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Société Publié le vendredi 23 janvier 2026 | Abidjan.net

Éthique, véracité et transparence : des journalistes rassurent sur la fiabilité des médias à l’ère des contenus automatisés

Éthique, véracité et transparence : des journalistes rassurent sur  la fiabilité des médias à l’ère des contenus automatisés
© Abidjan.net Par DR
Éthique, véracité et transparence : des journalistes rassurent sur la fiabilité des médias à l’ère des contenus automatisés
À l’occasion de la Conférence Internationale de la Presse Francophone qui se tient à Libreville au Gabon, du 21–25 janvier 2026, les journalistes Cyprien Kouassi (Côte d’Ivoire) et Abdou Kadre Seck (Sénégal) ont animé une réflexion de fond sur un enjeu majeur du journalisme contemporain : comment préserver la confiance du public à l’heure où l’intelligence artificielle et l’automatisation transforment profondément la production de l’information.

À l’occasion de la Conférence Internationale de la Presse Francophone qui se tient à Libreville au Gabon, du 21–25 janvier 2026, les journalistes Cyprien Kouassi (Côte d’Ivoire) et Abdou Kadre Seck (Sénégal) ont animé une réflexion de fond sur un enjeu majeur du journalisme contemporain : comment préserver la confiance du public à l’heure où l’intelligence artificielle et l’automatisation transforment profondément la production de l’information.


Dès l’ouverture des échanges, le cadre s’est posé avec clarté. « À l’ère des contenus automatisés, la question n’est pas de savoir si l’intelligence artificielle va remplacer le journaliste, mais comment le journaliste peut rester la référence de confiance dans un écosystème saturé d’informations. », a affirmé Cyprien Kouassi, journaliste à Abidjan.net

Pour lui, si l’automatisation permet une accélération spectaculaire de la production éditoriale, elle comporte aussi des risques majeurs. « L’automatisation accélère la production de contenus, mais elle ne doit jamais accélérer la désinformation. La vitesse ne peut pas se substituer à la véracité », a-t-il insisté, rappelant que le temps journalistique reste celui de la vérification, du recul et du contexte.


Au cœur du débat, l’éthique apparaît comme le socle non négociable du métier. Pour Cyprien Kouassi, l’irruption de l’IA ne modifie pas la responsabilité fondamentale du journaliste. « L’éthique journalistique doit rester non négociable, même lorsque l’outil qui est une machine est utilisée. Ce n’est pas l’algorithme qui est responsable de l’information publiée, c’est toujours le journaliste. », confie le journaliste et conférencier du jour. 

Loin d’alléger la charge morale, l’usage de l’intelligence artificielle l’alourdit même. « Utiliser l’IA ne nous exonère pas de notre responsabilité morale. Au contraire, cela nous oblige à être encore plus rigoureux. », explique Cyprien Kouassi. Dans cette perspective, l’IA doit rester un appui technique, jamais une autorité éditoriale. « L’IA est un outil d’aide à la production, pas un producteur de vérité. La vérité reste une construction humaine, fondée sur le terrain, le recoupement et le contexte. », confirme-t-il.


La question de la véracité s’impose alors comme un pilier central. Pour Abdou Kadre Seck, à l’ère des contenus automatisés, le fact-checking n’est plus un luxe ni une spécialité marginale, mais une compétence vitale. « À l’ère des contenus automatisés, le fact-checking n’est plus une option, c’est un réflexe professionnel vital. », conseille-t-il.


À en croire, le second conférencier, le risque principal n’est pas tant l’erreur de la machine que sa propagation. « Le danger n’est pas que l’IA se trompe, le danger est que l’erreur soit amplifiée et légitimée par des médias crédibles sans vérification humaine. », dit-il avant d'ajouter que dans ce contexte, le rôle du journaliste évolue : « Le journaliste doit devenir un filtre intelligent entre la machine et le public. »


La transparence est apparue comme l’autre condition essentielle de la confiance. Face à un public de plus en plus conscient des mécanismes de production de l’information, dissimuler l’usage de l’IA devient contre-productif. « La transparence est aujourd’hui une condition essentielle de la confiance. Le public a le droit de savoir quand un contenu est assisté ou généré par une intelligence artificielle. » explique Seck.

Loin d’affaiblir la crédibilité des médias, cette honnêteté la renforce. « Être transparent sur nos méthodes de production n’affaiblit pas le journalisme, cela le renforce. » Désormais, « expliquer le “comment” de l’information est devenu aussi important que le “quoi”. »


Cette exigence est d’autant plus cruciale que la confiance du public reste un capital extrêmement fragile. « La confiance du public est un capital fragile : elle met des années à se construire et quelques secondes à se perdre. » Dans un environnement numérique dominé par la désinformation, le journaliste ne peut plus se contenter de diffuser. « Le journaliste doit redevenir un repère, pas un simple diffuseur. »

La crédibilité, ont rappelé les deux conferenciers, ne dépend pas de la sophistication technologique, mais de la cohérence. « La crédibilité ne vient pas de la technologie utilisée, mais de la cohérence entre nos valeurs, nos pratiques et nos discours. »


Les échanges ont également mis en lumière les enjeux spécifiques du continent africain et de la francophonie. « En Afrique, où la désinformation peut avoir des impacts sociaux et politiques majeurs, la responsabilité du journaliste face aux contenus automatisés est encore plus grande. »

Pour les deux intervenants, il est impératif que la presse francophone ne se contente pas d’importer des modèles extérieurs. « La francophonie journalistique doit construire ses propres standards éthiques de l’usage de l’IA, adaptés à nos réalités culturelles et démocratiques. »


En guise de conclusion, les deux conférenciers ont adressé un message à l’ensemble de la profession. « L’intelligence artificielle peut être une opportunité pour un journalisme plus efficace, mais jamais pour un journalisme moins responsable. »

Pour eux, face à la révolution technologique, les fondamentaux demeurent. « À l’ère des contenus automatisés, la meilleure innovation du journalisme reste l’éthique, la vérification et la transparence. » Et de conclure par une conviction partagée : « Le futur du journalisme ne sera pas seulement technologique, il sera profondément humain… ou il ne sera pas. »


An

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