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Société Publié le dimanche 21 février 2016 | Alerte Info

Au sud d’Abidjan, les résidences universitaires de Port-bouët à l’abandon cinq ans après la crise (MAGAZINE)

Bâtiments décoiffés, cour broussailleuse, portes et fenêtres défoncées, les cinq résidences universitaires de Port-bouet, commune abidjanaise qui en compte le plus, sont toujours à l’abandon, cinq ans après la fin de la crise post-électorale au cours de laquelle elles avaient été pillées dans la foulée de la chute de l’ancien président Laurent Gbagbo.


Située en bordure de mer, la résidence universitaire de Port-bouet 3, autrefois appelée “Base navale’’ par la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) qui y régnait en maitre absolu, ressemble à une cité fantôme.

Les feuilles de tôle couvrant les salles de TV et d’études tout comme le restaurant, ont toutes été emportées. De certains bâtiments, il ne reste que des pans de mur. La cour envahie par la broussaille sert de dépotoir aux riverains qui viennent y déverser leurs ordures ménagères.

Une ambiance qui tranche avec celle qui prévalait cinq ans plus tôt dans cette résidence universitaire où vivaient près de 800 étudiants.

La façade de ce qui reste de la salle de TV, marquée du dessin d’un poing fermé accompagné du slogan, “l’Espoir d’une lutte’’, le logo de la FESCI, témoigne du règne passé du puissant syndicat estudiantin.

Pendant la guerre post-électorale survenue en 2011 en Côte d’Ivoire, “la Base Navale’’ s’était transformée en une forteresse militaire. Des combattants pro-Gbagbo s’y étaient retranchés.

A l’annonce de la chute de l’ex-chef de l’Etat en avril 2011, les combattants se sont dispersés, laissant libre cours aux pillards qui s’en étaient donnés à cœur joie.

Tout y est passé : des feuilles de tôles aux fenêtres et portes, en passant par les sanitaires jusqu’aux câbles électriques.

A la cité universitaire de Port-bouet 2, le décor est le même. A l’entrée, les deux poteaux du terrain de basket-ball ont perdu leur équilibre et sont couchés à même le sol.

La cité universitaire de Port-bouet 1, autrefois appelée “Jakarta’’, en référence à la capitale indonésienne, semble présenter un meilleur visage. Située au centre-ville, elle paraît en meilleur état, même si la clôture qui la ceinture s’est affaissée par endroits.

Des individus semblent encore l’habiter. A l’issue de la crise, des combattants à la solde de l’actuel chef de l’Etat Alassane Ouattara y avaient élu domicile avec femmes et enfants pour certains, avant d’être vidés manu militari par le gouvernement à la demande expresse du président.

"Tous ceux qui ne sont pas immatriculés et qui sont sur des sites et des camps militaires doivent les quitter avant le 30 juin (2015)", avait déclaré M. Ouattara le 16 avril 2015 lors d’un meeting politique à Tiassalé (Sud).

Depuis, ces combattants ont officiellement libéré les résidences universitaires de Port-bouët mais les travaux de réhabilitation n’y ont encore démarré, au grand dam des étudiants qui brûlent d’impatience de revenir s’installer.

Interrogé en août 2015 par Alerte Info, le ministre de l’Enseignement supérieur d’alors, Gnamien Konan, avait indiqué que le gouvernement entendait d’abord achever la réhabilitation des résidences universitaires de la Cité Rouge, de Mermoz et de la Riviera 2 (toutes situées dans le quartier chic de Cocody à l’est d’Abidjan).

“A la rentrée en octobre, on pourra livrer la Cité rouge, Mermoz et la Riviera’’, avait assuré le ministre.

Quatre mois après les travaux de réhabilitation de ces résidences ne sont pas encore achevés et aucun étudiant n’y a été admis.

A Port-bouet, certains riverains de ces cités universitaires ne regrettent pas particulièrement l’absence des étudiants, tant la FESCI s’est illustrée par des brimades et autres actes de violences.

“C’est dommage que la cité universitaire qui est un bien de l’Etat soit dans un tel état déplorable’’, se désole Emmanuel Kouadio, riverain de la résidence universitaire de Vridi-cité, à Port-bouet.

Mais cet agent d’assurance n’est pas pour autant nostalgique de la présence des étudiants. “Ils nous ont tellement faire voir de toutes les couleurs qu’ils ne me manquent pas’’, poursuit-il.

Pour Fulgence Assi, l’actuel secrétaire général de la FESCI, joint par Alerte Info, l’abandon de ces résidences universitaires est “une volonté politique’’ et une preuve que les conditions de travail des étudiants ne sont “pas une priorité’’ pour le gouvernement.

SKO

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