Les Alumni du Galilée International Management Institute Côte d’Ivoire (GIMI-CI) ont organisé, ce samedi 21 février 2026 à Cocody, une conférence dédiée à la vulgarisation et à l’appropriation d'un modèle Economique Circulaire innovant, en présence de plusieurs docteurs, experts et professionnels issus de divers secteurs d’activités. C'est action s'inscrit dans le cadre de la promotion de l’Economie Circulaire, visant à s’imposer progressivement comme une priorité stratégique en Côte d’Ivoire.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, la première responsable des Alumni du GIMI-CI, Dr Koné Alimata, docteure en Business Administration, spécialisée en économie circulaire, a présenté les fondements et les enjeux de ce modèle économique.
Selon elle, l’Economie Circulaire constitue une réponse concrète à deux problématiques majeures : la raréfaction progressive des ressources naturelles, liée à l’explosion démographique, et la gestion durable des déchets.
'' L’Economie Circulaire est un système économique qui remplace la logique de fin de vie des produits par une stratégie de réduction, de réutilisation, de recyclage et de récupération des matériaux dans les processus de production, de distribution et de consommation, dans le but de réaliser le développement durable '', a-t-elle expliqué.
Elle a insisté sur le caractère systémique de ce modèle, qui s’inscrit dans la continuité des concepts d’économie verte, d’économie de fonctionnalité et d’économie de l’usage, tout en mettant l’accent sur la valorisation des ressources et la limitation des impacts environnementaux.
Au cœur des échanges, la question de la transformation des déchets en ressources économiques a été largement abordée. Dr Koné Alimata a évoqué plusieurs exemples concrets de chaînes de valeur issues de l’économie circulaire, notamment :
la valorisation des véhicules hors d’usage à travers la récupération de pièces détachées comme les pneus ;
la transformation des déchets plastiques en granulés industriels ou en pavés pour les infrastructures ;
la conversion des déchets végétaux en engrais organiques, en biogaz ou en sources d’énergie.
Selon elle, chaque boucle de circularité permet de renforcer l’efficacité des ressources et de réduire la pression sur l’environnement.
'' L’Economie Circulaire permet non seulement de préserver l’environnement, mais aussi de créer des emplois verts et de structurer des filières économiques durables'', a-t-elle indiqué.
Elle a par ailleurs souligné l’importance d’un accompagnement institutionnel pour formaliser ce secteur encore largement dominé par l’informel.
''Il est essentiel que l’État crée des conditions favorables et mette en place un cadre institutionnel adapté afin d’encadrer et de développer ce secteur porteur '', a-t-elle plaidé.
Intervenant sur les enjeux nationaux, Dr Yao Édouard a mis en lumière le rôle stratégique de l’économie circulaire dans la transformation structurelle de l’économie ivoirienne.
Pour lui, ce modèle constitue un puissant levier de valorisation des ressources locales et d’industrialisation endogène.
''L’économie circulaire est un outil qui permet de valoriser nos ressources, d’encourager l’industrialisation locale et de soutenir le développement territorial '', a-t-il affirmé.
Il a également insisté sur son rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique et la nécessité pour la Côte d’Ivoire d’optimiser l’exploitation de ses ressources disponibles.
Dans cette perspective, il a recommandé l’intégration de l’Economie Circulaire dans les programmes éducatifs afin de sensibiliser les jeunes générations et de former les compétences nécessaires à son développement.
Dr Yao Édouard a notamment proposé l’adoption d’une loi-cadre visant à définir les orientations stratégiques, les mécanismes fiscaux et les dispositifs d’encadrement du secteur, avec pour horizon l’année 2030.
Cette vision s’inscrit dans la dynamique du Plan National de Développement (PND) 2026-2030, qui ambitionne de renforcer la transformation industrielle du pays tout en intégrant les impératifs environnementaux.
Les participants ont unanimement souligné la nécessité d’un cadre juridique structurant pour accompagner l’essor de l’économie circulaire en Côte d’Ivoire.
Ils ont également insisté sur l’importance de la sensibilisation des populations, des entreprises et des collectivités territoriales, afin de favoriser l’adoption des pratiques circulaires et d’améliorer la gestion des déchets, avec des impacts positifs sur la santé publique et la qualité de vie.
Au terme des échanges, les participants ont formulé plusieurs recommandations visant à accélérer la transition vers une économie circulaire en Côte d’Ivoire, notamment :
la mise en place d’un cadre réglementaire adapté ;
le renforcement de la sensibilisation et de la formation ;
le soutien aux initiatives locales de recyclage et de valorisation des déchets et l’intégration effective de l’Economie Circulaire dans les politiques publiques et les stratégies de développement.
EA

