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Politique Publié le mercredi 20 avril 2016 | AFP

Côte d’Ivoire: "le malaise est profond" avertit le responsable en charge de la "réconciliation"

© AFP Par DR
Rencontre du Président OUATTARA avec la CONARIV
Mardi 08 Décembre 2015. Abidjan. Rencontre du Président de la République, S.E.M. Alassane OUATTARA, avec la Commission Nationale pour la Réconciliation et l`Indemnisation des Victimes des crises survenues dans notre pays (CONARIV), au Palais de la Présidence de la République. Photo: Mgr Paul Siméon Ahouana
Abidjan, 20 avr 2016 (AFP) - "Le malaise est profond" en Côte d’Ivoire, cinq ans après la fin de la crise postélectorale de 2011, a déploré mercredi le responsable national en charge de la Réconciliation dans le pays où règne toutefois la stabilité.
"Le malaise est profond et il convient, à présent, de mettre un accent particulier sur les initiatives en faveur de la réconciliation", a déclaré Mgr Siméon Ahouana, le président de la Commission nationale pour la réconciliation
et l’indemnisation des victimes (CONARIV).
Mgr Ahouana, connu pour son franc-parler, s’exprimait au cours de la cérémonie de remise du rapport de la CONARIV au président ivoirien Alassane Ouattara.
La Conariv a remplacé mi-décembre la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) aux résultats contrastés.
"Malgré une élection présidentielle apaisée et les nombreux efforts en
faveur de la réconciliation, les poches de division demeurent, les coeurs sont
encore chargés de rancoeurs, de frustrations, d’amertumes et d’esprit de
vengeance", a-t-il alerté.
M. Ouattara a promis de "jouer sa partition en faveur de la réconciliation
et du renforcement de la cohésion sociale" et a demandé aux "Ivoiriens encore
exilés de rentrer au pays".
Réélu pour un second mandat de cinq ans, M. Ouattara est arrivé au pouvoir
en 2011, au terme d’une crise postélectorale qui s’est conclue par la chute de
Laurent Gbagbo, son prédécesseur.
Plus de 3.000 Ivoiriens étaient morts en cinq mois de violences causées par
le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître en 2010 la victoire de M. Ouattara à
l’élection présidentielle.
M. Gbagbo et le chef des "jeunes patriotes", un mouvement qui lui est
proche, Charles Blé Goudé, sont tous deux jugés depuis le 28 janvier par la
Cour pénale internationale à La Haye pour crimes contre l’humanité.
En Côte d’Ivoire, l’opposition et la société civile accusent le pouvoir
d’une "justice des vainqueurs" qui ne s’intéresse qu’aux méfaits des membres
du camp Gbagbo.
Le procès fleuve il y a un an et demi devant la justice ivoirienne de 78
responsables de l’ancien régime, dont l’ex-Première dame Simone Gbagbo,
condamnée à 20 ans de prison en mars 2015, a ravivé les critiques.
La mort récente (le 11 avril) de l’homme politique ivoirien et grande
figure du journalisme dans les années 1970 Mamadou Ben Soumahoro, en exil au
Ghana où il s’était réfugié depuis la fin crise postélectorale, a aussi
suscité de nombreuses réactions contre le régime.
Élu député en 1995 et en 2010, M. Ben Soumahoro a milité au Rassemblement
des Républicains (RDR) du président Ouattara, avant de se rapprocher du camp
de Laurent Gbagbo, président de 2000 à 2010.
Le 4 avril, l’ONU a annoncé pour juin 2017 la fermeture définitive de sa mission (Onuci) qui devra avant terme, se concentrer sur les efforts de réconciliation nationale, la démobilisation des anciens rebelles, la promotion des droits de l’homme et la livraison d’aide humanitaire, selon le dernier rapport de son secrétaire général Ban Ki-moon.

eak-ck/de

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