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Politique Publié le samedi 19 décembre 2015 | Le Sursaut

Assassinat du général : les derniers mots de Robert Guéï avant sa mort

© Le Sursaut Par SIA KAMBOU
Ouverture du procès de l’assassinat du général Guéï
Jeudi 17 décembre 2015. Abidjan. Dix-neuf personnes dont le général Dogbo Blé, un ex-homme fort du régime de Laurent Gbagbo, et Anselme Séka Yapo (photo), ancien responsable de la sécurité rapprochée de Simone Gbagbo, comparaissaient devant le tribunal militaire pour assassinat et complicité d’assassinat du général Robert Guéï, ex-chef de la junte en Côte d’Ivoire.
Le premier procès de l’assassinat de Robert Guéï, de sa femme Rose Doudou Guéï et de plusieurs membres de son entourage s’est ouvert, mercredi 17 décembre dernier, à Abidjan. Le procès verbal d’instruction fait des révélations troublantes sur les circonstances de la mort du général.

Comme chacun le sait, le chef de l’ex chef junte militaire au pouvoir à Abidjan a connu une mort violente. A la faveur de l’ouverture du procès sur son assassinat, le procès-verbal d’instruction permet de connaitre les derniers instants de sa mort. Selon les déclarations du fils du défunt, Francis Guéï, soutenues par celles de son frère, Sergent-chef Alain Guéï, c’est suite à un appel téléphonique de Monseigneur Bernard Agré que la présence du général Guéï a été confirmée à la cathédrale Saint Paul d’Abidjan Plateau dans la journée du 19 septembre 2002. Dès lors, des éléments de la Garde républicaine conduits par le général Bruno Dogbo Blé se sont rendus en premier à la cathédrale avant d’être rejoints par des éléments du Bataillon blindé d’Akouédo et ceux de la gendarmerie nationale sous la conduite du commandant Séka Séka. D’ailleurs, Alain Guéï qui cite des sources militaires note que, lorsque le général a été découvert, le général Dogbo Blé lui administré une gifle en lui disant : « Encore toi ?» Toujours selon le document, le Père Agbo a témoigné lors de l’enquête de ce que le général Robert Guéï lui a confié quand il était violenté. «Mon Père, vous voyez comment ils me traitent… ? » c’était inquiété, notamment, la victime qui espérait un miracle devant l’homme de Dieu.

Si le Père Agbo soutient, dans le procès-verbal, avoir fait un signe de croix en guise de protection de l’ex patron du Comité national de salut public (Cnsp) qui était trainé comme une bête qu’on mène au sacrifice, il faut dire qu’il ne s’en sortira pas vivant. Selon toujours le document du commissaire du gouvernement, le commandant Séka Yapo Anselme dit Séka Séka a reconnu avoir abattu le général Robert Guéï lors de son audition à la Direction de la Surveillance du territoire (Dst). Il a déclaré qu’il a, effectivement, ‘’extrait le général Robert Guéï de la cathédrale pour le conduire à la Corniche où il l’avait abattu (…) à partir des renseignements selon lesquels le général Robert Guéï et le président Alassane étaient en intelligence pour attaquer la Côte d’Ivoire’’. A noter que six jours avant sa mort, l’ex-homme fort de la Transition militaire avait initié une rencontre avec la presse au cours de laquelle, celui-ci a fait un sévère réquisitoire contre Laurent Gbagbo et son régime. «Chaque Ivoirien a, quotidiennement, sa part du sourire moqueur des Refondateurs, et surtout, sa dose de farine. Dans les journaux on lit, tous les jours: ‘’Gbagbo a roulé Guéi dans la farine’’ ; ‘’Gbagbo a roulé Ado dans la farine’’ ; ‘’Gbagbo a roulé Bédié dans la farine’’. Quel est donc, ce Chef d’Etat, qui se transforme en boulanger, pour pétrir toujours la farine ? Et pour rouler tout le monde dans cette farine, le pain se fait avec de la levure, sachons-le.

Et ce que le Fpi ne doit pas oublier, c’est qu’un jour, cette même farine sans "levure sociale" va lui boucher les narines et la gorge, parce qu’elle sera pétrie par le Peuple qui sait ce que Gbagbo ne sait pas ». En tout cas, pour nombre d’observateurs, ce discours que nous (re) proposons à nos fidèles lecteurs aura, en partie, attiré des soupçons vers le général lors du putsch manqué du 19 septembre 2002 contre le régime Fpi.

G. DE GNAMIEN

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