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Art et Culture Publié le mardi 11 décembre 2012 | Le Patriote

Ebony 2012 : L’interviw qui a fait la différence

© Le Patriote Par DR
Activités gouvernementales : Dagobert Banzio en Indonésie
Photo : le ministre du Commerce, Dagobert Banzio à Djakarta (Indonésie)
Rediffusion Interview/Dagobert Banzio (Ministre du Commerce) : “Les commerçants finiront par respecter leur signature”

Dans le cadre de la lutte contre la cherté de la vie, le gouvernement du Premier ministre Ahoussou Jeannot a pris certaines mesures pour faire baisser les prix des denrées alimentaires. Maître d’ouvrage de l’application de ces 11 mesures, le ministre Dagobert Banzio, dans cet entretien, dit tout sur ces nouvelles mesures qui feront baisser le prix des denrées de grande consommation dans un délai de trois mois. Cette interview que nous vous reproposons, a permis au Patriote de remporter le prix Jean-Pierre Ayié de la meilleure interview de l’Ebony 2012.
Le Patriote : Dans le cadre de l’application des 11 mesures contre la cherté de la vie, vous avez signé un protocole d’accord avec les acteurs de la filière riz. Que gagnent la ménagère, le grossiste et le détaillant avec ce protocole ?
Dagobert Banzio. Il faut d’abord situer le contexte. Ce protocole d’accord intervient dans le cadre de la lutte contre la cherté de la vie. C’est toute une série de mesures que le président de la République a fait prendre. Ces mesures concernent le riz, le sucre, le lait, la tomate concentrée, l’huile de table, les produits vivriers, la viande bovine et le bétail, le poulet, le poisson et le gaz butane. Vous parlez du riz. C’est qu’au niveau du riz, de façon générale, la Côte d’Ivoire consomme 1.600.000 tonnes par an, importe 1.000.000 de tonnes et produit 600.000 tonnes. Dans ce qui est importé, il y a 60 % de riz de grande consommation et 40 % de riz de luxe et de semi luxe. Dès la sortie de crise, le président de la République a instruit le gouvernement, sous la supervision du Premier ministre, nous avons mené des négociations avec les importateurs de riz qui ont abouti à un protocole d’accord sur le riz de grande consommation qui était notre objectif premier. Le protocole fixe donc le Kg de riz de grande consommation à 297 FCFA. Au terme donc de ce protocole, et jusqu’à aujourd’hui, le prix du riz de grande consommation est largement inférieur à 300 FCFA. Dans certaines surfaces, c’est à 280 FCFA le Kg, dans d’autres, c’est 300 FCFA le Kg. Mais le riz de luxe et le semi-luxe qui sont les variétés de riz prisées par les Abidjanais n’avaient pas été prises en compte dans la première convention que nous avons signée. Le Président de la République ayant été saisi de la question, nous a instruit à nouveau de prendre en compte toutes les catégories de riz. Cette fois, il ne s’agit plus du riz de grande consommation, mais de toutes les qualités de riz. Nous avons signé ce deuxième protocole. Pour l’heure, nous pouvons dire qu’avec ce protocole, nous avons obtenu une baisse significative de 2 à 10 %. Pour le riz de grande consommation qui était entre 300 et 340 FCFA, nous l’avons obtenu entre 280 FCFA et 317 FCFA par rapport donc au coût qui existait. C’est une baisse. Le riz semi-luxe qui est celui pour lequel il n’y avait pas eu de protocole et qu’on qualifie de 5 % de brisure et qui était à 12.500 FCFA les 25 Kg, avec le nouveau protocole, il est à 9.625 FCFA les 25 Kg. Pour le riz de luxe 100 % parfumé, on est à 19.350 FCFA alors que l’ancien prix était de 22.500 FCFA et certains types de riz de luxe à 26.500 FCFA. Avec le nouveau protocole, il passe à 24.400 FCFA. Il est vrai que les commerçants hésitent encore à respecter leurs engagements mais nous sommes déterminés et ils finiront par respecter leur signature. Nous avons pu faire le constat dans certains supermarchés, le week-end pascal.

L.P. : Quel bilan faites-vous après votre descente sur le terrain pour ce qui est des qualités de riz qui avaient fait l’objet d’accord dans le premier protocole?
D.B. : Pour le riz qui a fait l’objet de protocole, quand nous étions sur le terrain, nous avons visité cinq supermarchés dont un en Zone 4. Sur l’ensemble des supermarchés du district d’Abidjan, globalement, tous les nouveaux prix sont affichés et appliqués. Avant même que je ne vous reçoive, j’ai fait le point avec mes collaborateurs et ils m’ont confirmé que les nouveaux prix sont affichés dans tous les grands supermarchés du district d’Abidjan. Pour le reste, c’est-à-dire, les détaillants et les autres petits commerçants, c’est l’action de communication que vous êtes en train de mener qui va contribuer aussi bien à informer les consommateurs que les commerçants. Pour dire que nous avons signé un protocole avec leurs différents représentants, il faut que chacun applique strictement ce protocole. Nous demandons à chaque signataire de ce protocole, les importateurs, les grossistes, les _ grossistes et les détaillants de respecter strictement leurs engagements. Il y va de leur crédibilité.

L.P. : Malgré le tapage médiatique le constat reste tout de même réel chez les détaillants. Le prix du riz n’a pas véritablement baissé. Les populations exaspérées se permettent de dire que le gouvernement ruse avec elles ou alors les commerçants rusent avec l’autorité. Dans un tel contexte que faites-vous ?
D.B. : D’abord, tout le monde sait que le prix du riz avait légèrement baissé. Mais, nous travaillons et nous exigeons une baisse significative maintenant. Et on a signé un protocole avec les acteurs de la filière. On fera en sorte que ce protocole soit respecté. Je reste persuadé que les différents représentants de la filière du riz engagent leurs professions et respecteront leurs engagements. Parce qu’il y va de leur crédibilité et nous pensons qu’ils sont crédibles et sérieux pour que les prix baissent effectivement sur le marché. Le gouvernement ne peut pas ruser avec le peuple de Côte d’Ivoire. C’est la raison pour laquelle même le week-end pascal, nous étions sur le terrain pour nous assurer de l’effectivité de l’application du protocole. Vous savez, je ne veux pas trouver des excuses aux commerçants. Je suis persuadé qu’il leur faut un petit temps de flottement. Et c’est ce petit temps que nous avons déjà évacué. Ils ne réagissent pas de façon automatique parce qu’ils vous diront qu’ils ont des stocks qu’ils ont achetés récemment et qu’il faille l’écouler. Nous sommes en train d’y travailler pour que les prix baissent effectivement. Les supermarchés, parce que ce sont les baromètres du marché, on ne peut pas concevoir qu’ils signent un protocole et qu’ils ne respectent pas leur engagement. Cela est inconcevable. Et on va s’en prendre au petit Mauritanien pour qu’il respecte le protocole. Il était donc important que nous nous assurions que les baromètres du marché respectent les prix. Mais en même temps, que les détaillants en fassent de même. Mes agents viennent d’arriver. Demain (ndlr jeudi), j’aurai un point complet et exhaustif de tous les prix sur les supermarchés. Soyez rassurés, on se donne les moyens pour que les prix soient respectés. Vous savez, on a fait beaucoup mais la communication est un élément important. Quand vous arrivez dans une boutique même dans les supermarchés, ils vous disent qu’ils ne sont pas encore informés. Certains commerçants prennent une partie du protocole pour leur communiquer à leurs agents en prétextant qu’ils n’ont pas toutes les variétés de riz. Mais quand on regarde de près, il y a des équivalences. J’ai instruit mes collaborateurs à l’effet d’investir à nouveau, les terrains pour que le protocole contenant tous les nouveaux prix soit largement diffusé et déposé dans tous les supermarchés du district d’Abidjan afin qu’ils s’en tiennent à ce qu’ils ont signé. Les détaillants, nous allons les suivre dans les différents quartiers.

LP : Vous êtes plus ou moins actif dans le District d’Abidjan. Et les populations de Bouaké, Korhogo, Bouna… ?
D.B. : Vous avez parfaitement raison. Nous sommes obligés de démarrer quelque part. Le Premier ministre a indiqué clairement que la Côte d’Ivoire ne se limite pas qu’à Abidjan. C’est la raison pour laquelle depuis la semaine dernière, il a convoqué les préfets et les sous-préfets ainsi que les directeurs régionaux du ministère du Commerce. Ceux-là qui jouent, le rôle que je joue aux côtés du Premier ministre à l’intérieur. C’est donc les directeurs départementaux et régionaux du commerce de chaque région qui doivent travailler en profondeur. Nous sommes en train de leur envoyer les moyens, c’est-à-dire la logistique pour leur permettre de travailler efficacement. On ne peut pas du tout penser que tout se limite à Abidjan. Parce que nos parents de l’intérieur ont également le droit de profiter de l’effort que le gouvernement fait. C’est tout le monde qui a voté le président Alassane Ouattara. Nous y travaillons. Nos relais y sont mais nous-mêmes, nous y iront. Je partirai directement d’abord à Yamoussoukro, Bouaké Korhogo, Ferké. Et ensuite dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire pour regarder à la fois les problèmes de la viande, les problèmes de tracasserie. On attend seulement que l’arrêté interministériel qui règle toutes ces questions soit signé.

LP : Un protocole pour le riz, à quand les autres protocoles pour le sucre, l’huile, la tomate concentrée?
DB : Pour le protocole sur le sucre, nous sommes dans la dernière ligne droite. Ils ont déjà fait la première mouture, je l’ai. Il s’agit de baisser de 100 FCFA le prix du Kg/sucre. Evidemment, les industriels souhaitent qu’on revoie certaines clauses ou qu’on les accompagne par des mesures. Nous y travaillons et nous pensons qu’il peut y avoir une baisse de 100 FCFA sur le Kg du sucre. Le document est fin prêt, il attend d’être paraphé. Le sucre est produit en Côte d’Ivoire par deux unités et c’est avec elles que nous discutons. Et cela sera d’application immédiate lorsque l’accord sera signé. Quand le sucre est réglé, comme il impacte à 48 % sur le lait, il est évident que le prix du lait va baisser. Pour l’huile, c’est une action d’envergure de lutte contre la fraude qu’il faut. Une unité industrielle qui produit une certaine quantité d’huile, s’il y a beaucoup de fraudes, elle n’arrive pas à écouler ce qu’elle a produit. Elle est donc obligée de les stocker dans les cuves, les entretenir. Ce sont des coûts supplémentaires. Toutes ces charges sont donc répercutées sur le prix unitaire. Si on augmente le volume de vente en luttant contre la fraude, on diminuera le coût de production et évidemment, le prix de l’huile va baisser. L’action que nous devons mener pour le sucre, pour l’huile ainsi que la tomate concentrée, c’est une action d’envergure de lutte contre la fraude et là, on a eu les moyens pour le faire.

L.P. : Concrètement que peuvent et que font vos agents en matière de lutte contre la fraude. Les produits contrefaits saisis quel sort subissent-ils. Tous comme le commerçant indélicats à quoi s’exposent-ils ?
D.B : Il faut dire que ces dernières années, la situation a été très difficile pour le ministère du Commerce. Des ministres se sont succédé à la tête de ce ministère de 2009 à 2012. Je crois que je suis le quatrième ministre du Commerce. Cela crée l’instabilité. Il faut aussi dire que le ministère était sinistré. Vous voyez le bâtiment où nous sommes logés, les bureaux de nos collaborateurs presque impraticables et même inaccessibles. Les ascenseurs ne marchent pas et cela ne date pas d’aujourd’hui. Je dirai même depuis 2006 où le ministre Dosso Moussa était là. C’est vous dire que c’est un ministère qui avait été mis entre parenthèse et ses fonctions ne s’exerçaient pas correctement. Certains agents qui sont pour la majorité, des administrateurs financiers de l’État, ont fui le ministère du Commerce parce que c’était un ministère qui ne tournait pas correctement. Beaucoup de nos cadres sont au ministère de l’Economie et des Finances. Ce qui fait que les fonctions de contrôle, de surveillance des marchés et même de relevé ont été abandonnées. Cette situation a été aggravée par la crise post-électorale. Il n’y avait plus de véhicules pour faire les contrôles et les relevés. A notre arrivée, c’est en louant les taxis que certains agents allaient sur le terrain. Dieu merci, progressivement, la situation se normalise. Il faut préciser que certains de nos agents étaient pendant les années de crise, indésirables dans des zones du territoire. L’on ne voulait même pas qu’un directeur régional du Commerce fasse son travail. C’est maintenant qu’ils ont repris leurs prérogatives et tout le monde commence à écouter l’autorité de l’État. Si vous ne représentez rien, comment est-ce que vous pouvez saisir des marchandises. Même à Adjamé, quelles difficultés n’avions nous pas essuyées pour pouvoir mettre sous scellé, des magasins où il y avait des produits frauduleux ! Dieu merci, aujourd’hui, tout le monde à compris et notre objectif est de dissuader les commerçants à faire la fraude. Il faut qu’ils sachent que quand ils fraudent, ils sont contre le gouvernement. Nous continuons de les sensibiliser parce que certaines personnes ne voient pas le lien entre le fait de frauder et la destruction de l’économie. Nous prenons le soin de leur expliquer les dommages qu’ils causent à la Côte d’Ivoire. Mais à présent, on va se servir des instruments à notre disposition pour saisir et punir ceux qui s’adonneraient à cette pratique. Pour ce qui est des produits saisis, d’autres sont détruits ou revendus et l’argent, reversé dans les caisses de l’État.
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LP. : A quand le code du consommateur ?
D.B. : Le code du consommateur est constitué de plusieurs livres. Il contient les droits et devoirs des consommateurs. Dans la situation actuelle, une association de consommateur ne peut pas ester en justice pour défendre les intérêts d’un consommateur donné. Le code permettra aux associations de défense des droits des consommateurs de pouvoir ester en justice au nom d’un consommateur donné contre une firme. C’est un document important qui implique tous les ministères. Il reste seulement la présentation conjointe du ministère de la Justice et des Gardes sceaux, du ministère de l’Économie et des Finances et du ministère du Commerce. Tout est fin prêt, il ne reste que quelques points à harmoniser. Rien ne coince. C’est un document de près de 200 articles. Il sera très bientôt disponible.

LP : A quand la mise sur pied de la Commission de la concurrence et de la lutte contre la cherté de la vie. Quel sera son mode de fonctionnement et de financement ?
D.B: Ce n’est plus qu’une question de jour. Chaque structure devant prendre partie a déjà désigné son représentant. Il ne reste seulement que la validation pour qu’elle commence ses activités. Cette commission de la concurrence, c’est elle qui surveillera les comportements des commerçants, la gestion des monopoles et d’entente dans certains secteurs du commerce. Elle lutte contre les monopoles en liaison avec la commission de la concurrence de l’UEMOA. Elle a en son sein, des commissions techniques constituées de personnalités membres de la société civile (des associations de défense des droits des consommateurs), des avocats, des économistes, des enseignants. C’est un peu tout ça qui constitue la commission de la concurrence et de la lutte contre la vie chère. Il y a un secrétariat de la commission qui gère les affaires administratives de cette commission. Cette commission est donc très importante dans un système d’économie libéral comme le nôtre. Pour surveiller le comportement des uns et des autres afin que certains acteurs du commerce n’en profitent pas. Quand on libéralise l’économie, on ne peut pas avoir des opérateurs qui ont le monopole dans un secteur donné. Il faut que tout le monde soit libre et que la concurrence joue. Cette commission a donc un rôle très important et elle va compléter tout le dispositif avec le code de la consommation. Et tout cela va conduire à un environnement qui favorise effectivement la libéralisation des prix sur le marché. L’État mettra des moyens suffisants à la disposition de la Commission. Dans la mesure où la commission ne peut pas se financer auprès des opérateurs économiques qu’elle est chargée de surveiller.

L.P. : Au chapitre des nouvelles mesures contre la cherté de la vie, le ministère du Commerce doit recruter 2200 jeunes pour les insérer dans le commerce de détail. Où en est-on avec cette recommandation ?
D.B : Effectivement, ces 2200 jeunes, c’est pour qu’ils fassent le commerce de détail. C’est une autre opportunité pour insérer des jeunes ivoiriens dans le monde du travail dans un secteur qui est porteur et rentable. Évidemment, comme les Ivoiriens ne sont pas très présents dans le commerce de détail, c’est une bonne initiative. Mais en même temps, puisqu’ils sont bien organisés, cela va constituer un repère qui va nous informer suffisamment sur le marché et favoriser la concurrence au niveau du commerce de détail. Le rapport est très avancé. J’ai déjà pris connaissance du premier rapport du cabinet en charge de piloter cette opération. Je crois bien que d’ici une semaine, le cabinet va déposer son rapport définitif que nous allons analyser au cours d’une commission élargie à plusieurs structures du gouvernement. Il y a donc trois études : l’insertion dans le commerce de détail, dans le secteur de la petite restauration et le convoyage des produits vivriers. Je dirai donc que les rapports sont donc fin prêts avec tous les scénarii possibles de rentabilité pour que nous choisissions la formule qui convient le mieux. On est donc déjà très avancé sur la question.

L.P. : Une autre préoccupation, la viande de bétail. Le mal est connu : faux frais de convoyage et d’intermédiaires, etc. On vous sent plus ou moins actif sur la question du riz. Qu’est-ce qui se passe au niveau du prix de la viande ?
D.B : Pour ce qui est des mécanismes, pour faire baiser le prix de la viande, tout est fin prêt. Il ne reste qu’à mettre en ?uvre les décisions. La première décision que nous avons prise est un arrêté interministériel pour interdire le convoyage des bétails sur toute l’étendue du territoire. Cet arrêté a six ministres signataires, et 5 ont déjà signé. Ensuite, sur les barrages routiers, un travail permanent des deux ministères, Défense et Intérieur. Puis une lutte contre tous les faux frais de convoyage qui s’élevaient à plus de 600.000 FCFA pour lesquels nous avons déjà supprimé plus de 445.000. Et il ne reste que 75.000FCFA pour les frais de convoyage. Toutes ces mesures sont donc en cours et dès que l’arrêté interministériel est signé nous irons sur le terrain pour supprimer tous les parcs clandestins de rétention du bétail, avec la collaboration du ministère des Ressources halieutiques et animales, de la Défense et de l’Intérieur. Pour qu’il n’y ait plus de parcs clandestins où certains acteurs véreux de la filière bétail régulent le marché. En effet, ils parquent le bétail dans des parcs clandestins et surveillent l’approvisionnement de l’abattoir. Quand le bétail diminue, ils déversent leur bétail pour éviter que le prix baisse. Alors que si le marché était suffisamment fourni en temps réel, il est clair que les prix chuteront. Ce sont donc ces mesures de destruction de parcs clandestins et d’abattoirs illégaux qui contribueront à faire baisser certainement le coût de la viande. Ces mesures seront appliquées immédiatement dès lors que l’arrêté interministériel est signé.

L.P: Il est aussi recommandé une commission permanente de surveillance de l’application effective des 11 mesures. Cette commission fonctionne-t-elle aujourd’hui ?
D.B : Je vous dis que cette commission fonctionne déjà. On ne la sent pas certes, mais, n’oublions pas que ce sont des décisions gouvernementales. Elles peuvent être lourdes et lentes. Je vois que les Ivoiriens dans leur grande majorité, constatent que quand le Président de la République Alassane Ouattara dit quelque chose, il le fait. Il a dit, qu’il fera baisser les prix des denrées de grande consommation. Soyez-en sûrs, les prix baisseront. C’est un homme qui fait toujours ce qu’il dit. Et il nous a instruits à cet effet. Et c’est ce que nous nous attelons à faire. Il n’est pas dans les projets, dans le bavardage, il a décidé que les prix baissent et ils baisseront. Nous sommes donc en train de mettre en ?uvre, point par point, l’ensemble des mesures qu’il a prises pour que les prix des denrées baissent sur le marché avec un chronogramme cohérent et précis. Même pas plus tard que le vendredi dernier, j’ai été appelé par ses soins à faire le point. J’ai donc fait un point en sa présence pour qu’il sache que ce qu’il a décidé, est fait. Qu’est-ce qui reste à faire ? Je vous dis que je suis dans un gouvernement dans lequel ce que vous dites, vous êtes obligés de le faire parce que le président y veille 24 h sur 24. Vous me voyez dans les supermarchés en train de constater des prix. C’est parce que je dois rendre compte au quotidien. C’est pour vous dire qu’avec le président de la République, vous ne pouvez pas dormir quand vous avez des choses à faire. Nous travaillons donc. Et je vous dis que la première personne qui nous interpelle, c’est le président de la République. Plus tard que ce matin, le Premier ministre m’interpellait sur la signature du protocole sur le sucre, sur l’huile. Rassurez-vous, nous avançons.

L.P : L’une des recommandations des nouvelles mesures, c’est que des négociations avec des pays pourvoyeurs de riz et de viande devraient permettre aux opérateurs exerçant en Côte d’Ivoire d’acheter le riz et le bétail à des prix préférentiels. Où en est-on avec ces négociations?
D.B : Il y a une mission qui est prévue pour la Thaïlande et la communication est déjà sur la table du gouvernement. Pour la viande, les moyens sont déjà dégagés pour qu’une mission puisse se rendre au Niger, au Burkina. Malheureusement, avec la crise, pour ce qui est du Mali, nous sommes obligés d’attendre.

L.P. Vous avez rencontré récemment vos agents. Ils sont en général perçus par les commerçants comme des agents corrompus. Et ils souhaitent être sur la ligne frontalière avec la douane. N’est-ce pas une autre poche de tracasserie et de corruption qui sera érigée ?
D.B : Pas du tout ! Il y a quand même des sujets techniques. S’ils ne sont pas sur les lignes frontalières et les corridors, ce n’est pas bon. Il y a des décisions qui sont techniques. La douane, c’est la douane. Tout ce qui relève des prérogatives du ministère du Commerce, il faut que nos agents soient là pour veiller et contrôler ce qu’il y a lieu de faire. Rassurez-vous, ils sont comme tous les Ivoiriens. Le président de la République a interpellé tous les Ivoiriens pour qu’ils soient dignes de l’Ivoirien nouveau qu’il veut voir naître après la crise post-électorale. Des êtres mus par la conscience professionnelle et qui s’en tiennent à ce qu’on leur donne et demande de faire. Nous nous tenons à ce que les choses soient comme le Président de la république nous a demandé. C’est le message que j’ai fait passer lors de notre dernière rencontre et c’est pourquoi, avant de commencer cette rencontre, j’ai fait projeter l’interview que le Président de la République a bien voulu accorder aux médias locaux. Précisément, la partie concernant la cherté de la vie et le rôle du ministère du Commerce pour qu’ils revoient et qu’ils comprennent que les Ivoiriens attendent beaucoup de nous. J’imagine que chacun a dû écouter attentivement ce que le président a dit sur le comportement de certains fonctionnaires. Ils ont donc intérêt à relever l’image de leur ministère, à être crédibles et à prouver à tous qu’ils ne sont pas des agents corrompus.

L.P : Le gouvernement s’est donné trois mois pour faire baisser les prix des denrées de grande consommation, en tant que maître d’ouvrage de ces 11 mesures, quelle assurance donnez-vous aux Ivoiriens
D.B : Mais attendons les trois mois. Je vous ai dit tout à l’heure que quand le président dit, il fait. Je peux dire déjà que les Ivoiriens constatent qu’on ne parle pas pour parler. Quand le président a dit, le Premier ministre se met sur le terrain et les ministres exécutent. Rassurez-vous, nous n’allons même pas attendre les résultats avant trois mois. D’ici deux semaines, beaucoup de choses vont changer. Et je peux dire que depuis lundi dernier, le ministre de l’Économie et des Finances a déjà des moyens pour les mettre à la disposition de nos agents dans le cadre de la réalisation de ces 11 mesures. Je vous dis que les Ivoiriens constateront et le diront d’ici peu. Les prix des denrées vont baisser. Nous y travaillons.
Réalisée Par Moussa
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