x Télécharger l'application mobile Abidjan.net Abidjan.net partout avec vous
Télécharger l'application
INSTALLER
PUBLICITÉ

International Publié le lundi 24 octobre 2011 | L’intelligent d’Abidjan

Les Palabres de JANSEE - Chronique de l’Actualité Africaine et Internationale

Paul Biya rempile pour 7 ans au Cameroun ; la Tunisie veut une nouvelle constitution ; l’après-Kadhafi incertain en Libye

Selon les résultats proclamés, vendredi dernier, par la Cour suprême siégeant en lieu et place du Conseil constitutionnel, le président sortant, Paul Biya, l’emporte avec 77, 9% des suffrages, largement devant l’opposant historique Ni John Fru Ndi qui totalise 10, 12%. Cette victoire du candidat-président du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, Rdpc, est donc plus significative que pour la première fois dans l’histoire du pays, la diaspora camerounaise participait également au scrutin. On aurait donc pu s’attendre à ce que cette diaspora généralement étiquetée comme étant plus hostile au pouvoir d’Etoudi, pèse de tout son poids lors de l’élection du 9 octobre dernier. Il n’en a rien été. De là à penser que nombre des Camerounais de la diaspora, qui tiennent souvent des discours subversifs à l’encontre du régime de Paul Biya, ont une autre attitude quand il faut exprimer dans l’urne ses volontés…Il n’y a qu’un pas que certains observateurs ont allègrement franchi. Certes, l’opposition camerounaise avait, dans une espèce d’énergie de désespoir, tenté de faire entendre sa voix au lendemain du scrutin, dénonçant quelques malversations ici et là, prétextes à l’annulation de cette élection. La déclaration de Yaoundé, signée par sept partis de cette opposition allait dans ce sens. La Cour suprême, après avoir attentivement analysé et étudié différentes requêtes de l’opposition, a purement et simplement décidé de les rejeter. De toutes les façons, il n’y avait guère de véritable suspense quant à la réélection de Paul Biya. Le président et son parti, le Rdpc, concentrent tous les moyens nécessaires pour mener une campagne efficace. Par ailleurs, Paul Biya, qui n’avait pas hésité à donner l’ordre à l’armée de tirer sur les jeunes scolaires et universitaires qui manifestaient en février 2008 à la fois contre la vie chère et la modification de la Constitution, sans la moindre réprobation de la communauté internationale, est clairement apparu comme le candidat de cette dernière. Probablement du fait de la stabilité et d’une certaine liberté d’expression que le doyen des chefs d’Etat de l’Afrique francophone a réussi a restaurer dans ce pays dont on dit souvent qu’il est une Afrique en miniature. Du coup, la communauté internationale qui craint que la sous-région CEMAC ne connaisse une quelconque perturbation, et qui pourrait avoir des répercussions incalculables sur les intérêts occidentaux dans cette partie de l’Afrique, a misé sur la continuité avec Paul Biya plutôt que tenter l’aventure avec un inconnu. Tant il est vrai que l’opposition camerounaise n’arrive toujours pas à se trouver un leader charismatique, comme l’était Um Nyobè avec l’Union des populations du Cameroun, l’UPC. Reste à savoir ce que Paul Biya, arrivé au pouvoir en 1982 à la suite de la démission du père fondateur de la nation camerounaise Ahmadou Ahidjo, va pouvoir redresser durant les sept ans à venir le développement socio-économique du Cameroun. A son départ, le prédécesseur de Paul Biya avait laissé au Cameroun une croissance économique à deux chiffres. Le pays étant respecté non seulement par ses voisins mais dans le monde. Aujourd’hui, le pays peine à atteindre les 4% de croissance économique pendant que le chômage gangrène la société, notamment le chômage des jeunes, de même que l’emploi informel. Et pourtant, le potentiel du Cameroun est incontestable, en matière agricole, d’élevage, de minerais et de ressources intellectuelles. Le pays ne compte plus une seule salle de cinéma et ses infrastructures sportives laissent à désirer. Ce qui est un comble pour un pays qui a été le premier quart de finaliste africain à une coupe du monde de football et qui a remporté à plusieurs reprises la Coupe d’Afrique des Nations, la CAN, même s’il sera absent à celle de 2012 au Gabon et en Guinée équatoriale. Question de volonté politique? Assurément. Le président Paul Biya, réputé pour passer davantage de jours à l’étranger qu’il ne s’occupe des préoccupations des Camerounais, a du pain sur la planche.

La Tunisie cherche nouvelle constitution
Elle aura donc duré quelque neuf mois. La transition entamée par la Tunisie, au lendemain de la révolution de Jasmin qui a chassé du pouvoir l’ancien président Ben Ali, a officiellement pris fin hier, 23 octobre, avec l’élection d’une Assemblée constituante. Les 7 millions de Tunisiens de l’intérieur et de l’étranger qui ont participé au scrutin, étaient appelés à élire 217 membres de l’Assemblée constituante dont la mission sera d’élaborer une nouvelle constitution. Une loi fondamentale qui devrait répondre aux aspirations du peuple tunisien, les femmes et les jeunes notamment, à davantage de liberté et de démocratie. Seulement, plusieurs inconnues restent à lever. D’abord, le rôle du parti islamiste Ennhada, dont les tendances sont clairement pour la restauration de la Charia, la loi islamiste, comme socle constitutionnel. Par ailleurs, les femmes et les jeunes étaient en première ligne de la révolution du Jasmin. La future constitution tiendra-t-elle compte de cette réalité? Enfin, quelles seront, à terme, les relations entre Tunis et la communauté internationale, surtout si la Tunisie fait de la Charia l’épine dorsale de sa nouvelle constitution? Quoi qu’il en soit, la ville de Sidi Bouzid, d’où est partie la révolution de Jasmin espère énormément que sa jeunesse, dont entre 16 et 20% est frappée par le chômage, retrouvera rapidement un emploi digne et durable. Autant dire que la Tunisie, si elle a réussi à se débarrasser de Ben Ali, a encore beaucoup à faire pour se rassurer et rassurer la communauté internationale. La fin de la transition n’a pas levé toutes les inquiétudes quant à la rupture avec le passé et au choix, inconditionnel, d’un avenir démocratique.

Les incertitudes de l’après-Kadhafi en Libye
Autre pays qui va sombrer dans l’incertitude, la Libye. Passée la vengeance qui a conduit à l’élimination physique de l’ancien guide, Mouammar Kadhafi et de son fils Muatassim, le retour à la réalité pourrait bien être plus difficile qu’il n’y paraît. D’abord, il faudra clarifier les circonstances de la mort de l’ancien maître de Tripoli et de son fils. C’est d’ailleurs ce que tentent de demander les Nations Unies, via l’ouverture d’une enquête. Surtout, il va falloir savoir taire les tensions rivales au sein même du peuple libyen, entre différentes régions, sans oublier celles qui cohabitent au sein du Conseil national de transition, le CNT. Cette espèce de conglomérat où l’on retrouve à la fois des islamistes purs et durs, des libéraux, mais aussi des partisans de la restauration de la monarchie. Enfin, les images assez humiliantes de la dépouille de Mouammar Kadhafi et de celle de son fils, exposées dans la morgue de l’hôpital de Misrata, ont choqué des musulmans bien au-delà des frontières de la Libye. La coalition de l’OTAN, dont les principaux membres espèrent rapidement avoir les retombées de l’action menée contre le régime de Mouammar Kadhafi, notamment pour la reconstruction du pays et la redistribution de la manne pétrolière, risque de heurter les sensibilités de certains extrémistes libyens mais également des membres de la Ligue arabe. Et puis, les exemples de l’Irak ou de l’Afghanistan sont encore trop présents pour ne pas en tenir compte.

A la prochaine pour de nouvelles palabres !

Contact: jansee2@voila.fr
Par JANSEE
PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Titrologie

Toutes les vidéos Titrologie à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ