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Sport Publié le jeudi 24 octobre 2013 | Le Patriote

Omnisports : Invité de «RTI1 Reçoit» / Alain Lobognon : “Le sport ivoirien doit s’organiser”

© Le Patriote Par Guy Lasme
La RTI reçoit, le Ministre de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, Alain Michel Lobognon
Mardi 22 octobre 2013.Abidjan.Le Ministre de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, Alain Michel Lobognon dans une émission avec pour thème : Politique d’encadrement de la jeunesse et réforme des sports en Côte d’Ivoire.
Le Ministre de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs a exposé, le mardi 22 octobre 2013, les grands axes de la politique du gouvernement en faveur de la jeunesse et du sport. A la tribune de l’émission «RTI1 Reçoit» de la Télévision nationale, Alain Lobognon a invité les acteurs de la grande famille sportive à accepter d’aller aux reformes pour le rayonnement de la Côte d’Ivoire à l’international. Des reformes dont le socle est inévitablement le projet de loi sur le sport dont seuls les efforts conjugués de tous devront permettre son adoption par le Parlement ivoirien.

Les reformes : créer le cadre pour gagner des trophées

«Depuis le 7 août 1960, date de son accession à l’indépendance, la Côte d’Ivoire n’a pas de loi sur le sport. C’est enfin le lieu de doter notre pays d’une loi sur le sport qui sera la boussole nationale pour nous permettre d’atteindre tous les objectifs que nous voulons atteindre», a confié le locataire du 8ème étage de la Tour B au Plateau. Pour Alain Lobognon, si la Côte d’Ivoire veut gagner des trophées, les fédérations doivent accepter d’aller aux reformes. «On parle de la réforme du secteur des mines, du café-cacao, de l’agriculture… Pourquoi on ne parlerait-on pas de la réforme du sport ? », s’est-il interrogé. Le sport étant devenu une industrie au même titre que les autres secteurs, les reformes, a reconnu l’invité de «RTI1 Reçoit», devront permettre de résoudre la question des infrastructures, les multiples crises dans les fédérations et l’épineux problème de financement.

Infrastructures : Construire et non réhabiliter

La Côte d’Ivoire dispose de 19 infrastructures sportives étatiques dont l’état désastreux n’honore pas le pays et ne favorise pas l’émergence des talents. C’est pour remettre d’aplomb ces aires de jeu qu’un plan de réhabilitation a été adopté en juin 2012 par le gouvernement. Mais face à l’état de délabrement achevé, le ministre Alain Lobognon se veut plus réaliste. «La Côte d’Ivoire a plus besoin de nouvelles infrastructures et non de réhabilitation. Le plan mis en place doit être revu et réactualisé. Ce qu’il nous faut, c’est de nouveaux terrains, c’est de nouvelles salles comme le Hall des Sports partout en Côte d’Ivoire. Il faut penser à ériger des stades omnisports pour développer d’autres disciplines sportives. Nous avons postulé pour la CAN 2019, il nous faut de nouveaux stades pour un tel événement», a dit Alain Lobognon. Avant de revenir sur les structures ringardes des stades actuels, il a invité l’opinion à penser à moderniser nos terrains. «Rassurez-vous, le Président de la République a pris l’engagement de doter la Côte d’Ivoire d’un nouveau plateau sportif et le pari sera tenu», a-t-il conforté. Un plateau qui sera embelli également par le lycée sportif de Bouaké dont la pause de la première pierre se fera dans les semaines à venir lors de la visite d’Etat du Président de la République. Il ya aussi la cité olympique d’Ebimpé dont le financement est déjà acquis et qui devra abriter les Jeux de a Francophonie 2017. Il a, en sus, annoncé la mise en place d’une nouvelle politique, plus rationnelle, de gestion des infrastructures avec le concours de partenaires privés.

INJS : former des professionnels du sport

La reforme de l’Institut national de la jeunesse (INJS) a été adoptée, le vendredi en Conseil des ministres. Fermé donc pour réhabilitation, cet établissement va ouvrir en 2014 avec un tout nouveau visage. «Il faudra un terrain de football où on pourra pratiquer du rugby. Et surtout une piste d’athlétisme pour permettre aux athlètes de mieux se préparer. Il y faudra un autre gymnase et on va rénover certains bâtiments. La réforme qui est passée indique que l’INJS, en plus de former les formateurs d’éducation physique, formera des professionnels du sport. Le centre de sport de haut niveau va rouvrir, non pas en se cantonnant qu’au football, mais il va s’élargir à d’autres disciplines», a mentionné Alain Lobognon. Pour renforcer les actions de l’INJS, l’Etat entrevoit la création d’un centre de haut niveau à Yamoussoukro (INPHB) et un autre à l’Université de Cocody.

Financement : le nœud cornélien

Le financement constitue l’épineux problème du sport en Côte d’Ivoire d’ailleurs. Le ministre Alain Lobognon n’a pas manqué de le souligner. «En Côte d’Ivoire, on reconnait la tutelle quand il y a un besoin de financement. Mais on ne reconnait pas la tutelle lorsqu’il faut régler les problèmes», a-t-il lâché. Cette belle image dépeint la situation des fédérations qui sont promptes à toucher et empocher l’argent public et prêtes à sortir la menace des sanctions internationales. Cette question de financement devrait trouver une solution dans les reformes car, a expliqué le ministre des sports, «le sport doit s’auto-financer». Avant d’inviter les fédérations à accepter de se remettre en cause dans la gestion du financement public.

Relations avec les fédérations : refus de changement

«C’est une question de communication. On se parle mais j’ai l’impression que c’est une partie qui entend, c’est une partie qui écoute l’autre. Mais on finira par s’entendre», a indiqué d’entrée l’invité de la RTI1. Pour le ministre Lobognon, le braquage systématique des fédérations contre les reformes n’est pas une question de méthode, mais plutôt le refus de changement de celles-ci. Aussi a-t-il saisi la perche pour les inviter à sortir les rameaux et non l’épée face à la tutelle. «Messieurs les présidents de fédérations, sachez que le Gouvernement de Côte d’Ivoire ne travaille pas contre vos intérêts. Nous travaillons pour l’intérêt des jeunes et pour le rayonnement du sport ivoirien», a-t-il lancé. Avant de fustiger la thèse adoptée par les fédérations qui voudraient qu’on prenne l’argent du beurre sans rendre compte. Selon lui, il y a conflit tout simplement parce que «le milieu du sport fait semblant de ne pas comprendre ce qui se passe». «Nous disons qu’il faut des réformes au niveau du sport. Et les réformes concernent les infrastructures. Les réformes concernent également la bonne utilisation des ressources financières. Il faut que le milieu du sport accepte de s’organiser, et c’est cette organisation que nous voulons mettre en place qui a fait qu’il y a eu une grève». Il a dénoncé l’attitude des fédérations qui disent ne pas «reconnaitre la tutelle» et qui crient au loup en disant qu’on a refusé de financer sa compétition.

CNO et handball : le déficit de démocratie

«Nous disons qu’il faut la démocratie au sein des fédérations, c’est le cas du handball. D’une élection à une autre, la liste électorale évolue», a mentionné Alain Lobognon. Il a invité l’ensemble des acteurs à sauver le handball à travers la formation de nouvelles élites. Quant au CNO-CIV, il n’est pas passé par quatre chemins pour assener ses vérités. «Laissez-moi régler le problème définitivement. Selon la charte olympique, les membres du comité exécutif du CNO sont élus pour un mandat de quatre ans renouvelable une seule fois. La dernière élection du CNO date de 1999. Si le CNO fonctionne convenablement, vous verrez que l’Etat se lavera les mains dans la question de la subvention. Mais le CNO ne fait pas sa toilette et il veut venir imposer un acteur à tous les autres. J’avais demandé au CNO d’accepter de toiletter les textes de la fédération de Handball d’abord avant de passer aux élections. C’est le contraire qui a été fait. Mais il faut reconnaitre les contestations qui ont suivi».
Convaincu que seules les reformes sauveront le sport ivoirien, le ministre Alain Lobognon a demandé aux fédérations d’arrêter de salir le prestige de la Côte d’Ivoire et de se tourner vers l’essentiel. «Je suis au sein d’un Gouvernement qui entend réformer le secteur du sport. Si vous refusez la réforme, alors n’attendez pas l’Etat pour vous donner l’argent des autres secteurs d’activité», a-t-il conclu.
OUATTARA Gaoussou

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