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Politique Publié le lundi 12 juillet 2010 | Le Patriote

Tagro, Sokouri Bohui, Blé Goudé… : Comment leur incompétence a piègé Gbagbo

© Le Patriote Par DR
Sortie de crise: le président Laurent Gbagbo promet pour bientôt "la fin du film western"
Photo d`archives. Laurent Gbagbo
Plus les jours passent, plus Gbagbo affiche clairement sa volonté de ne point aller aux élections. Sa philosophie, il l’a dévoilée, le 27 décembre 2009 dans les colonnes de l’Hebdomadaire panafricain ‘’Jeune Afrique’’. «Je n’irai pas aux élections comme un mouton à l’abattoir», avait-il averti. En réalité, Gbagbo n’a pas tort. Il sait que l’organisation de l’élection présidentielle est synonyme de la perte de son pouvoir. Comme la cigale, qui dans ‘’les Fables de la Fontaine’’, chantait au moment des travaux pendant que la fourmi travaillait, le FPI parcourait tous les villages, hameaux, villes et quartiers pour dire à ses militants de ne pas se faire enrôler, parce que les élections n’auraient jamais lieu en Côte d’Ivoire. Résultat, la quasi-totalité des sympathisants, militants et même responsables du FPI ont croisé les bras. C’est ainsi qu’ils ont été très nombreux à ne pas se rendre dans es centres à l’occasion des audiences foraines sous Banny. On se rappelle bien cette mise en garde d’un certain Affi N’Guessan, président du FPI, qui avait donné ordre à ses partisans de s’opposer par tous les moyens à ces audiences foraines. Dans un autre registre, c’est Désiré Tagro et Sokoury Bohui qui, dans les villages de leurs régions, ont fait savoir à leurs parents de ne point se faire enrôler. Puis, s’étant aperçu de la gravité de leur erreur, ils ont voulu se rattraper. En se rendant dans les villages pour lancer ‘’l’opération inondation’’ afin de colmater les brèches. Des responsables locaux du parti au pouvoir ont demandé aux parents et militants de leur remettre leurs extraits d’acte de naissance ou jugements supplétifs, pour les aider à se faire enrôler. Une fois en possession du précieux document, beaucoup d’entre eux ne sont plus revenus, laissant par la même occasion leurs propres militants supposés sans papiers. ‘’L’opération Inondation’’ qui devrait permettre de faire enrôler des centaines ou milliers de militants s’est avéré en fin de compte, n’être qu’une ‘’opération sécheresse’’. A la vérité, les collaborateurs de Laurent Gbagbo, en qui il avait investi tout son capital de confiance quant à leur capacité à maîtriser les rouages du processus électoral - il attendait en fait d’eux qu’ils usent de la « technologie électorale », chère à Fologo – se sont avérés une bande d’incompétents, voire de paresseux. Ils ont plus ouvert grandement les yeux pour les espèces sonnantes que leur chef mettait à leur disposition que pour l’efficacité des misions à eux dévolues.

Et depuis lors, la Refondation et ses mouvements satellites n’ont que leurs yeux pour pleurer. Il n’y a pas longtemps, au moment où le débat sur le nombre d’enrôlés faisait rage, un certain Blé Goudé Charles a retrouvé ses vieux réflexes de fraudeur et de tricheur. Il a déclaré à qui voulait bien l’entendre qu’il a fait enrôler au bas mot 4 millions de militants du FPI. Et que partant de ce fait, son candidat devrait dormir tranquille, parce qu’il va remporter les élections haut les mains. Bien plus tard, le grand maître Gbagbo apprendra ou se rendra compte qu’il a été tout simplement roulé dans la farine par ses propres collaborateurs.

Selon d’ailleurs certaines indiscrétions, lorsqu’il s’est rendu compte de la supercherie de ces derniers, qui en réalité n’ont rien fait sur le terrain, il s’est attrapé la tête et s’est écrié : «Sokouri m’a tué !». Il venait de se rendre compte que les Sokouri Bohui, Bohoun Bouabré, Blé Goudé, Désiré Tagro et consorts ne lui avaient jusque-là vendu que des illusions. C’est donc pour se ressaisir que le ‘’Monsieur Election’’ du FPI, Sokouri Bohui, s’égosille chaque vendredi dans les colonnes du porte-voix de la Refondation. L’ancien gérant de la Refondation veut se faire voir et se faire entendre. Il espère pour ainsi dire, rattraper le temps perdu. Ce qu’il n’a pas pu faire depuis le lancement des audiences foraines le 14 juillet 2006, sous le Premier ministre Charles Konan Banny, Sokouri Bohui espère le faire sous Soro Guillaume, à quelques mois seulement de la fin du processus électoral. C’est peut-être cela aussi, l’une des facettes de la refondation. Pourquoi pas.

Yves-M. ABIET
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