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Économie Publié le mercredi 25 mai 2022 | Abidjan.net

Etienne Krieger, Professeur Affilié à HEC Paris explique le programme Formation Challenge + Afrique (Interview)

© Abidjan.net Par DR
Etienne Krieger, Professeur Affilié à HEC Paris

Diplômé d’HEC et docteur en sciences de gestion à l’Université Paris-Dauphine, Etienne Krieger est entrepreneur et Professeur Affilié à HEC Paris. Il est co-directeur académique du programme HEC Challenge + Afrique. Enseignant à HEC Paris, il a accompagné plus de 1000 créateurs et dirigeants d’entreprises innovantes. Coauteur de l'ouvrage "De l'entreprise traditionnelle à la start-up : les nouveaux modèles de développement", il a également publié de nombreux articles sur le thème de l’innovation, de la confiance et du financement des jeunes entreprises.


Il nous présente le programme HEC Challenge + qui aide les créateurs de projets innovants à fort potentiel de croissance à élaborer leur business plan et les accompagne dans leur développement. La formule pédagogique associe formation, conseil et suivi personnalisé. 


Comment la formation Challenge + est-elle dispensée à Abidjan ?


Etienne Krieger : C’est une formation qui est étalée d’octobre à mai donc 8,9 mois. Elle s’effectue de manière discontinue parce qu’il faut plusieurs allers retours pour maturer et formuler un business plan donc ce serait à la fois incompatible avec la charge de travail d’un entrepreneur et la prise de recul pour arriver à nourrir ce plan de développement. Cela représente 25 jours sous un format de 8 sessions de trois jours en moyenne et quelques mois plus tard après la fin de la session il y’a encore une présentation officielle du plan de développement qu’on appelle le forum Challenge+. La formation est dispensée à la fois en présentiel et en distanciel puisqu’il y’a des synergies avec le programme Challenge+ France.


Quelles pourraient être les prochaines évolutions de la formation à Abidjan et dans d’autres pays de la sous-région ?


Etienne Krieger : Le lancement du programme Challenge+ Afrique en pleine pandémie de Covid-19 nous a obligé à digitaliser le programme. Le renforcement de la digitalisation d’une partie de la formation est quelque chose qui est à l’ordre du jour mais il faut aussi garder des interactions sociales, les gens ont besoin de se voir et il y a une dimension quasiment grégaire dans une formation donc c’est plutôt une combinaison efficace entre du présentiel, du distanciel, du local, du global, des masterclass, des webinaires etc. Je pense néanmoins que le lancement de Challenge+ Afrique a aussi un impact très bénéfique sur le Challenge+ France. On essaye de synergiser au maximum, on a des cours communs. J’ai par exemple fait un cours de modélisation financière et je l’ai fait totalement via Zoom. En revanche, pour le cours sur les sources de financement, on a fait appel à un intervenant local parce que ce n’est pas du tout les mêmes mécanismes et donc on s’est appuyé sur les meilleurs spécialistes. Par conséquent, vous avez cette combinaison nourrie par du digital et des témoignages d’entrepreneurs inspirants. Et ça, on compte le renforcer encore plus.


Challenge + c’est aussi un investissement important. Est-ce un frein pour beaucoup de personnes ? 


Etienne Krieger : C’est un investissement en temps déjà, si vous prenez du recul sur votre propre projet, le retour sur investissement il est assez rapide. Si vous ne faites pas fausse route et que vous vous n’engagez pas sur un chemin utopique, ça vous fait gagner énormément d’argent. Il faut intégrer le projet dans un réseau, parce que c’est souvent un petit monde dans lequel il y’a des gens qui ouvrent la porte quand ils ont confiance. La confiance c’est une compétence technique, une forme de moralité. Le premier frein est donc l’investissement en temps, c’est un coût mais qui est aussi en partie subventionné par des partenariats mais de la même manière je crois que c’est la doyenne de Harvard qui a dit « Si vous trouvez que l’éducation coûte trop cher, essayez l’ignorance ». C’est un investissement en temps et en argent, mais avec un retour qui est assez rapide quand le participant s’implique. C’est un peu une auberge espagnole, il y’a des gens qui sortent transformés et qui se développent en autofinancement ou lèvent de l’argent dans de très bonnes conditions. Lever de l’argent auprès d’investisseurs et de banquiers, ce n’est pas gratuit et le coût de la dette en Afrique est important, les bailleurs de fonds sont assez exigeants et si vous arrivez à augmenter les bénéfices perçus, vous pouvez finalement lever de l’argent dans de bonnes conditions, dans ce cas-là c’est gagnant-gagnant.


Pour terminer, comment qualifieriez-vous l’entrepreneuriat africain ?


Etienne Krieger : A l’image du continent, ce n’est pas la même pyramide des âges qu’en Europe et donc c’est un énorme dynamisme. Ce sont des entreprises en phase avec les standards internationaux et même dans certains cas qui proposent une avance sur les fintechs, les paiements mobiles. C’est vrai que vous avez un dynamisme entrepreneurial qui est impressionnant avec peut-être plus qu’ailleurs, le souhait de vraiment avoir un impact sociétal et environnemental. Vous me direz que c’est l’essence d’un entrepreneur, les gens, ne font pas ça simplement pour avoir leurs jets privés. Heureusement, l’argent n’est pas la motivation principale de la plupart des entrepreneurs et ça, c’est ce qui me frappe. C’est un continent jeune qui a beaucoup de défis, d’enjeux et une croissance considérable.


 


Réalisée par A. N

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