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Société Publié le samedi 7 avril 2012 | L’intelligent d’Abidjan

Pscn / Quelques mois après sa nomination : Guy Hervé Pillah, le coordonnateur national fait le bilan

Le coordonnateur national du Programme du Service civique national (Pscn) Guy Hervé Pillah s’est ouvert à l’IA pour faire le point de ses actions.

Comment se porte le Programme du service civique national ?

Le Programme du Service civique national se porte très bien. Nous avons organisé dès janvier 2012, un atelier en vue de définir les objectifs et la stratégie d’intervention pour 2012.

Au cours du premier trimestre 2012, nous avons signé un certain nombre de conventions afin d’assurer la pérennité des activités que nous offrons aux jeunes. C’est ainsi que nous avons signé des conventions avec le Fonds National de Solidarité pour la promotion d’emploi-jeune, afin de permettre le financement des projets de vie de nos bénéficiaires. En plus de cela, nous avons signé une autre convention avec l’Agefop afin de donner un label à la formation dispensée au Pscn. L’une des choses qui a manqué dans la procédure de l’insertion des jeunes, depuis la création du Pscn, c’est le suivi-accompagnement. C’est pourquoi nous avons signé une convention avec l’Union des villes et communes de Côte d’ivoire (Uvicoci) et l’Association des districts et départements de Côte d’Ivoire(ADDCI), pour permettre de proposer des filières porteuses d’insertion durable et assurer un tutorat par les élus locaux. Les quatre premiers mois de l’année 2012 ont donc été utilisés à cette fin pour s’assurer de la balise des activités que nous proposons aux 2181 jeunes que nous avons formés entre octobre 2011et février 2012, en vue de leur réinsertion.

Comment avez-vous été porté à la tête du PSCN ?

Je suis ingénieur agroéconomiste formé à l’Institut national polytechnique de Yamoussoukro.

Avant d’être coordonnateur du Pscn, j’ai occupé plusieurs postes de responsabilités dans des structures privées. Je suis arrivé à ce poste en tant que coordonnateur adjoint, quand M. Bogolo a été nommé coordonnateur national par le ministre de la Promotion de la jeunesse et du service civique, M. Alain Lobognon, par arrêté n°102 du 18 juillet 2011. Avant cela, il était l’adjoint du premier coordonnateur du Pscn, M. Malan Jean-paul, nommé, par arrêté du Premier ministre Guillaume Soro. C’est fort du travail que j’ai accompli pendant cette période que j’ai été proposé au poste de coordonnateur national. C’est donc cette fonction que j’occupe depuis le 7 octobre 2011.

N’avez-vous pas été parachuté ?

Je n’ai pas été parachuté et je me retrouve dans une structure où j’ai exercé en tant que Coordonnateur adjoint et dans un domaine pour lequel j’ai de l’expérience.

Le Pscn serait devenu une caisse noire du Ministre Alain Lobognon depuis que vous avez pris les rênes de cette structure?

Le Programme du service civique national est ouvert à tous les contrôles. A ma prise de fonction, j’ai demandé que tous les ordres de payement émis par mon prédécesseur, soient bloqués afin que j’en fasse moi-même un contrôle minutieux. C'est-à-dire, vérifier les faits et l’effectivité des travaux avant régularisation. Sur le reste à payer des mandats émis par mon prédécesseur, s’élevant à plusieurs centaines de millions, 7% ont été régularisés à ce jour.

Le reste est encore à la vérification avant règlement. C’est peut-être parce que j’ai bloqué des payements sur lesquels il y avait sûrement des ristournes à reverser, que nous faisons l’objet d’æattaques récurrentes. Nous tenons cette information de fournisseurs qui nous ont révélé qu’ils versaient des commissions de 10 % sur chaque facture. Aucun des fournisseurs du Programme du service national n’a de relations particulières avec moi.

Lorsque je suis arrivé, j’ai tout de suite demandé que la gestion des fournisseurs soit transférée à une nouvelle personne afin d’éviter les effets d’habitude. C’est ce qui a été fait. Tous les états d’exécution de budget sont là. Vous pouvez les consulter à tout moment.

Depuis votre prise de fonction, combien de jeunes, avez-vous réinséré ?

Il ne s’agit pas pour nous de faire la course aux chiffres. Par le passé, le Pscn insérait ses bénéficiaires formés en délivrant en majorité des kits d’installation individuelle. Cette politique a montré ses limites. Allez-y sur le terrain aujourd’hui pour faire un état des lieux des personnes dites réinsérées et qui sont encore en activité. Vous serez très déçu. Il s’agit pour nous aujourd’hui, de mettre en place de véritables coopératives, de petites entreprises pour permettre à ces jeunes de se prendre véritablement en charge. C’est maintenant le moment pour nous d’ouvrir de nouveaux sites, des chantiers-écoles et de permettre aux jeunes que nous avons formés de participer eux-mêmes à la mobilisation de ressources nécessaires au financement de leurs projets de vie. Cela se fera à travers ce que nous avons appelé les villages agro-pastoraux où les jeunes approfondiront la connaissance de leurs métiers et mobiliseront les ressources relatives à leurs apports initiaux pour leurs projets de vie auprès des institutions bancaires.

Selon certaines informations, le Pscn n’est pas habilité à signer des conventions alors que vous l’avez fait. Aujourd’hui, d’aucuns racontent que cela n’a porté aucun fruit ?

Je mets cela sur le compte de la méconnaissance des faits. En effet, c’est en vain que mon prédécesseur a tenté de signer des conventions. Alors qu’au cours du premier trimestre 2012, nous en avons signé 4. Comme je l’ai dit, nous allons commencer les activités. Nous allons ouvrir des sites. Avec l’Uvicoci, nous avons monté des projets de vie qui consistent à offrir aux jeunes formés, un terrain sur lequel ils auront droit de propriété. Les années précédentes, l’on a installé des jeunes sur des terrains qui ne leur appartenaient pas. Et après deux à trois mois, ces jeunes ont été déguerpis par les propriétaires terriens. Aujourd’hui, nous voulons que l’activité de ces jeunes soit pérennisée sur les sites sur lesquels on va les installer. Vous savez, il ne s’agit pas pour nous de faire la course aux chiffres comme je l’ai dit plus haut, mais plutôt d’œuvrer pour une insertion durable de nos cibles.

Quel est l’état des relations entre le Pscn et les partenaires extérieurs notamment la Banque mondiale et le Pnud ?

Nous sommes en de bons termes avec les partenaires extérieurs. Nous sommes en train de travailler sur un projet avec le Pnud, l’Onudi et l’Union européenne. Nous avons eu une séance de travail avec le coordonnateur du projet de l’Union européenne à la suite de laquelle nous devons lui porter un dossier en vue de la réinsertion des jeunes. Avec le Pnud, nous participons en relation avec le ComNAT-ALPC à la sensibilisation et l’insertion des déposants volontaires d’armes. Nous sommes acteur dans l’exécution du projet pour le dépôt volontaire des armes à travers les fonds mis à la disposition du Pnud par le Japon.

Nous remercions au passage un de nos partenaires, l’ONUCI-DDR.

Comment avez-vous trouvé le Pscn à votre arrivée ?

Il n’est pas question pour nous de porter un jugement sur nos prédécesseurs. Mais, je peux vous dire que nous avons découvert des choses pas claires.

Mais pourquoi la coordination est aujourd’hui constituée de 15 personnes au lieu de 6 comme le recommande les textes ?

Sachez que l’organigramme que nous avons est le même qui existe depuis la création du programme. La Coordination est composée du coordonnateur national, du coordonnateur adjoint et des 4 chefs de division. Cela fait six personnes auxquelles il faut ajouter le conseiller spécial du ministre auprès du programme. Ce dernier n’est pas un membre de la coordination, mais un fonctionnaire détaché par le ministère pour s’assurer de la conformité des actes posés avec la politique définie par la tutelle.

Entretien réalisé par Touré Abdoulaye
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