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Société Publié le lundi 18 juillet 2011 | Nord-Sud

Religion / A quelques jours du Ramadan : L’angoisse des amants

La période de pénitence et d’abstinence des musulmans arrive à grands pas. Et depuis, c’est la panique chez les couples non-officiels. Faut-il continuer de dormir sous le même toit ? Doit-on manger les repas de son amante ?... Des religieux se prononcent.

Le jeûne musulman débute probablement le 1er août. En cette période, le fidèle musulman doit redoubler d’effort dans le respect des précepts de sa religion. « C’est également la période de toutes les bénédictions chez les couples de musulmans. L’épouse a plus de mérites car elle se lève en pleine nuit pour préparer le Sahour (repas avant l’aube). C’est comme si elle achetait le paradis », dixit imam Magassouba Cheick Oumar de la mosquée du « Black-Market » à Adjamé. Les compagnons qui ne sont pas mariés devant Dieu sont invités à le faire avant le mois de jeûne ou à se séparer. Et c’est à ce niveau que le bât blesse. C’est que se disant sincères dans leur idylle, des partenaires hésitent à se séparer quand ils ne sont pas prêts pour le mariage.

Les maîtresses, les plus inquiètes !

Le jeune Diakité Moustapha, conducteur de mini-car à Yopougon-Niangon Sud, se retrouve dans ce dilemme. Doit-il se priver des repas succulents de sa dulcinée Fatim K. à la rupture du jeûne ? Comment s’en sortir seul pour ce jeune homme qui n’a pas encore satisfait au rite du cola, signe des fiançailles ? Et pourtant, depuis huit mois, il vit en harmonie avec l’élue de son cœur sans ce souci. L’imminence de la période du jeûne tourmente farouchement notre conducteur. «  C’est difficile parce que je n’ai pas assez d’économies pour accélérer les festivités du mariage. Fatim veut un mariage grandiose. C’est dur », lâche-t-il, visiblement désolé. Des guides religieux confirment ces angoisses récurrentes à l’approche du carême.

De nombreux fidèles arpentent les domiciles d’imams pour signifier leurs craintes. Les imams que nous avons interrogés, soutiennent qu’en général, les inquiétudes résident dans le fait que plusieurs couples de fidèles ne sont pas mariés, alors que le mois de carême est sacré.

C’est même l’un des piliers de l’islam ! Les femmes constituent le plus gros pourcentage des musulmans embarrassés, précisent ces hommes de Dieu. Selon eux, les femmes les plus inquiètes sont les maîtresses. La religion musulmane autorise jusqu’à quatre épouses. Il arrive que l’amant ait déjà une, deux ou trois épouses officielles selon les lois d’Allah. En dehors de celles-ci, il se peut que des époux insatiables fassent des yeux doux à une autre femme. Et c’est celle-là qui est éliminée. Puisque la religion la contraint à se ranger, de même que son amant. L’idée de la séparation devient alors douloureuse. Telle est la situation actuelle d’une jeune et belle demoiselle à Abobo-Plaque 1 que nous nommons Awa pour préserver son intimité. Bien que n’étant pas encore mariée à Fofana B., Awa est reconnue de tous comme son amante favorite depuis six mois. Après des heures de durs labeurs dans son garage d’Angré, Fofana a l’habitude de déstresser chez Awa, avant de rejoindre le domicile conjugal, situé dans le même quartier. Ajoutons que deux épouses officielles l’attendent déjà à la maison. Avec le ramadan qui approche, il faut être propre dans l’esprit et dans le corps. Du coup, Awa sera certainement rangée aux oubliettes puisque le mariage tarde à se concrétiser.

La réponse des imams…

Elle ferait actuellement grise mine à son chéri. L’histoire alimente même les ragots à Plaque 1. Il revient aussi que des couples non-mariés de musulmans, hésitent à se bourrer des mets de leur amante pendant le jeûne. L’imam Magassouba Cheick Oumar répond à ces inquiétudes sans sourciller. Il soutient que, si la nourriture a été acquise de façon licite, c’est-à-dire que, si l’argent que la fille utilise pour les achats a été honnêtement acquis, et que la nourriture ne contient ni alcool, ni porc, il n’y a pas de souci à se faire. Le prétendant peut en manger. Toutefois, l’homme de Dieu n’encourage pas que le couple perdure dans l’illégalité. «  Les relations sexuelles sans être marié sont formellement interdites par l’islam.

Vivre sous le même toit alors qu’on n’est pas marié n’est pas faisable. Même si le couple a franchi l’étape des fiançailles, la fille ne doit pas vivre chez son amant. Au cas où les deux tourtereaux l’ignoraient, ils doivent se séparer dès qu’ils ont l’information. Mais il ne s’agit pas de se séparer pendant le ramadan et se remettre après sans célébrer le mariage », avertit l’imam du « Black-Market ». Pour plusieurs hommes de Dieu, il ne devrait pas y avoir d’inquiétudes, puisque le mariage musulman en lui-même n’excède pas les dix minutes. Il suffit de réunir le témoin de la femme à marier, l’un de ses parents paternels, le témoin de l’époux et la dot. Les imams pensent que des fidèles gèlent les mariages à cause du coût des festivités. Car, beaucoup préfèrent des mariages grandioses. Il faut donc assumer les conséquences du retard des alliances religieuses avant, pendant et après le carême.

Nesmon De Laure

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