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Sport Publié le jeudi 24 octobre 2013 | Ministères

Alain Lobognon invité de "RTI reçoit" - Intégralité de l’intervention.

© Ministères Par Guy Lasme
La RTI reçoit, le Ministre de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, Alain Michel Lobognon
Mardi 22 octobre 2013.Abidjan.Le Ministre de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, Alain Michel Lobognon dans une émission avec pour thème : Politique d’encadrement de la jeunesse et réforme des sports en Côte d’Ivoire.
Le Ministre de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, Alain Michel Lobognon, était l’invité de l’émission RTI 1 Reçoit, le mardi 22 octobre dernier, sur les antennes de la Télévision Nationale. Une tribune offerte au premier responsable de la jeunesse et des sports de dévoiler l’action gouvernementale pour la Jeunesse et le Sport à travers le thème très évocateur : «Politique d’encadrement de la jeunesse et Réforme des Sports en Côte d’Ivoire». Pendant 90 minutes, Alain Lobognon a souligné et expliqué les mécanismes mis en place pour une jeunesse ivoirienne responsable, indépendante et soucieuse du développement du pays. La nécessité d’aller à des reformes au niveau du sport où la question des infrastructures, les relations de la tutelle avec les fédérations et la question du financement ont été débattus sans passion.

Question : Le sport bénéficie d’une politique plus claire mais les moyens lui font défaut. Comment apporter un soutien global en faveur de l’éducation physique et sportive, des sports de masse, du sport à l’école et des loisirs ?

Alain Michel Lobognon : Comme la jeunesse, le sport, c’est la même chose. Tout à l’heure vous avez dit que la jeunesse n’avait pas de politique claire, il en est de même pour le sport. Permettez donc aux Ivoiriens de voir ce que le gouvernement est en train de faire. Sinon nous sommes tous au même niveau. Jeunesse et Sport sont deux départements qui ont toujours été ensemble. Il s’agit à présent de passer à une nouvelle phase.

Q : Face aux différentes mutations du sport en Côte d’Ivoire, vous avez décidé de revoir le cadre réglementaire et légal. Quels sont les grands principes fixés par ce projet de loi pour faire évoluer le sport ivoirien ?

AML : Depuis le 7 août 1960, date de son accession à l’indépendance, la Côte d’Ivoire n’a pas de loi sur le sport. C’est enfin le lieu de doter notre pays d’une loi sur le sport qui sera la boussole nationale pour nous permettre d’atteindre tous les objectifs que nous voulons atteindre.

Q : Quel est le sort des jeunes candidats à l’entrée à l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS) ?

AML : Il n’y a pas eu de nouvelle entrée à l’INJS depuis novembre 2012. Il y a des promotions qui sont en formation. Il y a de nombreux cadres qui sont là et qui peuvent aller servir là où ils peuvent servir. La réforme de l’INJS est passée vendredi dernier en Conseil des Ministres. On entendra parler de nouveau de l’INJS.

Q : Il y a des Internautes qui indiquent avoir payé 50.000 F CFA pour un concours d’entrée dans cette école. Qu’en est-il réellement ?

AML : Lorsque je suis arrivé à la tête de ce département, il y a actuellement 11 mois, (j’ai été nommé le 22 novembre 2012), les étudiants de l’INJS n’ont pas manqué de me faire passer un message : « Je paie pour entrer, je sors, payé ». C’est la devise. Il faut y comprendre quelque chose. Mais nous disons qu’il faut mettre fin au fait que les plus riches paient pour entrer et sortent payés. Permettons à tous les enfants de Côte d’Ivoire d’avoir les mêmes chances pour accéder à l’INJS. En clair, le concours va être ouvert, et on ne paiera plus pour y entrer. Les meilleurs seront à l’INJS. Mais surtout, les meilleurs sportifs, ce sont ceux qui auront les capacités physiques pour être de bons cadres. Parce que l’INJS est ce lieu où on doit former de bons encadreurs de notre sport.

Vous avez choisi d’apporter des reformes en misant sur le développement des infrastructures. Cette décision vous amène à faire des choix pas toujours du goût de vos partenaires. Etes-vous un empêcheur de tourner en rond ?

AML : On parle de la réforme du secteur des mines, du café-cacao, de l’agriculture… Pourquoi on ne parlerait-on pas de la réforme du sport ? Car je fais observer que ce sont les autres secteurs qui financent le sport. Le sport est entrain de devenir une industrie au même titre que les autres secteurs. Permettez que la réforme ait lieu pour créer le cadre pour que la Côte d’Ivoire gagne des trophées. Parce qu’on ne gagne pas des trophées en s’entraînant sur des terrains insalubres. On gagne des trophées dans de bonnes conditions. Et ce sont les meilleurs, ceux qui sont bien équipés qui gagnent. Car je n’ai pas mémoire que la Côte d’Ivoire ait pu former de bons athlètes sur des terrains qui n’existent pas.

Question : C’est un problème de méthode ou de communication entre vous et vos partenaires ?

AML : C’est une question de communication. On se parle mais j’ai l’impression que c’est une partie qui entend, c’est une partie qui écoute l’autre. Mais on finira par s’entendre.

Q : Des mécontents il y en a des les fédérations et les clubs. Il s’agit de l’intervention de la FIF à l’Africa Sports. Or l’Africa est un club omnisports. Est-ce que c’est à la FIF de désigner un administrateur provisoire. Qu’est-ce que vous en pensez ?

AML : On nous reproche d’avoir fait de l’ingérence. Nous n’avons donc pas réagi sur ce sujet. Nous pensons que les sportifs savent où se trouve l’intérêt de l’Africa. Il y a des membres associés au niveau de l’Africa qui suivent l’évolution de leur club. Permettez qu’on ne s’attarde pas sur le sujet de l’Africa, parce qu’il n’y a pas que l’Africa. Il y a de nombreux clubs en Côte d’Ivoire, et nous devons les mettre tous sur le même pied d’égalité. Malheureusement, l’absence de textes fait qu’on en arrive là.

Q : La loi du sport en vigueur dit pourtant que vous êtes la tutelle du sport. Vous financez quand même ses associations sportives. En cas de blocage, vous devriez réagir…

AML : Ecoutez, en Côte d’Ivoire, on reconnait la tutelle quand il y a un besoin de financement. Mais on ne reconnait pas la tutelle lorsqu’il faut régler les problèmes. C’est ce qu’il faut régler définitivement dans une loi. La question de l’Africa aurait pu se régler avec le décret de 1968 qui organise le sport civil. C’est le lieu pour moi de féliciter les anciens qui ont joué sous le même texte.

Q: Que signifie «Promotion de la Jeunesse» ?

AML : La Promotion de la Jeunesse, c’est de sortir les jeunes de la situation dans laquelle ils étaient pour les mettre au devant de nos politiques de développement. En Côte d’Ivoire, on est jeune jusqu’à 35 ans. Malheureusement, lorsque vous voyez les représentants des jeunes s’exprimer à la télé, ce sont des hommes qui ont 45 ans. Permettons donc au plus jeunes d’accéder aux postes de responsabilité.

Question : Comment se fait la souscription pour la demande de financement de projets des jeunes ?

AML : Le FNJ a un historique. Lorsque nous sommes arrivés, il était question de connaitre qui étaient ces jeunes. Nous avons, à cet effet initié, un recensement électronique qui a consisté à inviter les jeunes à remplir des formulaires en ligne. Au bout de quelques semaines, nous avons pu identifier 57.000 jeunes qui se sont directement inscrits. Après cette étape, nous avons identifié 17.102 jeunes qui aspiraient à entrer à la fonction publique. Sur ces 17.102 jeunes, nous avons 19,12% représentant 3.270 sans aucun diplôme mais qui veulent également accéder à la Fonction Publique. Au niveau du supérieur, nous avons 5.300 (30,79%) jeunes qui veulent également entrer à la Fonction Publique. Il y a un autre groupe qui aimerait exercer dans l’agropastoral. Ils étaient au nombre de 19. 195 jeunes. En consolidant tous les projets, nous nous sommes rendus compte qu’on ne pouvait pas envoyer tous les jeunes à la Fonction publique. Mais le ministère de la Jeunesse n’est pas le ministère de l’emploi. Mais le ministère de la Jeunesse pouvait venir en soutien au ministère de l’emploi. Il faut donc amener les jeunes à s’intéresser à l’auto-emploi. Vient donc l’entreprenariat. C’est ce qui a donc conduit le gouvernement à créer le Fonds National de la Jeunesse. En 92 Monsieur Ouattara (Alassane, le Président de la République, ndlr) était encore Premier ministre lorsque le Fonds a été créé. Et malheureusement, les Fonds ont été prêtés à des jeunes et ces Fonds n’ont jamais été remboursés parce qu’à l’époque, il y avait une procédure qui disait de déposer un dossier parrainé par une connaissance. Et on prenait cet argent et on disparaissait. Donc le nouveau fonds a consisté à mettre en place des balises pour inviter les jeunes porteurs du projet eux-mêmes à poster le projet en question. Donc à rédiger le plan d’affaire, parce que si vous savez rédiger votre plan d’affaire, ça suppose que vous avez un début de fibre d’entrepreneur.

Q : Que faites vous pour les jeunes qui n’ont pas accès à Internet ? Et que faites-vous pour encadrer les jeunes dans la conduite de leur projet ?

AML : Tous les projets reçus font l’objet d’un tri et d’une analyse pointue de consultants et de conseillers en poste au FNJ. Tout à l’heure vous avez demandé qu’est-ce qu’on fait avec les jeunes qui n’ont pas accès à internet ? L’autre question c’est aussi de savoir qu’est-ce qu’on fait pour les jeunes qui ne veulent pas être des entrepreneurs mais des employés. Le fonds créé des projets clés en main qu’il remet aux collectivités locales de sorte à ce que certaines mairies soient tributaires de ces projets. Ce sont les mairies qui font employer des jeunes qui ne veulent pas être des employeurs. Il faut insister sur le nombre de projets soumis au fonds depuis le 1er janvier. Nous pensons que 450 projets, c’est faible. Il faut nous aider. Et quand je parle de nous aider, c’est à la télévision d’Etat. Ce que nous déplorons c’est de voir un spot qui invite les jeunes à venir déposer leurs projets et un autre spot qui invite les jeunes à envoyer un SMS pour devenir millionnaire. Ça décourage. Il faut éviter la facilité à nos jeunes. Amenons-les à s’intéresser à l’entreprenariat.

Q : A combien s’élève le budget alloué au Fonds ?

AML : C’est un fonds qui démarre avec un milliard de F CFA. Il nous faut l’épuiser pour penser à le renouveler. A ce jour, des projets ont été rejetés parce qu’ils ne remplissent pas la forme. Ce que nous disons aux jeunes, c’est que le fonds est gratuit. On ne leur demande pas de déposer de caution comme par le passé et comme le demanderait les banques. C’est un accompagnement qui va se faire tous les jours. C’est une incubation qui va se faire au sein du fonds jusqu’à ce que l’entreprise elle-même soit mature et qu’on rembourse un tant soit peu le fonds qui a été prêté pour pouvoir financer d’autres jeunes.

Q : Quels conseils pourriez-vous donner à ce sujet aux jeunes ?

AML : Je demande à ce qu’ils viennent prendre des conseils auprès des agents de ce fonds. La majorité veut entrer à la Fonction publique. Nous leur demandons de venir à l’entreprenariat, il y a de l’argent, nous sommes là pour les encadrer.


Q: Quel constat faites-vous des initiatives extérieures pour la jeunesse sur ce même sujet ?

AML : Il s’agit pour nous de nous placer en leader sur cette question. Ce qui fait que nous sommes présents auprès de toutes ces autres initiatives. Il ne faut pas les décourager. Vous le verrez, le Gouvernement réunira tout le monde autour d’une même table pour parler d’une seule et même voix.

Q : La Carte Jeune est-elle une belle expérience ?

AML : La Carte Jeune est une très belle expérience. Au niveau du Fonds National de la Jeunesse, on ne demande pas une caution aux jeunes, mais on leur demande de s’identifier et le numéro d’identification est celui de la Carte Jeune. Donc on ne peut pas tricher. Si vous avez plus de 35 ans, le Fonds ne vous financera pas. Ça nous permet de tenir des statistiques.

Q : Pourquoi avez-vous éprouvé le besoin de mettre sur pied le Conseil National de la Jeunesse ?

AML : Ce concept remonte à 1972. A cette époque, il était question pour les autorités de permettre à la jeunesse de parler d’une seule et même voix. Malheureusement dans sa composition, les jeunes étaient minoritaires. Ce qui a fait que le Conseil n’a pas vu le jour. Donc c’est 40 après que le Gouvernement a jugé nécessaire de ressusciter le conseil de la jeunesse qui est une recommandation de la charte africaine de la jeunesse. Il s’agit de permettre aux jeunes de se prendre en charge, de prendre leur destin en mains et de parler au Gouvernement. Mais il faut qu’ils soient unis. Maintenant nous attendons que le conseil soit mis sur pied pour interpeler le Gouvernement. Nous avons demandé aux jeunes de se choisir un leader.

Q : Avoir un seul interlocuteur n’est pas une sorte de promotion de la pensée unique ?

AML : Non ! Le Conseil National de la Jeunesse est un bureau exécutif de 15 membres. Ils sont tous élus depuis les communes, en passant par les départements, les régions et les districts. Et c’est au cours d’un congrès que les jeunes éliront leur conseil. Si un homme est élu, les femmes seront majoritaires dans le conseil, si c’est une femme, c’est le contraire. Le conseil à un seul mandat non renouvelable.

Q : Mais ces élections n’ont toujours pas eu lieu ?

AML : Les élections se tiendront. C’est juste que les jeunes ont demandé du temps pour battre campagne. Quand ils seront prêts, ils nous le diront et nous partirons aux élections. Nous prenons les Ivoiriens à témoin.

Q : Quelle est votre vision pour la jeunesse de Côte d’Ivoire ?

AML : Nous avons déjà mis en place un projet de la jeunesse qui fait le diagnostic des problèmes rencontrés par les jeunes ivoiriens. Nous attendons que le conseil national de la jeunesse soit mis en place. Et que ce conseil se l’approprie, l’actualise et nous le remettre pour aller le faire valider par le gouvernement. Il y a un ensemble d’actions à mettre en œuvre.

Q : Est-il possible pour les jeunes en activité de bénéficier du Fonds National de la Jeunesse ?

AML : Le Fonds n’est pas fermé aux jeunes déjà en activité. S’ils ont la fibre de l’entreprenariat, le Fonds va les accompagner pour leur permettre de créer en retour des richesses et surtout, créer des emplois.

Q : Où en êtes-vous avec le plan de réhabilitation des infrastructures sportives mis sur pied en juin 2012 ?

AML : Le plan de réhabilitation concerne les 19 stades que nous avons actuellement. Mais ce n’est qu’un plan de réhabilitation. Car la Côte d’Ivoire a besoin de nouvelles infrastructures, mais il faut plus. Le point de l’ONS sur le terrain a montré des défaillances au niveau du stade Ali Timité de Bondoukou qui lui doit être entièrement reconstruit. Le plan mis en place doit être revu et réactualisé. Ce qu’il nous faut, c’est de nouveaux terrains, c’est de nouvelles salles comme le Hall des Sports partout en Côte d’Ivoire. Il faut penser à ériger des stades omnisports pour développer d’autres disciplines sportives. Nous avons postulé pour la CAN 2019, il nous faut de nouveaux stades pour un tel événement. Les structures des stades que nous avions entre 60 et 70 sont dépassées. Il faut penser à moderniser nos terrains et c’est ce que nous sommes en train de faire. Rassurez-vous, le Président de la République a pris l’engagement de doter la Côte d’Ivoire d’un nouveau plateau sportif et le pari sera tenu.

Q : Le stade Alassane Ouattara de Bassam connait un retard dans l’achèvement de sa construction. Pouvez-vous donner les raisons ?

AML : Effectivement, nous n’avons pas choisi de reprendre les travaux du stade de Bassam. Parce qu’on nous a dit que c’est un stade qui devrait accueillir 25.000 places. Pour ceux qui connaissent Bassam, 25.000 places, c’est impossible. Parce que, quand on construit un stade il faut prévoir des places de parking. Il n’y a pas d’espace. L’étude est en train d’être faite pour ériger un stade avec une capacité raisonnable. Nous pensons à 2.500 ou 3.000 places au maximum pour éviter de dilapider des fonds.

Q : Parlant de délabrement des infrastructures, l’INJS n’est pas en reste. Qu’est-ce qui est fait pour redonner son lustre d’antan à cette vitrine du sport en Côte d’Ivoire ?

AML : Le Gouvernement investit plusieurs milliards dans le sport. Il s’agira d’en prendre une partie pour la consacrer à la réhabilitation des infrastructures. En 2014, notre objectif et de faire changer de visage à l’INJS. Il faudra un terrain de football où on pourra pratiquer du rugby. Et surtout une piste d’athlétisme pour permettre aux athlètes de mieux se préparer. Il y faudra un autre gymnase et y rénover certains bâtiments. La réforme qui est passée indique que l’INJS, en plus de former les formateurs d’éducation physique, formera des professionnels du sport. Le centre de sport de haut niveau va rouvrir, non pas en se cantonnant qu’au football, mais il va s’élargir à d’autres disciplines.

Q : Où est-ce que le centre de haut niveau sera installé ? Qui l’intègrera et comment se fera la formation ?

AML : Avant le passage de la réforme de l’INJS, nous avons en vue la signature d’une convention avec l’INPHB de Yamoussoukro qui a les infrastructures sportives, mais qui n’a pas les sportifs pour les utiliser. Il y aura un centre de haut niveau à Yamoussoukro, également à l’Université de Cocody. La piste du stade Félix Houphouët-Boigny sera réhabilitée. Tout ceci pour voir les athlètes ivoiriens dominer le sport à l’international.

Q : Est-ce qu’on peut avoir les délais d’achèvement de tous ses travaux et projets ?

AML : Avant les Jeux Olympiques de 2016, vous verrez déjà les premiers athlètes formés. Les disciplines visées au centre de haut niveau de l’INJS sont le Rugby, le Football, le Basketball, le Handball, l’Athlétisme surtout, la Boxe, le Taekwondo et le Judo dont les cadres seront formés. Nous devons pouvoir nous spécialiser dans certaines disciplines.

Q : Les fédérations devraient mettre la main à la poche pour utiliser les infrastructures de l’Etat. Vous confirmez ?

AML : Les fédérations ne paieront rien, mais elles devront présenter un spectacle de qualité pour attirer les spectateurs. Elles devront également travailler à se développer pour élargir leur nombre de licenciés.

Q : Y a-t-il une politique d’entretien des infrastructures sportives en Côte d’Ivoire ?

AML : Oui, la politique existe. C’est vrai qu’après l’Afrobasket 2013, un parti politique a utilisé le Palais des Sports. Eh bien ! Cette formation politique a déboursé de l’argent. Après études d’un cabinet, nous sommes convenus que la location journalière du Palais des Sports couterait 4 millions de Frs Cfa. Cette ressource devra permettre de payer les frais d’entretien de nos infrastructures, les journaliers,....

Q : Que prévoyez-vous pour les athlètes qui sont parfois les laissés pour compte ?

AML : Les athlètes seront la priorité du gouvernement. Il y aura une loi sur le statut de l’athlète de haut niveau qui définira les récompenses selon les performances des athlètes engagés dans les compétitions internationales.

Q : Quel sort pour les centres de formation qui poussent comme des champignons ?

AML : Effectivement, cela fait désordre. Il y a pourtant un texte datant de 1965 qui n’a jamais été respecté. Si ces textes avaient été suivis, je parie que nous serions champions du monde depuis plusieurs moments. Il faut mettre un terme à ce cafouillage.

Q : Les championnats de l’OISSU démarrent dans quelques mois. Où en est-on avec la réhabilitation des 25 salles de classe ?

AML : Les travaux ont démarré. Mais la vérité, c’est qu’on ne peut pas réhabiliter l’ensemble des infrastructures scolaires et universitaires en une année. Parce que plusieurs ont été laissées à l’abandon depuis leur construction. L’Etat compte mettre en place un dispositif pour l’entretien continu. C’est pourquoi il y aura des fédérations sportives au niveau de l’OISSU. Une, au niveau primaire, une autre, au niveau secondaire et une dernière, au plan supérieur. Tout ceci sous la tutelle de l’OISSU.

Q : Quand est ce que se fera la pose de la première pierre du lycée sportif de Bouaké ?

AML : Cela se fera dans les semaines à venir lors de la visite d’Etat du Président de la République. Le lycée sera ouvert à la rentrée 2014-2015.

Q : La Cité Olympique pourra-t-elle accueillir les Jeux de la Francophonie ?

AML : La première pierre de cet autre édifice se fera cette année, car le financement est déjà acquis. Quant au délai, il faudra attendre 17 mois, selon les Chinois.


Q : Avez-vous la phobie des présidents de fédérations ?

AML : Non. Nous disons juste qu’il faut que le sport s’autofinance. Depuis l’instauration de la taxe parafiscale, le sport ne s’est pas développé. C’est le constat que j’ai fait et qui m’amène à dire que le sport est sinistré. Il faut que les fédérations acceptent de se mettre en cause. Elles veulent l’argent du beurre, il faut qu’elles se mettent au travail.

Q : Avec toutes ces dissensions entre le ministère des sports et les fédérations, doit-on dire qu’Alain Lobognon est incompris du milieu du sport ou c’est Alain Lobognon qui ne comprend pas le sport ?

AML : Disons que c’est le milieu du sport qui fait semblant de ne pas comprendre ce qui se passe. Nous disons qu’il faut des réformes au niveau du sport. Et les réformes concernent les infrastructures. Les réformes concernent également la bonne utilisation des ressources financières. Il faut que le milieu du sport accepte de s’organiser, et c’est cette organisation que nous voulons mettre en place qui a fait qu’il y a eu une grève. Nous disons qu’il faut la démocratie au sein des fédérations, c’est le cas du handball. D’une élection à une autre, la liste électorale évolue, on fait des élections et on veut que le ministère accepte. Alors qui est la tutelle ? Quand il s’agit de financement, la tutelle c’est le ministère des sports et quand il s’agit de règlement, la tutelle ce sont les fédérations internationales. Pourquoi certaines fédérations se cachent lorsque le ministère veut voir clair ?


Q : Monsieur le ministre, vous menacez des intérêts ?

AML : Ce n’est pas à moi de le dire. Certainement que je menace des intérêts. Je suis au sein d’un Gouvernement qui entend réformer le secteur du sport. Si vous refusez la réforme, alors n’attendez pas l’Etat pour vous donner l’argent des autres secteurs d’activité.

Q : Quelles sont vos relations avec les fédérations ?

AML : Ce qui est extraordinaire dans nos fédérations, c’est que lorsqu’elles prennent de l’argent, elles ne viennent pas dire à la presse que le Gouvernement vient de leur donner un gros cachet. Les fédérations exigent beaucoup de l’Etat de Côte d’Ivoire. Lorsque nous arrivions à la tête de ce ministère, nous avons fait le point du financement de toutes les compétitions inscrites. Pour l’année 2013, les fédérations ont demandé 16 milliards 372 millions 730 mille 940 F CFA pour l’ensemble des compétitions. Nous avons déjà dépassé les 10 milliards dont plus de la moitié pour le football. Je voudrais demander aux fédérations d’arrêter de salir le prestige de la Côte d’Ivoire. Parce que ce n’est pas responsable pour une fédération de ne pas reconnaitre la tutelle et de crier au loup en disant qu’on a refusé de financer sa compétition.


Q : Ne pensez-vous pas qu’il y a un problème de communication ?

AML : Non ! Il y a juste un refus de changement. Messieurs les présidents de fédérations, sachez que le Gouvernement de Côte d’Ivoire ne travaille pas contre vos intérêts. Nous travaillons pour l’intérêt des jeunes et pour le rayonnement du sport ivoirien. Un sport qui rayonne s’apprécie en termes d’infrastructures sportives. Nous n’avons rien contre les fédérations, nous voulons juste y voir plus clair.

Q : Comment appréciez-vous l’organisation de l’Afrobasket 2013 à Abidjan ?

AML : C’est avec une grand fierté que j’ai contribué à l’organisation de cette compétition que la Côte d’Ivoire a manqué d’abriter par deux fois. Il fallait s’impliquer, la compétition s’est très bien passée. Ceux qui étaient présents ont vu que la Côte d’Ivoire était de retour dans le concert des nations. Au niveau des primes, aucun joueur ne peut dire que l’Etat lui doit un kopeck.

Q : Etant donné que vous ne reconnaissez pas le président élu, que comptez-vous faire pour le handball ivoirien ?

AML : Nous devons inviter l’ensemble des acteurs à sauver le handball. Il faut qu’on accepte de former de nouvelles élites. Si nous le refusons et que nous nous appuyons que sur quatre clubs à Yopougon pour croire que c’est un championnat national, nous disons que ce n’est pas la peine de demander à l’Etat de mettre son argent dans le handball. On nous parle d’une assemblée générale de 50 clubs et on revient nous présenter un championnat avec 4 clubs. Cela ne fait pas sérieux pour un pays comme la Côte d’Ivoire. Nous voulons être au sommet, mais donnons nous les moyens. Nous organisons une assemblée générale au motif que c’est le CNO qui est compétent à l’organiser. Et on nous demande de l’accepter. Selon les textes de la Fédération Ivoirienne de Handball adoptés au cours d’une assemblée générale du 19 mars 2011, il est dit que la FIHB est sous la tutelle du ministère des sports. Un autre article invite le ministère des sports à mettre en place un comité ad’hoc en cas de crise. Mais pourquoi est-ce qu’on crie quand on le fait ?

Q : C’est pourtant vous qui avez mandaté le CNO dans le règlement de la crise…

AML : Laissez-moi régler le problème définitivement. Selon la charte olympique, les membres du comité exécutif du CNO sont élus pour un mandat de quatre ans renouvelable une seule fois. La dernière élection du CNO date de 1999. Si le CNO fonctionne convenablement, vous verrez que l’Etat se lavera les mains dans la question de la subvention. Mais le CNO ne fait pas sa toilette et il veut venir imposer un acteur à tous les autres. J’avais demandé au CNO d’accepter de toiletter les textes de la fédération de Handball d’abord avant de passer aux élections. C’est le contraire qui a été fait. Mais il faut reconnaitre les contestations qui ont suivi. Le handball ivoirien a un problème de personnes. Les mêmes acteurs depuis plus de 10 ans sont en train de se quereller autour de la petite balle. Nous allons régler cela définitivement. Sinon l’Etat sera en droit de dire qu’il ne mettra pas d’argent dans cette discipline parce que nous allons développer une autre élite à travers le sport scolaire et universitaire. Nous allons signer des conventions d’objectifs avec les fédérations qui voudront bien le faire pour que l’Etat sache la portée du financement qu’il octroie.

Retranscrit par SERCOM/MPJSL

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