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Politique Publié le mardi 9 octobre 2012 | L’Inter

Situation dans le nord Mali : La Cedeao visiblement en panne de stratégie

© L’Inter Par DR
Mini-Sommet de la Cedeao à Ouagadougou (Burkina Faso): le Président Alassane Ouattara et ses pairs prennent de grandes décisions pour le Mali
Le Président de la République, S.E.M Alassane Ouattara est arrivé vendredi 6 juillet 2012, à Ouagadougou, où il a pris part à la réunion du groupe de contact sur le Mali. Il a regagné Abidjan samedi 7 Juillet 2012
Mali
La grave crise qui persiste dans le nord malien s'apparente au fil du temps à un vrai bourbier dans lequel l'organisation sous -régionale s'enlise diplomatiquement et risque, au cas où elle engagerait une action militaire, une véritable déroute.

En alternant diplomatie et menace d'intervention militaire, la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, (Cedeao) a manifestement choisi la stratégie du bâton et de la carotte. Mais pendant qu'elle peine à trouver la bonne solution pour endiguer cette crise née dans le nord malien au lendemain du coup d'Etat militaire du 22 mars 2012, la situation dans cette partie du Mali s'aggrave dangereusement au grand désarroi des populations. Pendant que le Conseil de sécurité de l'ONU se donne le temps d'examiner la demande officielle d'intervention armée introduite par Bamako auprès de la Cedeao, Blaise Compaoré, le médiateur de l'organisation tente une énième négociation avec l'un des protagonistes de cette crise, en l'occurrence le Mouvement National pour la Libération de l'Azawad, (MNLA). Le 7 octobre dernier, le président burkinabé a reçu à Ouagadougou Ibrahim Ag Mohamed Assaleh , membre du conseil de transition de l'Azawad, le gouvernement provisoire du MNLA. Lorsqu'on sait que ce mouvement, après avoir été chassé de ses positions de Gao et de Tombouctou par les islamistes d'Ansar Dine et du Mujao, est en perte de légitimité dans le nord malien, on pourrait se demander si Compaoré ne s'est pas trompé d'interlocuteur. En allant dans la capitale burkinabé, les indépendantistes de l'Azawad dont la marge de manœuvre est bien réduite, ont mis de côté leur revendication souverainiste, pour ne parler que de leur droit à l'autodétermination. Mais avant cela, ils avaient menacé de s'allier de nouveau aux islamistes, si d'aventure l'organisation sous-régionale décidait une opération armée. Blaise Compaoré en politicien madré a dû comprendre qu'à travers ce chantage, le MNLA cherche visiblement un abri au moment où s'annonce la tempête sur la bande sahélo- saharienne. Les indépendantistes de l'Azawad n'avaient véritablement pas le choix. Après avoir été défaits par les islamistes, ils risquent de faire ensuite les frais d'une éventuelle action militaire de la Cedeao. L'objet de ces pourparlers serait-il d'obtenir un appui du MNLA aux troupes ouest-africaines contre les islamistes ? Une telle hypothèse n'est pas à exclure, car les combattants du MNLA pourraient être d'une grande utilité dans l'assaut contre les islamistes, pour leur parfaite connaissance du terrain. En retour, le mouvement touareg pourrait se voir octroyer un statut particulier comme l'autonomie sur l'Azawad.

Les islamistes les vrais interlocuteurs de la Cedeao

Avant le MNLA, le président du Burkina Faso avait également tenté de prendre langue, sans grand succès hélas, avec une délégation d'Ansar Dine. La rigidité des positions du mouvement islamiste n'avait pas permis la poursuite de ces négociations. Mais la médiation de la Cedeao n'a pas meilleur interlocuteur, à l'heure actuelle que cette force qui fait la pluie et le beau temps dans la région. Si la Cedeao refuse le dialogue avec les islamistes, il va falloir compter sur d'autres soutiens que les seuls combattants touaregs. En effet, le MNLA ne compterait que quelques centaines de combattants, contre des milliers pour les islamistes. Or pour réussir la reconquête du Nord malien, les forces coalisées sous-régionales ont forcément besoin de l'appui des pays voisins du Mali, notamment l'Algérie, le Niger, la Mauritanie, le Tchad. Or tous, l'Algérie en tête, restent très prudents devant cette initiative. La Cedeao qui cache mal son embarras, continue de bander les muscles. En agitant de plus en plus la menace de la guerre, l'organisation communautaire est bien consciente que l'heure de la vraie bataille, à savoir celle des sables, n'a pas encore sonné.

Charles d'Almeida

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