A l'en croire, il a pris cette décision suite aux troubles qui se sont déroulés à Gagnoa. « Pour aller au village, explique-t-il, nous passons par Gagnoa. Il y avait déjà beaucoup de tracasseries par le passé. Je crains qu'il y ait un regain après les évènements de vendredi ». Il est clair que tout comme lui, nombreux sont les fidèles qui ajourneront leur voyage par mesure de prudence. Pensant certainement, comme Sanogo, qu' « on peut célébrer Maoulid partout ».

Bamba K. Inza (stagiaire)
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