L'Ambassade du Canada, en partenariat avec le Conseil d'Affaires des Femmes Afrique - Canada (CAFAC), a organisé le jeudi 19 février 2026 à Abidjan-Plateau, une table ronde consacrée aux possibilités de partenariat dans l'entrepreneuriat féminin.
Cette rencontre a réuni des acteurs institutionnels, des investisseurs et des cheffes d'entreprise autour des leviers d'accompagnement et des opportunités d'accès aux marchés entre l'Afrique et le Canada.
L'Ambassadeur du Canada en Côte d'Ivoire, Sandra Choufani a fait remarquer que cette initiative est un véritable fonds construit ensemble sur un espace où les talents des idées et des ambitions de femmes pourront se rencontrer, se renforcer et s'épanouir.
''Nous savons que lorsque les femmes prospèrent, c'est toute la société qui avance.
Lorsque les femmes entreprennent, les économies se transforment parce que quand elles s'unissent, elles deviennent une forte puissance de changement.'', a-t-elle dit. Pour elle, la concrétisation de ce réseau d'affaires féminins permettra de soutenir des projets innovants, d'ouvrir de nouveaux marchés et de partager une expertise riche et diversifiée qui permettra de faire l'énergie des opportunités inédites tant au canada qu'en côte d'ivoire.
Selon la diplomate Canadienne, le Canada et ses partenaires de développement soutiennent les femmes entrepreneurs à travers les associations villageoises d'épargne et de crédit pour renforcer l'autonomie économique au sein des communautés. ''Notre appui a mobilisé des milliers de prêts permettant à de nombreuses femmes de développer des activités génératrices de revenus, facilitant des investissements directs dans les communautés, notamment par l'achat d'équipements et l'amélioration des outils de production.'', a-t-elle révélé. Et en renforçant leur gouvernance et leur leadership, elle dit être convaincue que cette rencontre marque le début d'une aventure prometteuse.
La sénatrice Dao Gabala, représentant la présidente du Sénat de Côte d'Ivoire, a délivré un message politique fort en ouverture des travaux, affirmant que l’autonomisation économique des femmes ne relève pas d’un enjeu social périphérique, mais constitue un levier stratégique de souveraineté, de stabilité et de prospérité.
Elle a souligné que la présence du Sénat à cette rencontre traduit un engagement institutionnel clair : consolider les réformes et veiller à ce que la croissance bénéficie réellement à tous, notamment par une participation accrue des femmes à la création de richesse.
À cet égard, elle a rappelé l’adoption, en novembre 2025, par le Parlement panafricain, d’une loi sur l’égalité et l’équité de genre en Afrique, initiative portée sous son impulsion en tant que présidente de la commission compétente. Ce texte accorde une place centrale au pouvoir économique des femmes, considéré comme le véritable moteur de transformation.
La sénatrice a également rendu un hommage appuyé au Canada, saluant la constance de son engagement en faveur du leadership féminin en Côte d’Ivoire, tant sur le plan politique qu’économique. Elle a rappelé les programmes de promotion des femmes en politique, initiés dans un contexte national difficile, ainsi que le soutien historique du Canada à l’entrepreneuriat féminin.
Inscrivant la table ronde dans la nouvelle stratégie canadienne pour l’Afrique, elle a insisté sur la nécessité de traduire les ambitions en résultats concrets à travers trois leviers majeurs à savoir un mentorat structuré et intergénérationnel ; un meilleur accès au financement et aux marchés, avec un accent sur la capacité des femmes à changer d’échelle ; et l’innovation et la durabilité, notamment dans les secteurs technologiques, climatiques et de l’économie verte.
Enfin, au nom de la présidente du Sénat, elle a plaidé pour des alliances d’affaires concrètes entre le Canada et la Côte d’Ivoire, la création de projets communs et l’institutionnalisation de rencontres économiques annuelles entre femmes entrepreneures des deux pays.
La Présidente du Conseil d'Affaires des Femmes Africa-Canada (CAFAC), Hosanne Christelle Yatchou a placé la table ronde sous le sceau d’un engagement stratégique, celui de faire de la synergie entrepreneuriale féminine entre le Canada et la Côte d'Ivoire un levier concret de coopération économique durable. Elle a rappelé que les relations entre les deux pays, historiquement solides dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la gouvernance ou encore du développement économique, évoluent désormais vers un partenariat structuré, mutuellement bénéfique. Dans cette nouvelle dynamique, a-t-elle insisté, les femmes ne doivent plus être en périphérie mais au centre des échanges économiques. Selon elle, bâtir des collaborations durables dépasse la simple signature d’accords. Cela suppose une compréhension fine des réalités culturelles, sociales et humaines qui influencent les environnements d’affaires. À travers plusieurs expériences vécues, elle a mis en lumière les écarts de perception et les obstacles parfois invisibles qui peuvent fragiliser la coopération, soulignant la nécessité d’un engagement conscient pour combler ces différences.
La Présidente du CAFAC a martelé que l’inclusion économique des femmes n’est pas un volet secondaire de la coopération bilatérale : elle en constitue le moteur silencieux, la force de résilience et une condition de prospérité partagée.
Elle a réaffirmé la mission du CAFAC qui est d'aller au-delà du dialogue pour assurer la présence effective des femmes dans les chaînes de valeur, les missions économiques et les sphères décisionnelles. La coopération, a-t-elle souligné, doit être réciproque et circuler dans les deux sens, du Canada vers l’Afrique et de l’Afrique vers le Canada.
Cyprien K.

