x Télécharger l'application mobile Abidjan.net Abidjan.net partout avec vous
Télécharger l'application
INSTALLER
PUBLICITÉ

Politique Publié le jeudi 3 juin 2010 | Le Mandat

Palabres Abidjan-Paris : Ce que Gbagbo fait perdre à la Côte d’Ivoire

© Le Mandat Par DR
Coopération : 25è Sommet France-Afrique à Nice, France
Nicolas Sarkozy à la tribune, lors de l`ouverture du sommet, à Nice, le 31 mai 2010
Le 21ème sommet France-Afrique a pris fin lundi dernier sans l’ombre de Gbagbo. Le tenant du pouvoir d’Abidjan a boudé la rencontre parce qu’il aurait des brouilles avec Paris. ‘’…Il n’y a pas de raison que j’aille en France tant qu’on n’a pas discuté du différend qui continue d’opposer l’Etat français et l’Etat ivoirien ». A lâché Gbagbo récemment, dans une interview. De quel différend parle l’exécutif ivoirien ? A la vérité, la Côte d’Ivoire n’a pas de problème avec la France. Du temps d’Houphouët à Guéi, en passant par Bédié les relations franco-ivoiriennes n’ont jamais souffert d’un quelconque malaise. C’est donc Laurent Gbagbo qui a un contentieux avec l’actuel locataire de l’Elysée. Mais de l’avis de plusieurs observateurs, le pouvoir ivoirien risque gros par ce bras de fer que son chef engage avec la puissance colonisatrice. L’absence de Gbagbo au sommet de Nice n’est ni profitable à la Côte d’Ivoire, encore moins au patron du palais présidentiel lui-même. Le pays qui négocie bon an, mal an, les moyens pour sortir de la crise, est ainsi en mauvaise posture par cet entêtement de son dirigeant à jouer les braves face à la communauté internationale. Couper les ponts avec Paris peut faire de Gbagbo un héros aux yeux de ses partisans. Mais cela pourrait faire perdre d’énorme avantages à la Côte d’Ivoire, vu la place prépondérante qu’elle tient en Afrique subsaharienne.


Les pertes au plan politique

Sans faire l’étalage des bénéfices que le pays a tirés de sa bonne relation avec les puissances mondiales, il faut reconnaître que la politique de la chaise vide affichée par Gbagbo au sommet France-Afrique aura été un grand gâchis. Outre les grands sujets de développement débattus à cette rencontre de Nice, la question de l’élection de représentants africains au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies a été mise sur la table. La France décide de se faire l’avocat du continent africain pour que certains de ses pays soient admis à figurer dans le cercle très restreint des membres permanents du Conseil de sécurité. Et comme, il fallait s’y attendre, en l’absence de la Côte d’Ivoire, des pays tels que le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Egypte se sont déjà positionnés. On ne dirige pas un pays avec de petites rancunes personnelles. Nos dirigeants doivent le savoir. Il peut y avoir des dissensions entre les chefs de l’Etat, mais cela ne doit pas déteindre sur les relations entre les pays. La France, on ne le dira jamais assez, a apporté son appui à la Côte d’Ivoire sur le plan politique. A titre d’exemple nous évoquerons la médiation de la France dans la crise militaro-politique qui secoue le pays. Pourtant, malgré le fait que les ressortissants français résidant en Côte d’Ivoire aient été la cible des jeunes ‘’patriotes’’ de Gbagbo Laurent, les efforts de l’Elysée se poursuivent pour la sortie de crise.


Au niveau économique

Il n’y a rien à redire, même si les socialistes ivoiriens feignent de ne pas reconnaître les efforts de la France dans ce domaine. La Côte d’Ivoire lutte pour être admise au rang des pays pauvres très endettés (PPTE). Et là, c’est Paris qui soutien le dossier ivoirien. La Côte d’Ivoire bénéfice d’un fort soutient de la France dans les instances financières internes. Suite à l’accord de restructuration de la dette signée par la Côte d’Ivoire avec le Club de Paris le 15 mai 2009, la France a signé un accord de restructuration bilatérale avec notre pays, le 9 décembre 2009. Cet accord se traduit par une annulation de dette de 455 millions de dollars et un rééchelonnement de 697 millions de dollars. Cet exemple en lui seul démontre à quel point l’Elysée ne veut pas le mal à la Côte d’Ivoire, contrairement à ce qu’on veut faire croire. Mais avec le ton que Gbagbo durcit avec l’hexagone, la France pourrait réviser sa position dans les différents domaines de coopération si on n’y prend garde. Toutes choses qui risquent d’annihiler tous les efforts du ministre Charles Diby. Gbagbo n’était pas à Nice, le Sommet Franco-Afrique, s’est tenu. Mais les retombées pourraient-elles profiter aussi à la Côte d’Ivoire ? C’est la question que les ivoiriens se posent.

Jérôme N’Dri
PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Politique

Toutes les vidéos Politique à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ