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Art et Culture Publié le mercredi 25 août 2010 | Fraternité Matin

Hommage : Hommage à Bernard Binlin Dadié le 30 Août au Palais de la Culture de Treichville

Bernard Binlin Dadié est l’écrivain ivoirien le plus emblématique. Tant sa production est féconde et son influence transcende toutes les générations depuis l’ère coloniale à nos jours. Négritudien dans l’âme et dans le sillage des Césaire, Senghor et autres Damas, son œuvre se distingue par la diversité de genres qu’il manie sans se fourvoyer. Avec une certaine aisance dans le récit (nouvelles, roman). Ouverte sur le monde, notamment, avec ses séjours dakarois et parisien, dans les années 1930. Mais bien trempée dans la tradition africaine, sa plume traduit à la fois une négation et une affirmation. Affirmation de l’identité africaine dont il vante les mérites, tout en stigmatisant les revers. Négation d’une assimilation béate de la culture occidentale dont il dénonce le complexe de supériorité.

Né à Assinie, au sud de la Côte d’Ivoire en 1916, et fils de Gabriel Dadié, compagnon de lutte du premier Président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, Bernard Binlin Dadié se distingue, par ailleurs, par son activisme politique. Qui, de toute évidence, transparaît entre les méandres foliotés de son abondante œuvre. Dadié répond d’une activité politique intense marquée par son militantisme au sein du Rda de Félix Houphouët-Boigny. Incarcéré en 1949, à Grand-Bassam, par l’administration coloniale avec des compagnons de lutte tels que Mathieu Ekra, Jacob Williams, il reste sensible à une thématique centrale: «assurer la libération totale de l’homme noir, par la lutte contre toute forme de colonialisme – politique ou économique».

C’est encore cette posture qui le fait militer, depuis la survenue de la crise militaro-politique, le 19 septembre 2002, en Côte d’Ivoire, au sein du Congrès national de la résistance pour la démocratie (Cnrd), proche de Laurent Gbagbo, et résolument contre toute forme de néo-impérialisme.

Bernard B. Dadié a l’avantage d’avoir livré à la postérité des œuvres du champ de la nouvelle, du roman, de la poésie, du théâtre et de l’essai. Toutes choses qui lui valent d’être doublement prix littéraire d’Afrique noire (Patron de New York, 1965 et La ville où nul ne meurt, 1968).

Sa poésie, se veut militante, et dit une appropriation décomplexée de son statut d’homme noir, comme en témoignent les vers:

«Je vous remercie mon Dieu de m’avoir créé Noir

Le blanc est une couleur de circonstance

Le noir, la couleur de tous les jours

Et je porte le Monde depuis l’aube des temps

Et mon rire sur le Monde, dans la nuit, crée le Jour »

Remi Coulibaly
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