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Politique Publié le lundi 14 octobre 2013 | Le Patriote

Non poursuites des chefs d’Etat en exercice par la CPI - L’UA risque d’encourager les crimes sur le continent

© Le Patriote Par DR
Ouverture du 15ème sommet extraordinaire de l`U A
Samedi 12 octobre 2013. Addis Abéba (ETHIOPIE). Le Président de la République ivoirienne, SEM. Alassane OUATTARA participe à la cérémonie d`ouverture du 15ème sommet extraordinaire de l`U A.
Le Statut de Rome a été créé pour un but bien précis. Celui de faire face à toutes les formes d’injustice observées depuis les deux dernières décennies dans certains pays. Surtout africains. Face aux abus et autres violations graves des droits de l’Homme, la justice internationale était impuissante. Certains chefs d’Etat pouvaient tuer et faire assassiner impunément. Quand d’autres pouvaient opprimer et brimer sans que les victimes puissent avoir la possibilité de faire valoir leurs droits. Car tout-puissants dans leur pays. C’est donc pour pallier cette insuffisance que, sous l’impulsion de l’ONU, 120 Etats ont signé le Statut à Rome. C’est finalement le 1er juillet 2002 que la Cour pénale internationale est entrée en fonction. La CPI est donc une juridiction internationale de substitution qui intervient là où au plan national il n’y a pas de système judiciaire efficace ou de volonté politique de droit à la justice. Dans ce rôle qui lui sied le mieux, la CPI apparait indéniablement comme un véritable contre-pouvoir voire un instrument de dissuasion efficace contre le terrorisme ou la criminalité d’Etat que certains dirigeants instaurent parfois dans leur pays pour assouvir leurs intérêts égoïstes. C’est en cela que la décision prise au 15ème sommet extraordinaire de l’Union africaine, le samedi dernier, est inquiétante. L’on peut comprendre l’Union africaine veuille protéger la dignité et l’honorabilité de certains dirigeants sur le continent en demandant à La Haye de ne pas poursuivre des présidents en exercice. Mais en faire un sujet de croisade, encourageraient tous les leaders politiques africains qui pour le pouvoir, n’hésiteraient pas à passer sur le corps de leurs compatriotes pour satisfaire leurs ambitions. C’est parce que la Cour pénale internationale est aujourd’hui une arête dans la gorge de tous les sanguinaires du continent qu’il y a cette fronde contre elle en ce moment. Les arguments du genre : « Pourquoi ce sont les dirigeants africains qui sont les seuls à être poursuivis ? », sont des véritables fuites en avant qui visent à éluder dans le débat la responsabilité des dirigeants africains dans les massacres et autres pogroms commandités et commis en leur nom. La Cour pénale internationale a le mérite de rappeler aux uns et aux autres qu’en ce 21 ème siècle totalement ouvert, on ne peut plus tuer en silence et en vase close, comme c’était le cas au siècle passé. La démarche initiée donc par l’Union africaine sonne comme un retour en arrière inacceptable pour les peuples africains qui ont beaucoup souffert et qui continuent de souffrir des errements de certains de leurs dirigeants. L’UA sur ce coup se comporte plus comme un syndicat des chefs d’Etat que comme l’organisation supranationale mise sur pied pour défendre les intérêts des peuples du continent. Même si dans le communiqué final qui a sanctionné ce sommet extraordinaire, elle réitère encore sa volonté farouche de lutter contre toute impunité, il faut reconnaitre que l’élan de solidarité à l’égard du président Uhuru Kenyatta du Kenya, son vice-président William Ruto et le président Omar El-Béchir du Soudan est mal perçu dans l’opinion. Car pour elle, cette solidarité dans le mal risque d’encourager certains candidats à la violence sur le continent.

JCC
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