Ce n'est plus qu'une question de jours. La dernière raffinerie de la Sir (Société ivoirienne de raffinerie) va fermer dans quelques jours. En effet, la seule unité encore en activité l'est par subterfuge. Habituellement, le traitement des unités est de l'ordre de 100 tonnes par heure selon des sources bien introduites. Mais à ce rythme, la dernière unité aurait fermé avant la fin de la première semaine du mois de mars. Il a donc fallut revoir à la baisse le régime de traitement. Cette réduction a amené la Sir à ne plus faire tourner l'unité à plein régime. La trouvaille, a été de faire tourner l'unité à 50 tonnes par heure. Objectif : Maintenir en vie cette unité pendant une période assez longue afin de donner l'impression que la Sir fonctionne toujours et que les sanctions de l'Union européenne n'ont pas eu raison d'elle. Cette réduction de régime de la seule unité encore en activité vise à contenter les refondateurs qui voient en la fermeture de cette unité, l'arrêt de l'usine. Ce qui équivaudrait inéluctablement à la fermeture de l'entreprise car celle-ci ne vaut que par ses unités qui raffinent le pétrole brut acheté au Nigeria ou en Angola. Cependant, à ce jour, le peu de pétrole brut est en train de tarir à cause du raffinage, malgré la réduction du régime de traitement. Les partenaires de cette entreprise qui devaient ''faire un geste'' ne se sont pas encore exécutés. Alors que la réduction du régime de traitement était aussi un moyen de bénéficier d'une quelconque aide qui s'avère de plus en plus hypothétique. La Sir est donc sur une corde raide et ce ne sont pas les procédés concoctés pour retarder sa mort qui porteront leurs fruits. Surtout que l'on révèle qu'il ne reste plus qu'une d'une dizaine de jours de vie à la dernière unité maintenue en activité pas par abondance de pétrole brut mais bien plus par ruse. Une certaine panique s'est alors emparée travailleurs qui ne peuvent s'empêcher de parler de chômage technique qui plane sur leur tête comme une épée de Damoclès. Ce chômage devient alors un passage obligé pour l'entreprise qui ne produit plus de recette. D'ailleurs, les effets se font sentir du côté de cette structure. Les sociétés sous-traitantes de la Sir ne bénéficient plus véritablement de marché, donc ne ploient plus sous le poids des tâches auxquelles elles s'adonnaient auparavant. Quant aux collaborateurs extérieurs (chauffeurs, secrétaires, agents du service communication, etc.), ils sont dans l'impasse. Certains parmi eux ont même enregistré une réduction de leurs émoluments. Les agents Sir ont alors perdu toute sérénité car conscients que face à l'absence d'entrée d'argent, la Direction générale sera contrainte de procéder à la mise ne chômage technique. Les difficultés sont vraiment énormes pour la Sir qui a de gros problèmes de liquidité et qui agonise de plus en plus.
Jean Eric ADINGRA
Jean Eric ADINGRA
