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Politique Publié le lundi 24 septembre 2012 |

Envoi de troupes de la CEDEAO : Bamako retrouvera-t-il le Nord ?

Les autorités maliennes se sont résolues à accepter des troupes militaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au Sud du pays, notamment à Bamako. Enfin ! serait-on tenté de dire. En tout cas, il était temps qu’on avance dans la quête d’une solution à cette crise. Ce faisant, Bamako qui avait perdu le Nord dans tous les sens du terme, semble en passe de le retrouver. Bien entendu, ces autorités disent vouloir de la discrétion dans le déploiement des troupes. Certainement, ce discours du genre « prends-moi mais ne me touche pas » est une façon de ménager la susceptibilité de certains Maliens qui, contre tout bon sens, ne veulent pas de troupes militaires extérieures à Bamako.

Mais les Maliens, toutes tendances confondues, doivent se convaincre qu’il n’y a pas de honte à accepter le soutien d’un voisin lorsqu‘on est en difficulté. Une sagesse bien connue de chez nous dit en substance que la sécurité de l’individu pendant son temps de sommeil, est assurée par son voisin. Une façon ou une autre de dire l’importance du voisin dans nos moments de faiblesse ou d’inattention. Le Mali, dans ces moments sombres de son histoire sur fond d’errements, ne devra pas avoir à « rougir » du soutien des autres pays de la communauté internationale, notamment de la CEDEAO. De même, l’armée malienne, en difficulté face aux djihadistes qui contrôlent les deux tiers du territoire national, ne devrait pas ressentir l’arrivée des troupes sœurs venues lui prêter main forte comme une humiliation. On peut comprendre sa volonté d’en découdre seule avec ces envahisseurs, et de laver l’affront à l’occasion après les cuisants revers qu’elle a subis, mais elle ne doit pas perdre de vue le fait que ce genre d’extrémistes, même les armées les plus puissantes du monde comme celles des Etats-Unis, ont du mal à en venir à bout. C’est cela la dure réalité et il faut avoir l’humilité de l’accepter. Ainsi, la volonté des autorités maliennes, surtout de l’armée, de sauver les apparences aux yeux des populations est compréhensible, mais pas raisonnable dans le contexte actuel. Il est moins déshonorant pour ces dirigeants de se faire aider par « l’extérieur » pour enrayer le péril islamiste que de continuer à abandonner les populations des villes occupées à leur triste sort. Le calvaire de ces populations vivant au rythme des amputations, coups de fouets et autres exactions des islamistes, devrait être bien plus humiliant pour les personnes censées les en protéger et les en délivrer que le débarquement de soldats de tel ou tel pays frère, du reste venus dans un élan de solidarité. En tout état de cause, c’est aux autorités maliennes qu’il appartenait au premier chef de faire ce travail de pédagogie, d’expliquer et de faire comprendre aux Maliens la justesse de l’arrivée des troupes extérieures plutôt que d’avoir peur qu’ils en soient « choqués ». Le bien-fondé de leur décision en tant qu’autorités, c’est à elles de l’expliquer à leurs concitoyens. De toute façon, l’heure n’est plus aux atermoiements et dans ce contexte où les populations soumises aux djihadistes souffrent le martyre au quotidien, toute nouvelle indolence friserait l’irresponsabilité.

Les dirigeants maliens ont dû se rendre à l’évidence que la CEDEAO ne cédera pas à leurs caprices et c’est certainement cette fermeté de l’organisation sous-régionale qui a permis de faire bouger les lignes. C’est de bonne guerre d’autant plus que cette menace islamiste qui a fait déjà beaucoup de dégâts au Mali dépasse le cadre de ce seul pays. L’exigence de l’application de la charia comme préalable par les extrémistes en réponse à la main tendue de Dioncounda Traoré, le président de la transition, devrait achever de convaincre même les plus pacifistes qu’il n’y a pas mille moyens de mettre fin à ce drame qui se joue au Nord du pays. A moins qu’on prenne du plaisir, à travers ce dialogue de sourds, à permettre aux islamistes de continuer à renforcer leurs assises, rendant de ce fait la tâche de libération plus compliquée. Il est visiblement temps de se mettre résolument en ordre de bataille. Il faudra le faire vite et bien. C’est une urgence humanitaire.

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