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Afrique Publié le lundi 14 mai 2012 | Xinhua

Crise bissau-guinéenne : des ONG critiquent la solution de sortie de crise proposée par la CEDEAO

BISSAU - Le Mouvement de la Société civile pour la Paix et la Démocratie (regroupant toutes les ONG locales) de Guinée Bissau, critique, dans un communiqué, la solution proposée par la CEDEAO pour une sortie de crise en Guinée-Bissau, après le coup d'Etat intervenu dans ce pays le 12 avril dernier.

"La position de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, regroupant 15 pays dont la Guinée-Bissau) est contraire à son esprit de tolérance zéro par rapport aux subversions de l'ordre constitutionnel", a indiqué le communiqué publié ce dimanche.

La solution proposée par la CEDAO, qui a déjà été rejetée par la PAIGC (ancien parti au pouvoir), a consiste à renouveler le bureau de l'Assemblée nationale afin d'élire un président intérimaire pour une période 12 mois et de former un gouvernement de consensus.

C'est ainsi que Manuel Sherifo Nhamadjo, président de l'assemblée, a été nommé vendredi président de la république. Il succède à Raimundo Pereira, écarté par les putschistes après le coup d'Etat, en même temps de l'ancien Premier ministre, Carlos Gomes Junior.

Dans son communiqué, le mouvement relève que "le verdict de la CEDEAO dans la crise bissau-guinéenne n'a pas tenu compte des intérêts nationaux, ni des principes de l'Etat de droit".

A cet égard, il attire l'attention "sur les limites de pouvoir du président intérimaire en vertu de l'article 71 de la constitution invoqué par la CEDEAO, mais aussi sur les conséquences qui pourraient advenir en termes de gouvernabilité en raison du non respect des résultats du scrutin présidentiel et du fait que la période de transition proposée par la CEDEAO dépasse largement le mandat de la législature en cours".

Pour le mouvement, cet état de fait "planer l'incertitude sur la nature juridique du gouvernement qui sera formé, tout comme sa base constitutionnelle et parlementaire".

Le Mouvement de la Société civile pour la Paix et la Démocratie réitère que le processus de stabilisation de la Guinée-Bissau doit obligatoirement passer par la mise en œuvre des réformes dans les secteurs de défense et de sécurité.

"Par conséquent, il s'avère nécessaire de déployer une force d'interposition en Guinée-Bissau afin d'assurer, de façon durable, la consolidation de l'Etat de droit et du processus démocratique", ajoute le texte.

Le mouvement lance enfin "un vibrant appel au Conseil de sécurité des Nations Unies afin qu'il adopte des mesures de nature à s'inspirer de la volonté populaire et des intérêts supérieurs de la nation souveraine et digne de respect en vertu du droit international".

Quant à la Ligue des Droits de l'Homme de Guinée-Bissau (LGDH), "elle condamne la position de résignation et de légitimation du coup d'Etat, tout comme l'imposition des solutions illégitimes aux bissau-guinéens par la CEDEAO".

La LGDH, selon un communiqué, "tient la CEDEAO pour responsable de tout dérapage politique, sociale ou économique qui pourrait advenir de son verdict unilatéral et saugrenu".

Par ailleurs, la LGDH, "alerte d'ores et déjà la communauté internationale sur les conséquences juridiques et politiques de la confusion installée dans le pays qui se traduit par le manque de légitimité constitutionnelle du président de transition, mais aussi de ses limites de pouvoirs face aux défis que le pays doit relever".

La LGDH réitère enfin sa position de ne pas reconnaître, ni de collaborer avec les organes publics ou pouvoir politique institués en marge de la constitution et du cadre démocratique.

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