Le président du PDCI-RDA a dressé un bilan de l’année 2025, tout en appelant à une refondation politique et organisationnelle du plus vieux parti ivoirien dans son message de Nouvel An, consulté par Abidjan.net, ce mardi 06 janvier 2026.
Revenant sur l’année écoulée, le président du PDCI-RDA a rappelé que « l’année 2025 qui s’achève restera gravée dans la mémoire collective de notre Nation ». Année électorale, elle s’était ouverte, selon lui, « sous les meilleurs auspices, alimentant de légitimes attentes de renouveau démocratique, social et économique pour la Côte d’Ivoire », avec un PDCI-RDA porteur d’espoir et soutenu, notamment par la jeunesse.
Il a souligné que « l’adhésion populaire, l’enthousiasme et l’élan suscités par notre Parti […] étaient visibles et palpables dans tous nos meetings et dans toutes nos réunions publiques ».
Pour le président du PDCI-RDA, l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 aurait dû permettre aux citoyens « d’exprimer librement leurs choix, dans le respect des principes démocratiques ». Mais, a-t-il déploré, « malheureusement et nous le savons, les choses se sont déroulées autrement ».
Il a dénoncé « un climat marqué par un processus électoral non conforme à la loi et la multiplication des procédures judiciaires pour écarter de la compétition présidentielle, les principaux leaders de l’opposition », évoquant « un recul de la démocratie, la restriction des libertés publiques et des atteintes sérieuses aux droits fondamentaux des citoyens ».
Le président a justifié ses accusations en rappelant qu’« il n’y a pas eu de Révision de la Liste Electorale en 2025 », en violation des textes en vigueur. Il s’est interrogé : « Pourquoi alors en 2025, refuser de tenir une RLE, pourtant budgétisée et financée, si l’on souhaitait que le plus grand nombre d’Ivoiriens puissent voter ? »
Selon lui, la faiblesse du fichier électoral demeure préoccupante : « Nous devrions être à 12 ou 13 millions sur les listes au lieu de 8 ».
Autre manquement relevé, « les partis politiques de l’opposition représentés à l’Assemblée nationale dont le PDCI, n’ont pas bénéficié en 2025, d’un seul franc de la subvention qui leur est due ». Une situation qu’il juge incompatible avec les principes démocratiques : « Comment prétendre que l’on souhaite la démocratie lorsqu’on prive délibérément l’opposition de ressources ? »
Face à ce contexte, le PDCI-RDA affirme avoir choisi « la voie de la responsabilité, de la paix et de la dignité ». Le président a insisté : « la seule chose qu’on ne peut pas changer dans la vie, c’est le passé. En revanche, on peut et on doit changer l’avenir ».
Le parti a ainsi décidé de participer aux élections législatives, estimant que « ne pas participer […] aurait été prendre le risque de plonger le pays dans le chaos ». Il a rappelé que le PDCI-RDA « ne croit pas au boycott ».
Prenant acte des résultats des législatives, le président a souligné que « selon les propres chiffres de la CEI, une participation de 18% à Abidjan » a été enregistrée, confirmant à ses yeux la nécessité de poursuivre le combat pour « l’avènement d’une démocratie respectueuse des droits de l’homme ».
Il s’est également incliné « devant la mémoire de nos compatriotes qui ont perdu la vie » et a exprimé son soutien aux blessés et aux détenus politiques.
Le président a cité nommément certains responsables incarcérés, tel que Brédoumy Soumaïla, rappelant que « leur élection par le peuple, alors qu’ils sont en prison, est un message clair, sans ambiguïté ». Il a réaffirmé « solennellement » l’exigence de leur libération, dédiant à l’ensemble des prisonniers politiques le Prix Bush-Thatcher de la Liberté et de la Démocratie décerné au PDCI-RDA en décembre 2025 à Washington.
Félicitant « nos 163 héros et héroïnes » candidats aux législatives, le président a salué les élus PDCI-RDA appelés à siéger au Parlement. Avec eux, a-t-il affirmé, le parti constitue « la force politique principale et unique de l’opposition au sein de l’hémicycle » et demeure « la seule alternative crédible au RHDP ».
Regardant vers l’avenir, le président a annoncé que « le PDCI-RDA doit et va changer pour mieux servir la Côte d’Ivoire ». Une restructuration est engagée afin de bâtir « un PDCI-RDA renouvelé, plus fort, plus uni et plus crédible », avec une attention particulière portée à la jeunesse et aux femmes.
Il a insisté sur le rôle central des jeunes, rappelant que « les meilleures idées, les meilleures innovations nous viendront des jeunes ; il faut les écouter ».
À l’approche du 80ᵉ anniversaire du parti en avril 2026, le président a réaffirmé l’attachement du PDCI-RDA au dialogue, soulignant que « le dialogue reste la seule voie pour reconstruire la confiance ».
Concluant son message, il a exprimé sa conviction « qu’une Côte d’Ivoire fraternelle, démocratique, unie et prospère est possible », avant d’adresser aux Ivoiriens « des vœux sincères de santé, de paix, de bonheur et de prospérité ».
R-SEKONGO

