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Politique Publié le vendredi 26 août 2011 | L’intelligent d’Abidjan

Justice ivoirienne / Récriminations des pro-Gbagbo, Pourquoi rien n’a encore changé sous Ouattara

Depuis la chute du président Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011, ses partisans ne cessent de parler d’une justice des vainqueurs contre les vaincus. Comment était hier cette justice sous le régime des refondateurs ? Leurs plaintes sont-elles justifiées ? Voici pourquoi leurs récriminations ne sont pas fondées.

Après les poursuites engagées contre certains pontes de l’ancien régime, les partisans du président déchu ne cessent de crier à une justice à deux vitesses. Pour ces barons du Fpi qui ameutent la communauté nationale et internationale par des chants de sirène, des dénigrements et intoxications, le temple de Thémis, au Plateau à Abidjan, userait d’une justice des vainqueurs contre ceux qui ont pactisé hier avec le régime déchu. L’accusation des frontistes ivoiriens fait sourire les observateurs les plus avisés des faits et gestes du pouvoir Gbagbo. Car hier, cette justice qu’ils décrient aujourd’hui, était aux ordres de l’ex-premier magistrat qui en usait comme il le voulait par une immixtion fréquente dans les affaires judiciaires. Laurent Gbagbo avait l’habitude de convoquer chaque semaine à ses bureaux ou à sa résidence, le procureur Tchimou Raymond Féhou pour lui dicter des ordres quant à la conduite des procédures judiciaires. Et Tchimou en sortant tout sourire prêt à fouler tout au pied. On se souvient de l’arrestation d’un avocat dans l’affaire Petroci ?

Une justice
aux ordres sous Gbagbo
On peut le certifier aisément. Oui, d’hier à aujourd’hui, il y avait une justice des vaincus et celle des vainqueurs. Avec le nouveau chef de l’Etat ivoirien, les audiences et les pressions ne sont pas aussi visibles. Alors qu’hier, les conciliabules de Laurent Gbagbo avec les magistrats faisaient l’objet d’une grande communication à la télé. Et donc au vu et au su de tous.

Une justice pas
encore Hors des ordres sous Ouattara
Les choses évoluent mais elles n’ont pas encore totalement changé. Oui sous Ouattara, les vaincus d’hier, les défaits d’hier qui sont désormais au pouvoir pratiquent la justice des vainqueurs. Les vainqueurs du jour, se souviennent de ce que le ministre Mamadou Koné et Henriette Diabaté avant lui, étaient impuissants face au procureur de la République et aux magistrats, qui étaient indépendants certes d’eux, mais point de Laurent Gbagbo, chef suprême de la magistrature, et des refondateurs. Qui avait refusé de couper le lien entre le parquet et l’exécutif ? C’est bien Laurent Gbagbo. Ce refus contraire à la notion de pouvoir judiciaire, inscrite dans la Constitution, avait bloqué l’adoption des lois organiques, relatives à la Cour de Cassation, à la Cour des comptes et au Conseil d’Etat. Le Pdci avait refusé de participer au vote la loi, qui avait besoin des 2/3 pour être adoptée. C’est bien pour cette raison qu’il faut souhaiter que les choses changent. Les juges et tous les acteurs du système judiciaire doivent être indépendants, doivent rendre compte et surtout doivent être au-dessus de tout soupçon. Rien n’a encore changé, à cause d’hier, mais tout doit changer. Pour asseoir et consolider l’Etat de droit dans le pays.

Presse des vaincus, presse des vainqueurs
Toutefois, il n’y a pas que la justice. Il y a aussi la presse des vaincus face à la presse des vainqueurs. Les vaincus d’hier sont devenus les vainqueurs. Les bleus sont devenus les vaincus et ils écrivent selon leur sort, leur défaite ou leur victoire. Quand on pratique ainsi une presse sélective et partiale, pourquoi attendre le miracle des politiques et des juges ? Pourquoi ce qui est normal dans la presse n’est pas normal dans la justice ? En Côte d’Ivoire ou la presse des vainqueurs et la presse des vaincus. Les vaincus d’aujourd’hui sont les vainqueurs d’hier. Et en tant que vaincus, ils ne font pas l’effort de cesser de faire la même pratique que les vaincus d’hier comme le RHDP hier.
La presse des vainqueurs, c’est la presse de Ouattara, qui écrit la parole des vainqueurs et qui se soucie peu de respecter les règles de la profession. Hier, elle était une presse traquée et martyrisée. Elle était la presse des vaincus. A-t-elle tiré les leçons du passé ? La presse des vaincus, c’est la presse pro-Gbagbo. Arrogante, insolente, impétueuse et insouciante hier, comme le sont les vainqueurs du jour, elle ne regrette rien de ce qu’elle a fait hier. Elle porte ses nouveaux habits, sans complexe, sans retenue, ni aucun état d’âme, cherchant à justifier ses manquements éventuels par l’argument suivant : ‘’Mais sous Gbagbo, les autres ont fait pire hier’’. Ils ont raison. Ils ont tort. A la fois. Hélas ! De la justice des vainqueurs d’hier, à la justice des vainqueurs d’aujourd’hui, de la presse des vaincus et des vainqueurs d’hier, à la presse des vainqueurs et des vaincus d’aujourd’hui, où va vraiment la Côte d’Ivoire ?
Maxime Wangué et Charles Kouassi
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