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Société Publié le lundi 28 décembre 2009 | Nuit & Jour

Enquête express - Fêtes de fin d’année - Quand les pétards se mêlent à la fête

Les détonations de pétards de plus en plus audibles pendant les fêtes de fin d’année sèment la panique à Abidjan. Les lanceurs et les victimes se partagent les responsabilités pendant ce temps les longues files d’attente devant les supermarchés augurent des jours des plus solennels et festifs.

Rosine Konan s’est évanouie en pleine journée du 25 décembre derrière son étal au quartier ‘’Chicago’’ à Cocody. Il est 10 h ce jour-là, quand une bande de garçonnet débarque dans le secteur les poches pleines et les mains chargées de pétards. Poh, Poh Boum ! Les pétards explosent. C’est le sauve qui peut général. L’adolescente de 18 ans ne supporte pas les odeurs suffocantes produites par les explosifs. Rosine craque, s’écroule et perd connaissance. Heureusement elle à la vie sauve grâce à l’intervention des voisins et elle reprend le cours normal de son activité. Pendant ce temps, la bande par laquelle le malaise est arrivé continue de lancer les pétards, tout en s’éloignant, sifflotant, sans même se rendre compte des dégâts qu’elle venait de causer.

Les pétards vendus en cachette

Un autre lieu, une autre scène, mais la date reste inchangée : le 25 décembre 2009 à Adjamé les 220 Logements. Une grande explosion se fait entendre et dame Gnahoré se sentant en danger commence à fuir. « Elle a certainement cru à la reprise de la guerre alors qu’un pétard appelé ‘’Tigre bison’’ venait d’être lancé par les adolescents. Même étant rappelé à la réalité, cette déplacé de guerre s’est souvenue exactement des moments de braises de la crise socio-politique », a reconnu un de ses proches. Les pétards communément appelés « bangers » font leur apparition à cette période de fête de fin d’année dans le District d’Abidjan. « Mais l’effervescence est au paroxysme dans les quartiers populaires » nous rappelle un jeune homme habitant Cocody ‘’la grande Ourse’’. Pour marquer l’approche de la fête de fin d’année les jeunes s’organisent. « Dans notre secteur, nous lançons des mitraillettes de 100 coups et on nous respecte », lance avec fierté Georges, un jeune collégien, qui par la même occasion défie sa cousine qui quant à elle, préfère les bangers connus sous le vocable de « papillons », « dynamiques » et « fusées ». Les pétards explosent en faisant un bruit semblable à un tremblement de terre. Les ‘’papillons’’ méritent bien leur appellation, à la forme de l’insecte, les feux d’artifices se cachent dans les emballages de couleur. Le banger « policier » fait un mouvement circulaire dans l’air avant d’exploser. Quand aux fameuses « fusées », elles produisent des explosions en s’éloignant. Il y a aussi des « toupies » qui s’élèvent en faisant des tourbillons. Au fait, où trouver les pétards et comment se les procurer ? La question est d’autant plus pertinente qu’il faut être discret. Les vendeuses qui les commercialisent à tous les coins de rue se camouflent désormais. Est-ce la crainte d’une répression ? Elles n’ont pas voulu en dire plus et pour cause selon ces vendeuses, le business des pétards à l’approche des fêtes est juteux. Le 24 décembre, il est 10 heures. Le nouveau marché à Saint-Jean grouille du monde plus que d’habitude. Peut-être normal, c’est la veille d’une fête et c’est parti pour la saison des achats à gogo. On se discute, on se lance des jurons et on avance : jouets en plastique, ustensiles pour cuisine et bien sur les pétards mais de façon officieuse. Sur l’alignement des vendeuses de draps, une jeune femme ne nous quitte pas des yeux. « Pour avoir des pétards, il faut être subtil et discret », nous a-t-elle chuchoté à l’oreille. La commerçante déballe un sachet noir qu’elle vient de sortir d’un carton sous la table en regardant de temps à autre de gauche à droite, un silence, puis, nous présente les différents pétards avec une sérénité qui n’est pas feinte. Ensuite, elle s’explique longuement sur sa démarche : « Nous ne pouvons faire ce commerce de la façon la plus ouverte. Toutefois la demande est certaine et l’on ne peut prétexter de l’interdiction de faire pêter les bangers a été officiellement levée mais il n’empêche, cela ajoute un cachet spécial à la fête pourvu que cela ne fasse pas de dégâts dans les rangs de nos enfants », a-t-elle conclu. Interdiction ou pas, le bruit des pétards a le mérite au moins d’annoncer la période des fêtes et les adolescents quelques peu insouciants ne se privent pas de cet évènement de mode.

Williams Arthur Prescot

Photo : Les adolescents en fête.

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