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Afrique Publié le vendredi 6 avril 2012 |

Tribune: Pour un Mali indivisible

© Par Aristide
Coopération ivoiro-malienne: le Président Alassane Ouattara à Bamako
Jeudi 20 octobre 2011. Bamako (Mali). Le chef de l`Etat ivoirien, SEM Alassane Ouattara répond à l`invitation de son homologue malien, SEM Amadou Toumani Touré. Photo: l`arrivée du Président Ouattara
Depuis le 17 janvier 2012, notre pays, le Mali, est l’objet d’une agression caractérisée de forces composites se réclamant du MNLA et de Ançar Dine, épaulées par d’autres forces djihadistes étrangères.

Le développement de la crise dans le Septentrion a abouti aux affrontements sanglants connus de tous, et, récemment, à la prise du contrôle par les forces du MNLA et de Ançar Dine et de leurs alliés, des villes de Kidal, Gao et Tombouctou ainsi que de plusieurs autres localités du Nord Mali.

En m’inclinant de nouveau devant la mémoire de nos soldats tombés sur le champ de l’honneur, je voudrais exprimer toute ma solidarité avec nos populations qui subissent au quotidien les violences dans les zones occupées.

Jamais notre pays ne s’est trouvé dans un tel état de confusion. Jamais, dans notre histoire collective, conjonction de facteurs n’a fait planer autant de menaces sur notre Nation.
Aujourd’hui, ce sont nos valeurs fondamentales qui sont sous le coup d’un risque majeur de délitement. Aujourd’hui, il faut bien le dire, plus que jamais la République est menacée dans son essence même.

Devant autant de menaces, devons nous rester impuissants ? Parce qu’il ne faut pas que nous nous le cachions, il s’agit bien désormais de notre survie collective, en tant que Nation. Oui, notre Nation est en danger. De cela, chacun d’entre nous, quelle que soit sa position sociale, et quelles que soient ses convictions politiques, religieuses ou autres, doit s’en convaincre et en prendre la pleine conscience.

Dans un tel contexte, le temps des calculs personnels est révolu.

Le Mali, j’en ai la ferme conviction, traversera cette crise aussi. Il le fera en puisant au plus profond de ses valeurs sociales, républicaines et démocratiques. Mais il ne le réussira que si tous les enfants du pays, sans calcul et sans hypocrisie, se donnaient la main, pour se dresser face à l’adversité.

C’est cet appel que je lance aujourd’hui aux patriotes, aux républicains et aux démocrates pour un sursaut collectif à la hauteur du défi qui s’impose à nous.

Je lance un appel pressant à l’ensemble de la classe politique dont la responsabilité est encore plus grande en ces heures décisives.

Cet appel au sursaut national, je le lance également à toute la société civile pour moins de division et davantage de cohésion d’action. Arrêtons les procès d’intention. Arrêtons les manœuvres d’exclusion et de division, pour nous retrouver autour de l’essentiel qui, aujourd’hui, n’a qu’un seul nom : le Mali.

Les enseignements de notre passé récent doivent fonder aujourd’hui notre détermination, et nous ouvrir la voie vers le redressement de notre Etat. C’est à la source de ces enseignements qu’il nous faut tremper et raffermir notre volonté commune de ne pas céder à la peur, au défaitisme et à la démoralisation, pour au contraire nous ressaisir, convaincus que nous sommes que notre victoire sur l’adversité passera par une véritable coalition nationale autour de l’essentiel, c’est-à-dire la défense de la patrie et des principes et valeurs démocratiques.

Je soutiens fermement tous les efforts en cours pour le retour à l’ordre constitutionnel dans les plus brefs délais et demande la libération immédiate de toutes les personnalités appréhendées pendant les événements. La grave crise que nous vivons a révélé à tous les dysfonctionnements de l’Etat et les faiblesses de la conscience civique dont les casses et les actes de vandalisme ont montré l’ampleur.

Aussi, nous appelons à un dialogue franc et constructif avec les organisations sous-régionales, avec l’UEMOA, avec la CEDEAO et avec l’UA, ainsi qu’avec les Nations Unies, pour baliser les voies de sortie de crise pour un retour à la normale.

C’est en nous appuyant sur l’accompagnement concerté de notre Armée Nationale par des forces amies, notamment celles de la CEDEAO avec le soutien des vrais amis du Mali, qu’il nous sera possible de recouvrer la pleine intégrité territoriale.

Contre les forces hostiles et leurs soutiens, le Mali en appelle à la solidarité entre les pays de la sous-région, convaincu que le danger ne menace pas que le Mali, mais bien l’ensemble des pays de la bande sahélo-saharienne. Il nous faut surmonter les méfiances et les visées hégémoniques qui, hier, ont paralysé notre action commune et ouvert la voie à l’ennemi commun.

« Le Mali peut tanguer, mais le Mali ne coulera pas ». Les filles et les fils du Mali, forts de cette vérité première, sont plus que jamais décidés à se ressaisir pour que le Mali demeure cette Nation débout, qui a fait la fierté de générations et de générations de patriotes.

Pour ma part, je voudrais ici réaffirmer ma disponibilité totale et entière, et la disponibilité et l’engagement de toutes les composantes des Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence (FARE), pour une feuille de route de sortie de crise privilégiant le respect de la légalité républicaine, le rétablissement des institutions républicaines, le respect et la protection des personnes et de leurs biens, le respect de nos engagements auprès de la communauté sous-régionale et internationale

Aujourd’hui plus que par le passé, la République doit retrouver tout son sens, et notre devise républicaine, Un Peuple –Un But –Une Foi, toute sa portée. Ma conviction profonde est que chaque fois, y compris pendant les heures les plus critiques de notre histoire, nous avons su trouver le ressort nécessaire et le Mali a vaincu et surmonté l’épreuve. C’est le principal enseignement de notre accession à l’indépendance en 1960. C’est aussi la principale leçon de la révolution démocratique de mars 1991.

Je suis convaincu que notre communauté nationale dispose d’immenses ressources humaines. Cette grave épreuve doit aboutir à une prise de conscience citoyenne et un sursaut national qui permettront de donner à notre démocratie l’Etat fort, juste et efficace dont elle a besoin pour résister à l’adversité.

A vous tous qui m’avez soutenu et avez eu souci de mon intégrité physique durant ma détention récente, je voudrais vous remercier de m’avoir accompagné en ces moments difficiles qui, bien sûr, ne sont rien devant l’effondrement dont notre Nation est menacée.

Je vous appelle, donc, tous, à mettre toute votre énergie au service du seul objectif qui compte aujourd’hui : le redressement rapide de la Nation.

Le Mali retrouvera, de gré ou de force l'ensemble de son territoire. Nous ne serons pas les spectateurs de l’horreur de notre Nation piétinée.

Nous mettrons tout en œuvre pour que notre pays choisisse, selon une formule désormais célèbre, « l’espoir plutôt que la peur », l’unité plutôt que la division, le partage plutôt que l’exclusion. Tous ensemble et à ces conditions, nous pourrons ne faire qu’une Nation, qu’un Peuple car, au fond de nous-mêmes, nous en avons les ressources.

Pour le Mali uni et démocratique, an ka wuli !

Modibo Sidibé
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