x Télécharger l'application mobile Abidjan.net Abidjan.net partout avec vous
Télécharger l'application
INSTALLER
PUBLICITÉ

Politique Publié le samedi 20 août 2011 | Le Patriote

Humiliations, refus de quitter le pouvoir, tueries massives des Ivoiriens, pillage de l’économie: Ce que Gbagbo a fait à Ouattara

© Le Patriote
Un jeune supporter du President Laurent Gbagbo, affiche les notes spécimen dans une monnaie fictive ivoirien, dans le quartier de Yopougon à Abidjan
C’est le monde à l’envers ! On tombe des nues voire à la renverse, à voir le bourreau se transformer en victime. On perd résolument son latin en regardant le victimaire vouloir s’ériger en innocent. Cet autre relais de la refondation a visiblement raté le coche en titrant « Ouattara, Gbagbo t’a fait quoi ?» A la vérité, pour les témoins de la vie nationale, la question devrait plutôt être celle-ci : « Gbagbo, Ouattara t’a fait quoi ? » Cette donne est conforme à la réalité, tant tout le long de son parcours politique, Gbagbo, le démocrate proclamé et le socialiste autoproclamé, s’est persuadé que son existence s’assumerait avec l’effacement voire la disparition du Président Ouattara. Un bienfaiteur par ailleurs. C’est un lieu commun d’affirmer que Laurent Gbagbo a fait beaucoup de torts à Ouattara. N’est-ce pas lui qui a résumé sa haine pour ADO en ces termes en décembre 2010 : « Ouattara et tous ceux qui le suivent ne seront jamais rien en Côte d’Ivoire ». Une méchanceté à nouveau exprimée, à la veille de l’élection présidentielle, devant les Ivoiriens médusés : « Ouattara n’a rien et il n’est rien ». C’est donner dans l’euphémisme que de dire que Gbagbo a fait trop de mal au nouveau président ivoirien. En novembre dernier, après avoir pris l’engagement, lors du face à face télévisé, de respecter le verdict des urnes, le patron de la refondation s’est braqué par la suite, refusant de reconnaitre sa défaite électorale. Il a tenté de confisquer les rênes du pouvoir, engageant le pays dans les voies sans issue du chaos et de la guerre civile. Pendant quatre mois, Ouattara et ses partisans ont vécu, cloîtrés, le blocus de l’Hôtel du Golf, ont été diabolisés par une télévision aux ordres. Les domiciles des cadres du RHDP et des FN ont été pillés et incendiés sans autre forme de procès par les jeunes dits patriotes de l’ancien président. Comme si cela ne suffisait pas, Gbagbo a levé des milices tribales et payé à prix d’or, des mercenaires libériens et angolais qui ont tué les militants de l’opposition. Au bas mot, on a enregistré plus de 3000 morts lors de la crise post-électorale. Sentant sa chute inéluctable, Gbagbo a choisi de décimer et de détruire la Côte d’Ivoire. A l’aide d’armes lourdes et d’obus, il a défiguré totalement le pays, avec pour ambition suprême, de gâcher le mandat de Ouattara et de lui donner un pays en ruines et en vestiges. Non sans distribuer des armes dans tout le pays, opposant les Ivoiriens les uns aux autres. En quatre mois de guerre, Gbagbo a porté un coup d’arrêt à l’économie nationale. Bien avant, pendant dix ans, il a fait voir de toutes les couleurs au patron des républicains. Après avoir bénéficié des largesses de Ouattara, qui lui a offert argent sans calcul et dit en 1995 que « traiter le Premier ministre Ouattara d’étranger est indigne et honteux » et qu’il « porterait plainte contre le Pdci », Gbagbo est venu dire autre chose en 2000. Sans prendre de gants, il a lancé à l’endroit de Ouattara : « la Présidence de la République de Côte d’Ivoire n’est pas un poste pour les retraités des autres pays. Ouattara n’est pas Ivoirien. On ne peut pas être ceci et cela à la fois ». En septembre 2000, Gbagbo avouait publiquement encore avoir demandé à Robert Guéi d’éliminer ADO de la compétition électorale. « C’est moi qui ait demandé à Guéi d’invalider la candidature de Ouattara. Si elle était acceptée, je n’hésiterais pas à faire descendre mes partisans dans la rue », a-t-il déclaré. En novembre 2000, au lendemain du charnier de Yopougon, il humiliait davantage Ouattara au stade Félix Houphouët Boigny à la faveur de la journée des martyrs. Le leader des républicains qui voulait donner un signal fort à la réconciliation, a fait le déplacement. Il a été mal inspiré. Hué et conspué par les patriotes de Blé Goudé Charles qui ont manqué de le lyncher, il a été ridiculisé par Gbagbo qui l’a présenté comme « le nageur dont on voit le dos et qui croit qu’on ne le voit pas ». En 2001, il a poursuivi dans la politique de diabolisation de son adversaire politique, a qui il a attribué sans preuve, les complots de « la Mercedes noire » et de la cabine téléphonique ». Après les humiliations, Gbagbo et les siens ont décidé d’attenter carrément à la vie de Ouattara. Dès l’éclatement de la guerre en septembre 2002, Ouattara a échappé de justesse aux escadrons de la mort lancés sur son domicile, pillé, saccagé et incendié, et son aide de camp, le capitaine Dosso, froidement abattu. En définitive, Ouattara n’a eu la vie sauve qu’en s’exilant en France, assistant impuissant au massacre de ses militants et sympathisants. Le comble de l’ignominie aurait été l’exhumation de la dépouille de sa mère par les « patriotes » au service de Gbagbo. Et ce n’est pas tout. Dès le lancement de la dernière campagne présidentielle, Ouattara a subi une fois de plus, les foudres de Gbagbo et son camp qui l’ont vilipendé, traité d’apatride et de « candidat des étrangers ». Si les frontistes n’ont plus de mémoire, les Ivoiriens eux, ne sont pas amnésiques, qui ont retenu que pendant la décennie de pouvoir de Gbagbo, l’unique programme de gouvernement était l’élimination physique de Ouattara. Mais ce dernier, en digne fils de Félix Houphouët Boigny, donc attaché aux valeurs de paix, de fraternité, de pardon et de réconciliation, leur a donné une véritable leçon de vie, en protégeant l’intégrité physique de Gbagbo après sa capture le 11 avril dernier. Mieux, il tend la main à ses proches et partisans, dans sa quête de reconstruction de la Côte d’Ivoire. A défaut de le reconnaître, il faut arrêter de falsifier notre histoire commune, en tentant de transformer Gbagbo le bourreau en une victime voire en un ange. L’indécence a des limites. Tout de même !
Bakary Nimaga

Réagir à cet article

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Politique

Toutes les vidéos Politique à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ