L’Académie des sciences, des arts et des cultures d’Afrique et des diasporas africaines (ASCAD) met les drones à l’honneur pour la 12e édition de son prix. À travers cette initiative, l’institution entend encourager l’innovation technologique locale et inciter les jeunes chercheurs et ingénieurs ivoiriens à concevoir des solutions adaptées aux besoins des populations.
La conception et la réalisation de véhicules aériens non habités (UAV), communément appelés drones, constituent le thème retenu cette année. Les travaux présentés devront notamment démontrer leur contribution au bien-être des populations et au développement de la Côte d’Ivoire.
Lors d’une présentation faite ce mardi 13 octobre 2026, Me Christiane Bitty-Kouyaté, présidente de la Commission d’attribution des prix (CAP), a souligné l’importance de retenir des thématiques en adéquation avec les défis de développement et les priorités sociétales du pays.
Le jury est composé des professeurs Tio-Touré Bakary, Touré Siaka, Sidibé Valy, Biémi Jean, Ouraga Obou, Gnaléga René et Anoma Joseph, ainsi que de Me Christiane Bitty-Kouyaté.
Pour la présidente de la CAP, le choix des drones vise à encourager les jeunes à passer de la consommation de technologies importées à la conception de solutions locales. Elle évoque plusieurs applications concrètes, notamment la livraison de poches de sang dans des zones éloignées comme Minignan, la surveillance des inondations à la Riviera, l’utilisation de drones pulvérisateurs pour réduire les coûts agricoles ou encore la lutte contre l’orpaillage illégal.
Au-delà de la distinction scientifique, le Prix ASCAD entend également contribuer à la valorisation des compétences nationales et à la lutte contre la fuite des cerveaux. Selon Me Bitty-Kouyaté, de jeunes talents disposent de connaissances scientifiques, mais manquent parfois de moyens et de perspectives pour concrétiser leurs projets au bénéfice des populations.
Elle plaide ainsi pour la mise en place d’un environnement favorable à l’innovation, reposant notamment sur une réglementation adaptée, des exonérations fiscales, des fonds dédiés, des subventions et des centres de formation. Elle appelle également à un accompagnement diplomatique susceptible de faciliter le développement des projets.
La présidente de la CAP rappelle par ailleurs le rôle de l’Autorité nationale de l’aviation civile (ANAC) dans l’encadrement réglementaire de l’utilisation des drones, afin de permettre leur exploitation dans le respect des règles en vigueur.
Pour Me Bitty-Kouyaté, ces appareils peuvent contribuer à améliorer les conditions de vie des populations, notamment dans l’agriculture, la livraison de médicaments, la cartographie des terres et la surveillance des forêts. Elle estime toutefois que leurs possibilités restent encore insuffisamment connues du grand public.
L’appel à candidatures est ouvert aux personnes physiques et morales exerçant en Côte d’Ivoire. Il concerne notamment les structures et centres de recherche, les bureaux d’ingénierie privés, les chercheurs individuels, les organisations non gouvernementales, les centres de formation et les institutions.
Les candidats devront présenter des réalisations ayant contribué de manière significative au bien-être des populations dans quatre domaines. Le premier concerne la conception de drones plus performants, autonomes, robustes et polyvalents, notamment grâce à une meilleure autonomie énergétique, à une capacité de charge accrue et à l’intégration de l’intelligence artificielle.
Le deuxième porte sur les innovations relatives aux batteries et aux systèmes de propulsion hybrides ou à hydrogène. Le troisième vise l’amélioration de la sécurité, la réduction des coûts et le renforcement de l’efficacité des appareils, dans le respect des exigences réglementaires et éthiques.
Enfin, les travaux pourront porter sur l’intégration des drones dans l’espace aérien ainsi que dans les services et les industries existants.
La cérémonie de remise des prix devrait être placée sous le parrainage du Premier ministre. Me Christiane Bitty-Kouyaté considère sa présence comme un signal important en faveur de la recherche et de l’innovation technologique en Côte d’Ivoire.
Elle y voit une occasion de soutenir le passage d’une économie qui importe des technologies à une dynamique de conception et de fabrication locales. Cette ambition s’inscrit, selon elle, dans la perspective de la vision 2030 du président de la République, Alassane Ouattara, qui entend promouvoir les compétences nationales et donner davantage de place à l’innovation.
Pour cette 12e édition, le Prix ASCAD prévoit une enveloppe globale de 16 millions FCFA. Le Grand Prix est doté de 9 millions FCFA, tandis que le premier prix d’encouragement s’élève à 4 millions FCFA et le deuxième à 3 millions FCFA.
La Commission d’attribution des prix maintient par ailleurs des relations avec les anciens lauréats. Me Bitty-Kouyaté souligne que certains poursuivent leur parcours et que le dernier lauréat a également reçu le Prix d’excellence du président de la République.
Le thème de la prochaine édition n’a pas encore été dévoilé. La présidente de la CAP annonce toutefois une « grande surprise » pour le Prix ASCAD 2027.
Me Christiane Bitty-Kouyaté a appelé les médias à mieux faire connaître les applications des drones et les perspectives qu’ils offrent au développement. Pour elle, la Côte d’Ivoire doit s’approprier ces technologies afin de renforcer ses capacités d’innovation et sa souveraineté technologique.
Cyprien K.

