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Politique Publié le samedi 20 août 2011 | Nord-Sud

Enquête du procureur de la République - Pourquoi la justice choisit les crimes économiques

Le fait que les juges d’instruction des tribunaux de Korhogo et d’Odienné ont choisi d’inculper Laurent et Simone Gbagbo pour crimes économiques a dérouté plus. Et pourtant !

Et les 3000 morts de la crise post-électorale ? Pour la première inculpation de l’ancien couple présidentiel, des Ivoiriens s’attendaient à du béton. Ils pariaient notamment une inculpation soit pour atteinte à la sûreté de l’Etat, soit pour crime de sang. In fine, le menu fretin que leur ont proposé les juges de Korhogo et d’Odienné a été une inculpation pour crime économique. Ce qu’il faut savoir, c’est que ce choix obéit aussi bien à la volonté du chef de l’Etat, Alassane Ouattara que de la chancellerie qui voudrait laisser le soin à la Cour pénale internationale (Cpi) de se charger des questions se rapportant aux crimes de sang, dans la crise ivoirienne. En l’espèce, il n’y a rien de surprenant puisque, si l’on se réfère à l’histoire, on se rend compte que cette solution a fait recette ailleurs, en l’occurrence dans les nations qui ont connu une crise aussi profonde que celle de la Côte d’Ivoire. C’est notamment le cas de la Sierra-Léone, du Cambodge, de
Timor ou du Rwanda. Pour juger les personnes suspectées d’avoir commis des crimes de sang, la communauté internationale a dû voler à la rescousse de ces pays. C’est ce qui a valu, par exemple, la création d’un tribunal spécial pour la Sierra-Léone qui poursuit l’ancien président libérien, Charles Taylor. Mieux, ce choix n’est pas forcément lié aux capacités économiques du pays. Au terme de la crise grave qu’a connue l’ex-Yougoslavie, c’est le même principe qui a guidé
la traduction des auteurs de crimes contre l’humanité devant la justice. Là aussi, un tribunal spécial dont le siège est généralement dans un pays tiers, a été créé. Ce schéma a le mérite de voir les auteurs de crimes ou les personnes suspectées de s’être livrées à des actes abominables, d’être jugées dans la sérénité. Surtout que les implications dans ce genres de faits, sont si complexes qu’il paraît, quasi impossible aux juridictions nationales de tirer leur épingle du jeu. Le tribunal spécial pour la Liban, crée en 2005, pour tirer au clair, l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, est le témoignage de ce qu’attend Alassane Ouattara de la communauté internationale concernant les 3000 morts de la crise post-électorale. Selon toute vraisemblance, la justice ivoirienne, traitera les cas d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de crimes économiques. Quand elle aura fini sa partition, elle va laisser le champ libre à la Cpi de s’occuper des auteurs de crimes contre l’humanité. C’est d’ailleurs ce qui pourrait expliquer la célérité avec laquelle les enquêtes sont conduites. Au besoin, la Cpi pourra emmener le clan Gbagbo à son siège, à la Haye, au Pays-Bas comme c’est le cas de Charles Taylor.

Marc Dossa

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