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Décès N’goran la Loi : Konankorékro sous le choc, Allah Thérèse abandonne la scène

Publié le samedi 2 juin 2018  |  APA
Journée
© Abidjan.net par Mike Yao
Journée Nationale de la Paix à Yamoussoukro: Cérémonie de décoration des pionniers du grand centre
Vendredi 14 Novembre 2014. Fondation Felix Houphouet Boigny de Yamoussoukro. L`Association des Elus et Cadres PDCI-RDA du Grand Centre à l`occasion de la journée Nationale de la Paix a procédé a la décoration des pionniers du PDCI-RDA.


Quelques jours après le décès de l’accordéoniste Béhibro N’goran, plus connu sous le nom de N’goran la Loi, son village Konankorékro à Toumodi (201 km au centre) est encore sous le choc, l’artiste tradi-moderne Allah Thérèse, affligée par la perte de son époux et accompagnateur, annonce son retrait de la scène musicale ivoirienne.

Ce vendredi 25 mai, à Konankorékro, une bourgade à 20 km de Toumodi, l’atmosphère est, encore, lourde. Cinq jours plus tôt, le village venait de perdre l’un de ses fils. L’accordéoniste Béhibro N’goran dit N’goran la Loi, l’époux et l’accompagnateur de la célèbre artiste Allah Thérèse.

« C’est une grosse perte pour le village. C’est terrible pour la vieille (ndlr : Allah Thérèse », lâche notre guide, François Loukou. Dans la cour familiale, la douleur est extrême. Les visages graves, les yeux larmoyants, femmes, hommes et jeunes venus soutenir la famille éplorée, contiennent difficilement leur désarroi.

Devant la chapelle dressée où trône le poster du défunt, difficile de retenir les larmes à la vue de la veuve Allah Thérèse, le regard hagard, assise à côté de la chapelle.

« Une partie de moi vient de me quitter. Mes forces m’ont abandonnée. Sans N’goran la Loi, je ne serai plus en mesure de poursuivre la musique, notre musique », confiera plus tard, à APA, l’artiste bouleversée par le décès de son époux le 20 mai dernier.

Allah Thérèse et N’goran la Loi formaient un duo de la musique traditionnelle baoulé depuis plus de quatre décennies. La renommée du couple-musicien va au-delà des frontières nationales, dans une « complicité qui a régalé plus d’un », se rappelle François Loukou.

Cette complicité a été rompue par la traîtresse la mort qui a arraché à l’affection du village, N’goran la Loi (87 ans) et à Allah Thérèse son compagnon depuis 62 ans dont quarante-quatre années consacrées à la musique du terroir.

Pourtant des témoignages recueillis sur place à Konankorékro, l’époux et accompagnateur sur scène d’Allah Thérèse n’était pas « un grand malade ».

« Certes, il avait quelques petits ennuis de santé pour lesquels, le vieux se rendait souvent voir son médecin à Yamoussoukro. C’est d’ailleurs, en chemin pour Yamoussoukro où on le transportait suite à une dégradation de sa santé, que N’goran la Loi a rendu l’âme ce dimanche 20 mai », précise notre guide.

« Je ne pense plus avoir les ressources morales pour poursuivre », insiste entre deux sanglots, difficilement, étouffées l’artiste, soutenues par de nombreuses femmes.

Pour dame Madeleine Ahou, l’une des nombreuses femmes venues soutenir Allah Thérèse, « le décès de N’goran la Loi laisse un vide tant dans la vie de la vieille que sur la scène musicale et une perte pour le village qui continuera de le pleurer jusqu’aux obsèques officielles ».

Dans l’attente de ces funérailles qui pourraient avoir lieu en août prochain, Konankorékro assiste dans la pure tradition du peuple baoulé, la famille Béhibro et particulièrement, Allah Thérèse, réconfortée la veille par Lucien Kouamé N’dri, son dernier producteur tout aussi ’’ affecté par la disparition de cet homme affable’’ qui laisse ’’une artiste et une épouse dans la solitude’’.

HS/ls/APA
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