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Art et Culture Publié le samedi 26 mai 2012 | Présidence

Fête des mères : Mme Henriette Dagri-Diabaté, Grande chancelière de l`Ordre national aux récipiendaires : "Vous avez été des modèles et vous avez inspiré des vocations"

© Présidence Par FN
Grande chancellerie de l`Ordre national: les pionnières de la République décorées par Mme Henriette Dagri-Diabaté
Jeudi 24 mai 2012. Abidjan. Résidence Paul-Emile, en Zone 4C. La Grande chancelière de l`Ordre national, Prof. Henriette Dagri-Diabaté élève dans l`Ordre du mérite, une centaine de femmes pionnières, parmi lesquelles, les veuves Séry Koré, et Germain Coffie Gadeau, et les artistes Allah therese et Marie Rose Guiraud (Commandeurs)
Le jeudi 24 mai 2012, à la Résidence de la doyenne Paul-Emile, à Abidjan-Bietry, la Grande chancelière de l`Ordre national, Mme Henriette Dagri-Diabaté a décoré une centaine de femmes pionnières. Nous vous proposons en intégralité son allocution.



Monsieur Le Premier Ministre,
Madame la représentante de La Première Dame Madame Dominique OUATTARA,
Messieurs les Présidents d’Institutions,
Monsieur le Ministre chargé des relations avec les Institutions,
Mesdames et Messieurs Les Ministres,
Honorables élues du Peuples, Mesdames et Messieurs Les Députés,
Monsieur le Gouverneur,
Mesdames et Messieurs les Maires,

Chères sœurs récipiendaires.

Avant tout, je voudrais m’acquitter d’un agréable devoir : celui de vous transmettre les chaleureuses et affectueuses salutations ainsi que les félicitations de vos enfants, Alassane et Dominique OUATTARA, qui regrettent très sincèrement ne pas pouvoir être présents, en personne, avec nous pour vous célébrer.

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Avec votre permission, je voudrais remercier Mme Paul-Emile pour nous avoir ouvert grandement les portes de son magnifique domaine. Que le Ciel la comble de ses bienfaits, elle et toute sa famille.

Je salue également les marraines de notre cérémonie : mesdames les ministres Jeanne Gervais, et Hortense Aka Anghui. Ensemble, nous nous sommes penchées sur les listes. Ce qui m’a permis de rattraper quelques omissions et de retrouver le chemin de plusieurs domiciles.

Quant à vous chers parents et invités,

Je suis très fière de vous voir tous réunis autour de vos Tanties et vos Mamans. Je vois dans votre présence deux vérités principales : votre attachement à la cause des femmes en général, et votre respect pour la mère en particulier. Je vous en remercie du fond du cœur.
Chères sœurs,

Je suis sûre que chacune d’entre vous est heureuse de retrouver un visage perdu de vue depuis longtemps. Mon bonheur à moi est le double, le triple, le quadruple même du vôtre. Je vous remercie infiniment de m’avoir fait l’amitié de surmonter vos indisponibilités pour répondre à mon invitation.

J’ai une pensée spéciale et fraternelle pour celles qui n’ont pas pu se déplacer.

En la mémoire de celles rappelées à Dieu, dont Mme Georgette OUEGNIN qui devait être avec nous ce matin, je demande d’observer une minute de silence.

Très chères sœurs, chers amis, chers enfants,

Faisons un retour en arrière dans l’histoire et imaginons la Côte d’Ivoire d’il y a quelques décennies.

En ce temps là, avant les indépendances et peu après, les femmes diplômées, les femmes éduquées dans la modernité, celles qui osaient prendre des initiatives économiques, politiques, artistiques étaient rares. Elles n’avaient pas de modèle à suivre. Il fallait tout créer, tout inventer et avancer.

En ce temps là, les sages-femmes, les institutrices étaient pour la plupart des missionnaires, perdues dans un coin de brousse, parfois livrées à elles mêmes, sans moyens, face à des obstacles de toutes sortes.

Ce temps là, c’était votre temps.

Ces femmes qui ont fait naître, dans des conditions difficiles, des milliers d’enfants, C’EST VOUS !

Ces femmes qui ont fait découvrir les premiers mots de « Mamadou et Bineta » à des milliers d’enfants, C’EST ENCORE VOUS !

Ces mères courage, qui ont bravé les colons, pour marcher sur la prison de Grand-Bassam, C’EST ENCORE ET TOUJOURS VOUS !

Vous avez ouvert des voies en prenant des initiatives.
Vous avez été des modèles et vous avez inspiré des vocations,

Vous êtes les pionnières, celles qui ont accouché de la Côte d’Ivoire contemporaine.
Au nom de tous les enfants de la République, aujourd’hui pères, mères, grand-pères ou grand-mères, à qui vous avez permis de vivre, à qui vous avez appris à lire et à écrire, au nom de ceux pour qui vous avez consenti des sacrifices et au nom des personnes que votre exemple a édifiées, je vous dis notre fierté. Vous n’avez pas vécu inutile.

Tous vous réservent dans leur mémoire et dans leur souvenir la place la plus tendre et la plus chaude, la place de l’amour.

Chères sœurs,

Ainsi donc, vous avez planté l’arbre de la Nation Ivoirienne, vous avez semé le goût du progrès. Vous êtes les vecteurs de premier choix de la Côte d’Ivoire moderne, les accélérateurs de l’émancipation de la femme dans nos sociétés. Par votre engagement social et politique, vous avez mérité de la Nation.

Et pourtant, malgré tout cela, je constate que vous êtes des oubliées des distinctions. En effet, à l’exception de quelques unes d’entre vous, à qui nous remettrons tout à l’heure les certificats de leur décoration, malgré vos compétences reconnues depuis longtemps et votre position de SUPER MAMANS de la République, c’est la première fois que vous allez recevoir une reconnaissance de la Nation.

Chères sœurs, chères aînées,

Je sais que vous avez attendu ce moment avec parfois quelque dépit. Les petites rancœurs qui ont pu vous habiter étaient légitimes. Mais, soyez rassurées : les choses ont changé.
La cérémonie de ce matin s’inscrit dans la trame de la nouvelle politique mise en œuvre par le Président Alassane Ouattara et qui vise à renforcer les Institutions de la République.
Pour ce qui nous concerne, la Grande Chancellerie, elle recherche depuis bientôt un an, les voies et moyens de répondre de façon plus adaptée à la demande légitime de reconnaissance qui monte du cœur de tous ceux qui ont mérité de la Nation. Nous cherchons à repositionner notre Institution dans la conscience des Ivoiriens et des Ivoiriennes et au service de l’Etat de droit et de la réconciliation nationale.

En fait, les attributions de la Grande Chancellerie n’ont changé ni dans le fond, ni dans la forme. C’est notre façon de les traduire en acte qui peut paraître nouvelle.

Mesdames et Messieurs,

Notre approche ce matin se veut réparatrice. Et pour faire bonne mesure, nous avons pris trois dispositions.

Premièrement, eu égard à la grande « jeunesse » des récipiendaires, il nous a paru juste de proposer à celles qui seront distinguées pour la toute première fois, l’économie de l’étape du grade de chevalier.

Deuxièmement, il reste évident que les décorées de ce matin ne représentent qu’une infime partie des pionnières. C’est ainsi que désormais, si Dieu le veut et si les femmes le veulent, nous ferons de la Fête des Mères la fête de la reconnaissance du mérite féminin.

Troisièmement enfin, nous ferons en sorte que les prochaines éditions soient plus ouvertes à nos sœurs de l’intérieur, à nos sœurs plus jeunes, choisies dans des couches sociales plus diversifiées.

Nous le ferons ; car il est juste et bon de reconnaître le mérite de ceux qui, comme les récipiendaires de ce jour, ont su répondre à l’appel du devoir.

Mais soyons modestes et reconnaissons avec Balzac que :"Dieu seul, tout-puissant, peut donner des récompenses proportionnées aux mérites !"

Bonne fête à toutes les Pionnières de la Nation,
Bonne fête à toutes les Mères de Côte d’Ivoire,
Bonne fête à toutes les femmes,
Pour le bonheur des Enfants, des Frères et des Epoux.

Je vous remercie.

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