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Art et Culture Publié le samedi 27 février 2010 | Le Nouveau Réveil

Lutte contre la piraterie / Hilaire Zié Kamono Koné (président du Jccdci) : “Nous sommes prêts à arrêter la vente des CD piratés mais…”

Dans le cadre de la vaste campagne de lutte contre la piraterie annoncée récemment par le ministre de la Culture et de la francophonie d'alors, Augustin Kouadio Komoé, des voix se font déjà entendre et non des moindres. Les jeunes vendeurs de CD piratés réunis au sein d'une structure dénommée Jccdci invitent le Burida à un dialogue direct pour un compromis. Au cours d'une interview accordée à notre rédaction, hier mercredi 24 février, le président donne plus de précisions.

Jeunes commerçants de CD et des débrouillards de Côte d'Ivoire (Jccd-ci), telle est la dénomination de l'association que vous dirigez, Hilaire Zié Kamano. Depuis quand existe-t-elle et comment fonctionne-t-elle ?
Notre association existe depuis le 22 juillet 2008 mais pour l'instant dans l'informel. Elle regroupe jusqu'à ce jour un effectif de plus de 3400 vendeurs de CD dans la zone dite gouvernementale. Notre association a pour vocation l'intégration les jeunes diplômés sans emplois que nous sommes, dans le tissu socio économique. Réduire le nombre de délinquants et d'oisifs sur la place.

Pourquoi avez-vous donc choisi de vendre un produit illicite comme le CD piraté si vous tenez à réduire le nombre de délinquants ?
Nous ne vendons pas que les CD piratés, nous vendons également des articles divers. Chaussures, montres, ceintures etc… Mais il faut dire que les CD piratés sont venus nous trouver sur le terrain. Pour nous, il faut trouver de quoi à faire aux jeunes ivoiriens pour les mettre à l'abri du besoin dont l'urgence peut les conduire parfois au vol. Pour revenir au CD piraté qui fait partie de nos produits, nous avions entrepris des démarches depuis bientôt trois ans pour mettre fin à cette pratique malhonnête.

Le saviez-vous donc malhonnête, ce commerce, et vous êtes nombreux à le pratiquer au grand jour ?
Raison de plus pour le Burida d'accepter de discuter avec nous pour nous aider à mettre fin à ce boulot qui est devenu un gagne-pain pour beaucoup de jeunes ivoiriens. Nous sommes prêts à arrêter la vente de CD piratés, mais à condition que le Burida accepte de discuter avec nous.

Peut-on savoir qui sont vos fournisseurs en CD piratés ?
Il n'y a jamais eu de négociations préalables entre eux et nous pour mieux les identifier. Tôt le matin, ils peuvent s'installer soit à la gare d'Adjamé soit au rond point d'Abobo. C'est sur place que tu prends ton stock pour te retirer. Mais le plus important pour nous désormais, ce n'est pas qui est le fabricant, ou le fournisseur. Pour ceux qui se reconnaissent en mon association, nous disons qu'il est temps, grand temps d'aider nos frères artistes ivoiriens à vivre de leur art.

Président, pensez-vous maîtriser tout ce monde au cas où le Burida répondait favorablement à votre requête ?
Qu'on nous lance ce défi et on verra. Pour vous assurer que nous sommes prêts à collaborer légalement et honnêtement avec le Burida. Qui ne veut pas exercer son métier en toute tranquillité sans risques d'affrontement avec les agents des forces de l'ordre ? Quand je regarde des fois la télé avec ma femme et mes enfants et qu'on traque les pirates, j'ai honte. Surtout que ces artistes vicitmes sont nos frères pour certains, nos amis pour d'autres et nos idoles pour d'autres encore. Dans ces jours, nous avons décidé de lancer une campagne. Il s'agit de recenser à nouveau tous ceux qui, comme nous, sont prêts à se faire respecter.
Interview réalisée par Dieusmonde Tadé



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