La Côte d’Ivoire a procédé à la validation de la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA 2) couvrant la période 2026-2030, à l’issue d’un atelier organisé du 28 janvier au 9 février dans la capitale économique ivoirienne.
D’après une note du ministère des ressources animales et halieutiques, malgré un potentiel reconnu en ressources naturelles et en compétences humaines, la Côte d’Ivoire demeure largement dépendant des importations de protéines animales et halieutiques, un défi que les autorités entendent désormais relever de manière structurelle.
Pour les autorités ivoiriennes, la vision des Ressources animales et halieutiques est d’atteindre la souveraineté alimentaire en produits animaux et halieutiques. Une ambition renforcée par les enseignements tirés de la pandémie de la Covid-19, qui a mis en évidence la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement internationales.
Si les politiques antérieures ont permis d’enregistrer des progrès notables en matière de productivité et de compétitivité, des efforts supplémentaires restent nécessaires pour améliorer les revenus des acteurs, renforcer la résilience des systèmes de production et réduire durablement la dépendance du pays aux importations.
Adoptée pour la période 2022-2026, la première PONADEPA avait mis l’accent sur la réhabilitation des infrastructures, la structuration des filières, la veille sanitaire, la protection du cheptel contre les épizooties et les zoonoses, ainsi que le renforcement de la gouvernance pour attirer les investissements privés.
Cependant, l’entrée en vigueur du Plan national de développement (PND 2026-2030) a rendu nécessaire l’élaboration d’une nouvelle politique sectorielle, mieux alignée sur les priorités nationales, les enjeux climatiques et les exigences de durabilité.
C’est dans cette optique que le ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH), à travers la Direction de la planification, des statistiques et des programmes (DPSP), a organisé un atelier de concertation visant à associer l’ensemble des parties prenantes au processus d’élaboration de la PONADEPA 2.
Les travaux ont notamment porté sur la présentation des orientations stratégiques, le partage du diagnostic sectoriel actualisé, la discussion des axes proposés, l’identification des indicateurs clés et la collecte des observations du secteur privé afin d’améliorer la cohérence et la faisabilité du cadre logique.
Intervenant à l’ouverture des travaux, le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi TiémokoTouré, a salué les acquis de la première phase tout en soulignant les défis persistants.
« Cet atelier de validation interne de la PONADEPA 2, couvrant la période 2026-2030, marque le tournant d’un chapitre entamé en 2022, qui nous a permis d’enregistrer plusieurs avancées notables pour le développement du secteur », a-t-il déclaré.
Selon le ministre, 146 milliards de FCFA ont été mobilisés entre 2022 et 2025, soit 17 % des besoins initialement projetés, un niveau de financement jugé insuffisant au regard des ambitions affichées mais révélateur des contraintes structurelles du secteur.
Dans le sous-secteur de l’élevage, les progrès enregistrés concernent notamment l’identification des animaux, la disponibilité des aliments pour bétail, l’installation des jeunes et des femmes, l’amélioration de la productivité et le renforcement des infrastructures de production, de transformation et de commercialisation.
Du côté de la pêche, la période 2022-2025 a été marquée par une approche axée sur la durabilité, avec l’élaboration de plans de gestion des pêcheries, la lutte renforcée contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), l’immatriculation et le balisage des embarcations artisanales, ainsi que l’instauration du repos biologique.
Dans le sous-secteur aquacole, la création et la modernisation d’écloseries, la réhabilitation de fermes, le renforcement des capacités des jeunes et des femmes et le lancement du Programme stratégique de transformation de l’aquaculture en Côte d’Ivoire (PSTACI) ont constitué des avancées majeures.
En matière de santé animale, plusieurs réformes ont été engagées, notamment le renforcement des inspections sanitaires, la création de postes de contrôle aux frontières, l’amélioration de la couverture vaccinale et la mise en place d’outils numériques de collecte des données sanitaires et vétérinaires.
La mise en œuvre du Système d’informations du secteur des ressources animales et halieutiques (SISRAH) est également présentée comme un tournant décisif vers une prise de décision fondée sur des données fiables et actualisées.
La PONADEPA 2 (2026-2030), telle que validée à Abidjan, se veut le prolongement amélioré de la première génération. Elle intègre les recommandations issues de la revue 2022-2025, les exigences de souveraineté alimentaire, les défis liés au changement climatique ainsi que les enjeux de durabilité environnementale, sanitaire et sociale.
« Elle devra être plus attractive pour les investissements privés, plus performante dans sa gouvernance et plus inclusive, au bénéfice des jeunes, des femmes et des acteurs de terrain », a insisté le ministre.
Les axes stratégiques retenus mettent notamment l’accent sur la souveraineté alimentaire, l’amélioration durable de la productivité, le renforcement de la gouvernance sectorielle, l’accélération des partenariats public-privé, l’insertion professionnelle des jeunes et des femmes et la préservation des écosystèmes.
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