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Politique Publié le samedi 29 juin 2013 | APA

Attentat manqué contre Soro le 29 juin 2007 : Me Fakhy Konaté, un rescapé, témoigne

Avocat à la Cour, Me Fakhy Konaté, actuel Secrétaire général de l’Assemblée nationale ivoirienne, victime et témoin du bombardement à la roquette, le 29 juin 2007 du Fokker 100 transportant, le Premier Ministre d'alors, Guillaume Soro à Bouaké, s'en souvient dans un entretien accordé vendredi soir à APA et constate qu'en dépit d'une information judiciaire ouverte à Toumodi, ''rien n’a été fait pour retrouver et juger'' les auteurs de cet attentat.

Ex-Conseiller Spécial chargé de l'Identification et des Elections au cabinet du Premier ministre Guillaume Soro, il était au nombre des passagers qui ont pris place, avec son patron, à bord du Fokker 100, bombardé à la roquette le 29 juin 2007 à Bouaké où une cérémonie commémorative est prévue ce samedi 29 juin 2013.

Entre deux soupirs, après un long silence (comme s'il revivait la dramatique scène), Me Fakhy Konaté lâche: ''surprise et stupeur ce jour-là''.

Six ans après, l'homme de Droit s'explique, encore, difficilement, comment cela a pu se passer en plein processus de paix ?. ''Surprise parce que personne ne s'attendait à cet attentat. Stupeur parce que c'était dramatique d'attenter à l'intégrité morale et physique des passagers que nous étions'', explique-t-il en soulignant que '' c'était encore plus difficile pour les familles, amis et connaissances des victimes''.

Cette attaque a jeté l'émoi dans tout le pays et à travers le monde, l'horreur étant à son comble. ''De simples agents de l'Etat, en mission avec le Premier ministre ont été décapités par des tirs à la roquette dans l'avion. D'autres criblés de balles. C'était très dur à vivre'', relate l'ancien Conseiller spécial du Premier ministre Guillaume Soro.

Pour Me Fakhy Konaté, l'objectif évident des auteurs de cet attentat était de donner un coup d'arrêt au processus de sortie de crise et de paix en cours en ''tuant le Premier ministre Guillaume Soro qui en avait la conduite''.

Pour quelles raisons devrait-on éliminer le Chef de gouvernement d'alors, devenu aujourd'hui le Président de l'Assemblée nationale de la Côte d'Ivoire ?

''Ce processus que dirigeait Guillaume Soro devait aboutir à la démocratie et surtout à la paix en Côte d'Ivoire après le conflit armé. Soro, étant la cheville ouvrière, notez au passage qu'il se rendait à Bouaké pour l'installation des magistrats dans le cadre des audiences foraines, son assassinat aurait empêché le pays de retrouver cette paix. Les ennemis de la paix s'en réjouiraient'', soutient Me Fakhy Konaté.

Six ans après, il porte encore les séquelles physiques qui lui rappellent chaque jour cet attentat ''inoubliable''. Obligé qu'il est de faire la rééducation de ''sa main gauche complètement disloquée'', l'actuel Secrétaire général du Parlement ivoirien, croit que la ''main de Dieu était sur nous parce que la cause que nous défendions était noble et juste''.

C'est pourquoi au-delà des ressentiments personnels, il exprime sa fierté ''d'avoir participé à ce processus qui a permis, aujourd'hui, sinon de résorber, d'atténuer beaucoup la crise identitaire''.

"Il a permis d'aller aux élections démocratiques de 2010 (présidentielles), 2011 (législatives) et 2013 (locales), pour remettre l'ensemble des institutions de notre pays en place et ouvrir une nouvelle ère démocratique et de nouvelles perspectives de développement'', se console Me Fakhy.

Cependant, il ne décolère pas à l'idée que les auteurs de cet attentat courent encore. ''Effectivement, une instruction avait été ouverte à Toumodi. Je constate comme vous que rien n'a été fait pour retrouver et juger ces meurtriers. Bon, passons'', dit-il.

Toutefois, les rescapés de cet assassinat manqué du Premier ministre Soro, se sont constitués en un ''collectif''. Car, souligne Me Fakhy, ''légitimement, il serait normal que les victimes soient indemnisées sans qu'elles ne se voient contraintes d'engager des poursuites judiciaires dans un contexte comme celui-là''.

Si les victimes n'ont pas officiellement saisi les nouvelles autorités, Me Fakhy espère qu'à ''l'occasion de ce sixième anniversaire du drame du 29 juin 2007, ces autorités réparent ce que leurs prédécesseurs n'ont pu faire hormis une décoration qui a, aussi, son mérite car nous étions en mission pour l'Etat''.

La peine des victimes et des ayant-droits ''est fortement atténuée lorsque justice est rendue et le seul fait de savoir qui a fait et de comprendre pourquoi ça été fait, est de nature à soulager'', pense-t-il.

Guillaume Soro, est sorti indemne de cette attaque contre son avion, le vendredi 29 juin 2007, alors qu'il venait d'arriver à l'aéroport de Bouaké, au centre de la Côte d'Ivoire, fief de l'ex-rébellion des Forces Nouvelles dont il est le leader.

Au moins quatre personnes de sa délégation sont mortes lors de cette attaque, survenue quatre mois après la signature de l'accord politique de Ouagadougou du 4 mars 2007

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