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Faits Divers Publié le samedi 24 avril 2010 | Nord-Sud

Dimbokro : Un taureau sème la terreur

Juste avant d’être immolé, un taureau s’enfuit et écume cinq quartiers de Dimbokro, en blessant légèrement quelques personnes. Il finira par être abattu par un chasseur traditionnel.

La semaine dernière a été très éprouvante pour les habitants de Dimbokro qui ont assisté avec tristesse au rappel à Dieu de plusieurs personnes parmi les ‘’vieilles familles’’ Dioula de la capitale de l’ancienne boucle du cacao. Aussi, durant le week-end et malgré la grève des transporteurs, la diaspora ‘’dimbokrofouè’’ a afflué dans la cité pour les traditionnelles cérémonies de 7ème jour. Pour l’accueil de ses enfants et de leurs amis, et du culte rendu aux défunts, plusieurs familles éplorées ont acheté des taureaux. C’est le cas de la famille D, du quartier Sokouradjan qui a perdu son patriarche presque centenaire. Enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants ont immolé un superbe taureau en l’honneur de l’aïeul parti pour le repos éternel.
Qu’il était beau, ce taureau ! Un majestueux bovidé de couleur blanc-noir (‘’Sankaba michi’’, en Dioula), bien prisé pour les sacrifices. Des cornes imposantes en demi-cercle surplombant un crâne massif. Si son fanon ne balayait pas le sol comme le taureau de Mor Lame (Cf. Abdoulaye Sadji), sa masse présageait d’un festin proche (dimanche) pour les petits-fils qui se léchaient déjà les babines rien qu’en voyant l’animal dodu à souhait. Car le trépas de l’aïeul, c’est leur fête, une occasion de racketter leurs parents de fils et filles du défunt comme le prévoit la coutume.
Le samedi donc, on décide d’immoler le taureau. Cela évite les désagréments du lendemain, jour consacré à la cérémonie. Dès qu’il est détaché, l’animal, comme pris d’une folie subite, charge les bouchers qui détalent dans tous les sens et il prend la ville à son compte. Ainsi débute une course-poursuite à travers Dimbokro. L’animal, effarouché par les cris de ses poursuivants, entraîne ces derniers dans tous les quartiers. C’est le sauve-qui-peut général dans les rues qui se vident dès qu’on aperçoit le bovidé en furie. Qui, de temps à autre, lance un long meuglement et se retourne contre ses poursuivants pour charger. Et à chaque fois, ces derniers se dispersent dans tous les sens. « Le bœuf effarouché ne comprend plus le peul », dit l’adage. Effectivement, les bouviers peuls n’ont pu rien faire, eux qui sont censés connaître « le langage secret » des bœufs. Idem pour les bouchers dont certains étaient munis de solides cordes alors que d’autres couraient avec leurs couteaux en hurlant des mots compréhensibles que par eux-mêmes. Sans compter la meute d’enfants braillant de naïveté. Si bien qu’on se demandait si les gens fuyaient le bœuf ou ses poursuivants. Le taureau fit courir ainsi ses poursuivants de Sokouradjan à Kennedy en passant par Dioulakro, Komikro et Badasport. Très souvent en trottant en plein milieu de la chaussée, faisant dévier avec des crissements de pneus les taxis-ville qui, deux jours auparavant, avaient déserté les rues pour cause de grève. Il a fallu faire appel à un dozo qui, d’un coup de fusil, abattra le taureau, permettant aux bouchers de l’égorger pendant qu’il agonisait selon le rite musulman pour lui éviter le « Djoufa », c’est-à-dire impropre à la consommation pour les adeptes du prophète Mohammed. On pouvait alors ramener l’animal tué à la maison pour être dépecé, à la grande joie des enfants. Leur ‘’fête’’ est sauvée ! Auparavant, le taureau avait fait quelques blessés au nombre desquels certains de ses poursuivants. Heureusement sans gravité. Mais, quelle frayeur dans les quartiers !

Ousmane Diallo à Yamoussoukro
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