Le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, a proposé la création d’un ministère dédié à la lutte contre l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire, lors d’une déclaration faite jeudi 20 août 2026 au siège du COJEP, à Abidjan.
Charles Blé Goudé a estimé que l’ampleur prise par l’orpaillage clandestin nécessite désormais une réponse structurelle et durable, au-delà des opérations de destruction des sites et d’interpellation des exploitants.
« L’orpaillage ne peut plus seulement être l’affaire du ministère de la Défense ou du ministère de la Sécurité. Ce sont des solutions conjoncturelles. Il faut une solution structurelle, durable », a-t-il déclaré.
Pour le président du COJEP, la persistance des sites après les opérations de déguerpissement et de destruction traduit l’existence de réseaux organisés qui dépassent les seuls ouvriers présents sur les sites.
Il appelle ainsi à s’attaquer à l’ensemble de la chaîne de l’exploitation clandestine, notamment aux financiers, aux organisateurs, aux fournisseurs, aux acheteurs et aux collecteurs d’or.
« Il faut couper la tête de l’orpaillage », a-t-ilmartelé, estimant que les opérations sur les sites ne permettront pas de régler durablement le problème si les commanditaires et les sources de financement ne sont pas identifiés.
Il préconise, à cet effet, des enquêtes approfondies pour identifier les principaux financiers et le gel de leurs avoirs. Ces fonds pourraient, selon lui, contribuer à la réhabilitation des sites dégradés et au financement des opérations de lutte.
Charles Blé Goudé a également alerté sur les conséquences de l’orpaillage clandestin sur les ressources naturelles, l’agriculture, la santé publique et l’économie nationale.
Il a notamment dénoncé la pollution des cours d’eau, la destruction des terres agricoles et la dégradation des forêts, estimant que cette activité constitue désormais « une autre forme de guerre contre notre pays ».
« Quand on ne peut plus boire, quand on ne peut plus respirer, quand on ne peut plus cultiver, on n’y vit plus », a-t-il déclaré.
Face à cette situation, il propose notamment l’utilisation de drones et de systèmes d’alerte pour surveiller les zones sensibles et détecter rapidement de nouvelles activités d’exploitation.
Il plaide également pour l’interdiction stricte de toute activité minière dans les zones de captage d’eau, les cours d’eau, les forêts classées, les parcs et les zones agricoles stratégiques, ainsi que pour l’obligation de restaurer les espaces dégradés.
Le président du COJEP souhaite enfin une coopération sous-régionale et transfrontalière renforcée pour lutter contre les réseaux d’orpaillage clandestin, estimant que le phénomène dépasse les frontières ivoiriennes.
« L’or de la Côte d’Ivoire appartient à la Côte d’Ivoire. Les terres appartiennent à la Côte d’Ivoire. Pensons aux générations futures », a-t-il lancé, appelant à une réponse à la hauteur de l’enjeu.
Pour Charles Blé Goudé, la création d’un ministère dédié permettrait ainsi de centraliser et de coordonner les efforts de lutte, avec l’appui opérationnel des ministères de la Défense et de la Sécurité.
Cyprien K.

