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Économie Publié le mercredi 26 novembre 2014 | Ministères

Le discours du Premier ministre Kablan Duncan à la cérémonie d’ouverture du SIETTA 2014

© Ministères Par SergeT
Cérémonie d’ouverture du salon international des équipements et des technologies de transformation de l`anacarde
Mercredi 27 Novembre 2014 Abidjan.Mr Daniel Kablan Duncan Premier Ministre préside la cérémonie d`ouverture de la 1ère édition du salon international des équipements de transformation de l`anacarde.
• Messieurs les Présidents des Institutions Nationales ;
• Monsieur le Représentant du Président de l’Assemblée Nationale, Parrain de la cérémonie ;
• Monsieur le Ministre de l’Industrie et des Mines, Président du SIETTA ;
• Monsieur le Ministre de l’Agriculture ;
• Monsieur le Ministre du Commerce et de l’Artisanat de la République sœur de Guinée-Bissau ;
• Monsieur le Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage de la République Sœur du Congo ;
• Monsieur le Ministre des Affaires Foncières et du Domaine Public de la République Sœur du Congo ;
• Monsieur le Gouverneur du District d’Abidjan ;
• Monsieur le Maire de la commune de Treichville ;
• Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs ;
• Messieurs les Représentants des Institutions Internationales ;
• Messieurs les Représentants des Partenaires au Développement ;
• Monsieur le Commissaire Général du Salon ;
• Honorables Membres des délégations étrangères ;
• Monsieur le Président de la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) ;
• Mesdames et Messieurs les représentants des Organisations Professionnelles du Secteur Privé ;
• Mesdames et Messieurs les Chefs d’entreprises et opérateurs économiques ;
• Mesdames et Messieurs les acteurs de la filière anacarde ;
• Chers amis des Médias ;
• Honorables invités ;
• Mesdames et Messieurs,

C’est avec un réel plaisir que je prends la parole ce jour, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Salon International des Equipements et des Technologies de Transformation de l’Anacarde, dénommé « SIETTA 2014 ».
Permettez-moi avant tout propos, de souhaiter au nom de Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire et au nom du Gouvernement ivoirien, « le traditionnel AKWABA », c’est-à-dire la cordiale bienvenue à nos illustres hôtes, venus des pays frères et amis pour prendre part à cet important salon. Je salue tout particulièrement les Ministres venus des pays frères de la Guinée Bissau et du Congo.
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Votre présence distinguée honore la présente cérémonie et marque tout l’intérêt que vous accordez aux questions communes de développement industriel de nos pays respectifs.
Je voudrais ensuite transmettre, à travers son représentant, mes salutations chaleureuses au Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, Monsieur SORO Guillaume, Parrain de ce Salon.
Je voudrais aussi saluer les Membres du Gouvernement ivoirien dont la présence témoigne du grand intérêt que le Gouvernement accorde à ce sujet qui nous rassemble aujourd’hui, avec une mention spéciale au Ministre de l’Agriculture et au Ministre de l’Industrie et des Mines.
Mes salutations vont également à l’endroit de Madame la Directrice Exécutive du Projet Initiative du Cajou Africain pour son appui au développement de la Filière Anacarde ivoirienne, ainsi qu’à tous les partenaires au développement en particulier la Banque Mondiale, la Société Financière Internationale (SFI) et l’ONUDI pour leur soutien constant dans les efforts de développement de la transformation de l’anacarde.
J’adresse aussi mes salutations les plus chaleureuses à toutes les personnalités ainsi qu’aux experts venus des pays frères et amis pour partager leurs connaissances dans les domaines des technologies et des équipements de transformation de l’anacarde, à travers des expositions, des conférences et des panels.

Je voudrais remercier et féliciter le Conseil du Coton et de l’Anacarde pour l’organisation de cet important salon qui vise à renforcer les capacités technologiques des pays de la sous-région et particulièrement de la Côte d’Ivoire en matière de transformation de l’anacarde et à promouvoir la consommation locale des amandes.

J’associe à ces remerciements tous les membres du comité d’organisation de ce salon pour le grand travail abattu durant plusieurs mois.

Honorables invités,
Mesdames et Messieurs.

L’événement qui nous réunit ce matin et qui nous retiendra durant trois jours est important pour les acteurs africains impliqués dans le secteur de l’anacarde en général et ceux de la Côte d’Ivoire en particulier, parce qu’il s’agit d’un salon dédié aux questions des équipements et des technologies pour la transformation d’un produit dont l’intérêt est de plus en plus croissant.

En effet, la production de cette spéculation est estimée à plus de 2,5 millions de tonnes de noix brutes en moyenne par an dans le monde, soit l’équivalent de 525 000 tonnes d’amandes.
Cette filière fait vivre plusieurs millions de planteurs de par le monde et pèse plus de 4,4 milliards de dollars US de transactions commerciales chaque année.
La demande mondiale en amande est en croissance constante de près de 11% par an en moyenne. Selon une étude réalisée par l’ONUDI dans le cadre du Programme d’Appui au Commerce et à l’Intégration Régional (PACIR), cette demande mondiale devrait être supérieure à la production de noix brutes à l’horizon 2016, si les tendances observées en termes de production de noix brute se maintiennent.
L’Afrique fournit près de 45% de la production mondiale de noix de cajou, avec une progression moyenne de l’ordre de 5% par an ; elle est principalement assurée par la Côte d’Ivoire avec 500 000 tonnes en 2013, la Guinée Bissau avec 165 000 tonnes, la Tanzanie avec 120 000 tonnes, le Nigeria avec 85 000 tonnes, le Mozambique avec 60 000 tonnes et le Ghana avec 40 000 tonnes.
Selon l’Alliance Africaine du Cajou (ACA), près de deux millions de ménages ruraux vivant dans onze (11) pays d’Afrique assurent cette production qui est exportée principalement sous forme brute (près de 90% de la production), vers l’Inde, le Vietnam et le Brésil.
La Côte d’Ivoire est le premier pays producteur africain avec près de 550 000 tonnes en 2014, soit environ 20% de l’offre mondiale de noix de cajou et le deuxième au monde après l’Inde. Cette production connait une croissance annuelle de l’ordre de 16% en moyenne.
Aujourd’hui, ce sont quelques 250 000 paysans ivoiriens qui sont impliqués dans cette spéculation.
Pour soutenir la production d’anacarde, le Gouvernement a mis en œuvre un ensemble de mesures et de réformes pour permettre aux producteurs de tirer le maximum de valeur ajoutée de leurs productions.
Ces réformes ont été d’abord traduites dans le Plan National de Développement (PND) 2012-2015 d’un montant total de 11 000 milliards de FCFA soit 22 milliards de $ puis, pour le secteur agricole, dans le Programme National d’Investissement Agricole (PNIA) 2012-2016, d’un montant de 2 040 milliards de FCFA soit environ 4 milliards de $, pour améliorer la productivité et les revenus agricoles, la compétitivité des filières et sécuriser l’accès au foncier, notamment aux petits producteurs, aux femmes et aux jeunes.
Pour le cas spécifique de l’anacarde, le Gouvernement a adopté la loi sur la réforme des filières coton et anacarde qui vise, en amont, à améliorer la production et la qualité des noix brutes, à maîtriser la commercialisation et à structurer la filière afin d’assurer un prix rémunérateur aux producteurs. Cette réforme soulignons-le, porte notamment sur :
- l’encadrement agricole des producteurs ;
- la mise en place d’une politique de sacherie ;
- la régulation de la commercialisation, avec l’adoption d’un mécanisme de fixation des prix aux producteurs (qui garantit 60% du prix CAF) ;
- le développement de la recherche agricole ;
- l’organisation des acteurs de la filière.
Toutes ces mesures permettront de dynamiser davantage la production et d’améliorer la qualité des noix brutes.
Honorables invités,
Excellences, Mesdames et Messieurs.
Malgré ces résultats encourageants sur le plan agricole, les pays africains en général occupent une place insignifiante dans la transformation de la noix de cajou, derrière les plus grands acteurs du secteur comme l’Inde avec 1 350 000 tonnes de capacité de transformation, le Vietnam avec 550 000 tonnes et le Brésil avec 250 000 tonnes.
En effet, les taux de transformation observés dans les principaux pays africains producteurs d’anacarde sont relativement faibles : environ 14,5% en moyenne en 2014. Ce taux est de l’ordre de : 6% en Côte d’Ivoire et en Guinée Bissau, 11% au Bénin, 15% en Tanzanie, près de 40% au Ghana et au Nigeria, etc.
Les contraintes majeures qui freinent le développement de l’industrie de la transformation de l’anacarde en Afrique et en Côte d’Ivoire en particulier, sont notamment :
- la faiblesse des capacités techniques et technologiques des promoteurs ;
- les difficultés d’accès au financement tant des équipements que de l’exploitation ;
- la faiblesse des capacités managériales des promoteurs locaux ;
- les problèmes de qualité ; et
- les difficultés d’accès aux marchés internationaux.

Or, vous le savez Mesdames et Messieurs, les opérateurs du secteur que vous êtes le savent très bien, l’anacarde présente un large éventail de possibilités de transformation, à savoir :
- les amandes fraîches,
- les amandes rôties et salées,
- le baume de cajou,
- l’huile d’amande de cajou,
- les jus,
- les fruits séchés et confits,
- les confitures,
- le combustible solide.
Le faible taux de transformation de l’anacarde observé en Afrique se traduit par un manque à gagner considérable en termes de valeur ajoutée pour nos économies, de revenus pour nos populations et de recettes pour les finances publiques.
En effet, comme vous le savez, la transformation de la noix de cajou est une activité industrielle à haute intensité de main d’œuvre. Son impact sur l’emploi en général et sur celui des femmes en particulier est très important.
Selon les estimations, la transformation de 1 000 tonnes de noix brutes de cajou peut générer près de 200 emplois en majorité destinés aux femmes.
L’activité de transformation de l’anacarde se révèle donc comme une réponse et un moyen efficace de lutte contre la pauvreté, notamment au niveau des populations les plus vulnérables que sont les femmes et les jeunes à travers la création d’emplois.


Honorables invités,
Excellences Mesdames et Messieurs.
Ces enjeux nous rappellent une fois encore, la nécessité d’accélérer l’industrialisation de l’Afrique, à travers notamment l’accroissement de la valorisation des matières premières agricoles.
Au niveau régional, nos Etats ont déjà mis en œuvre, depuis quelques années, des programmes visant à développer et à promouvoir le secteur industriel. C’est ainsi que l’Afrique de l’Ouest, s’est dotée de la Politique Industrielle Commune de l’Afrique de l’Ouest (PICAO), qui vise à accélérer l’industrialisation, notamment à travers la transformation industrielle des matières premières locales, le développement et la diversification des capacités productives industrielles, le renforcement de l’intégration régionale et les exportations de biens manufacturés.
En Côte d’Ivoire, le Gouvernement a fait de la transformation des matières premières locales, notamment de l’anacarde, un axe stratégique prioritaire de la Politique Industrielle adoptée en août 2013.
Dans le cadre de cette politique industrielle, le Gouvernement a adopté un programme ambitieux de développement de la transformation de l’anacarde, dont l’objectif général est d’accroître le taux de transformation des noix brutes pour passer de 5,2% en 2013 à 35% en 2016 et à 100% à l’horizon 2020.
La stratégie est basée sur la promotion des investissements privés et des appuis ciblés de l’Etat en faveur du secteur de la transformation de l’anacarde dans les domaines principaux suivants :
• l’accès au financement pour la transformation ;
• l’amélioration de la qualité ;
• l’appui à la commercialisation ;
• le renforcement des capacités.
Tout cela est assorti des mesures d’accompagnement à savoir :
• la mise en place d’un Fonds de garantie pour faciliter le financement des investissements ;
• le renforcement des capacités en matière technique et managérial ;
• la réduction du coût de la validation de l’étude d’impact environnemental et social ; et
• l’appui à l’accréditation des laboratoires pour l’analyse des produits de l’anacarde.

Ces mesures sont en synergie avec d’autres mesures offertes en amont par le Ministère de l’Agriculture. Il s’agit entre autres, de la mise en place :
• d’un système de magasins agréés ;
• d’un dispositif de contrôle de la commercialisation des noix brutes ;
• d’un dispositif de contrôle de la qualité des noix brutes (sacherie, maîtrise du taux d’humidité).
Ce programme de transformation de l’anacarde est également soutenu par la Banque Mondiale à travers le Projet d’Appui au Secteur Agricole, dénommé PSAC, dans son volet « soutien à la transformation de la noix de cajou », pour un montant de 1,6 millions de dollars US soit environ 800 millions de francs CFA.

Honorables invités,
Mesdames et Messieurs.
Comme rappelé plus haut, l’une des principales contraintes qui explique la faiblesse de l’industrie de la transformation de l’anacarde reste l’insuffisance des équipements et technologies, la faiblesse des capacités techniques et technologiques des transformateurs, les difficultés liées au choix de technologies adaptées et la faible productivité des unités de transformation.
Le Salon International des Equipements et des Technologies de Transformation de l’Anacarde (SIETTA) qui vise à vulgariser les équipements et les technologies de transformation auprès des investisseurs nationaux et internationaux et à faire la promotion de la consommation locale des produits dérivés de l’anacarde, vient donc à point nommé.
Ce salon permettra de :
• favoriser l’installation des équipementiers internationaux en Côte d’Ivoire ;
• promouvoir le développement des capacités locales de fabrication des équipements et technologies adaptés aux besoins de nos pays ;
• promouvoir l’établissement de partenariats d’affaires entre les acteurs locaux et internationaux ;
• renforcer les capacités des acteurs sur les problématiques liées à la transformation notamment, sur les questions de qualité, de financement, de recherche de marché, d’acquisition de technologies ; et
• informer et sensibiliser sur les avantages liés à la consommation des produits de l’anacarde.
A cet égard, les différentes activités qui vont meubler les trois jours du SIETTA, à savoir les expositions, les rencontres B to B et les conférences devraient contribuer à renforcer les capacités techniques et technologiques des transformateurs et à renforcer le potentiel de la Côte d’Ivoire en matière de technologie de transformation de l’anacarde.
Ce Salon constitue un espace d’échanges entre tous les acteurs de la filière et les potentiels investisseurs en vue de nouer des partenariats féconds au bénéfice de toutes les parties.
A cet effet, je lance un vibrant appel en direction de tous les acteurs de la filière anacarde :
- aux producteurs et aux transformateurs locaux de l’anacarde, je vous exhorte à redoubler d’efforts pour relever le défi de la transformation ;
- aux banques et établissements financiers, je vous encourage à vous impliquer davantage dans le financement des activités de transformation de l’anacarde en proposant des instruments et mécanismes adaptés comme l’a déjà souhaité Son Excellence Monsieur le Président de la République ;
- aux équipementiers internationaux, je voudrais vous inviter à faire le choix de vous implanter en Côte d’Ivoire et dans la sous-région pour développer les capacités locales de distribution et de fabrication d’équipements ;
- à tous les investisseurs nationaux et internationaux, je vous invite à investir dans la transformation de l’anacarde en Côte d’Ivoire et profiter de la disponibilité abondante de la matière première. En effet, notre pays vise à devenir, dans 4 ou 5 ans, le premier producteur mondial de noix de cajou avec plus d’un million de tonnes, devant l’Inde qui produit actuellement autour de 800 000 tonnes de noix de cajou ;
- enfin, j’invite les partenaires techniques et financiers à nous accompagner afin de faire passer les pays africains et singulièrement la Côte d’Ivoire de pays pourvoyeur de noix brutes de cajou, à un pays exportateur d’amandes de cajou.
Le SIETTA nous offre une excellente opportunité de relever le défi de la transformation de l’anacarde en Afrique.
C’est pourquoi, je propose au nom du Gouvernement ivoirien, la tenue tous les deux ans, de cet important salon élargi à l’ensemble des pays africains producteurs d’anacarde.
Tout en souhaitant plein succès à vos travaux, je déclare, au nom de Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire, ouverte la première édition du Salon International des Equipements et des Technologies de Transformation de l’Anacarde sur le thème « promouvoir les équipements et les technologies de transformation de l’anacarde pour une Côte d’Ivoire émergente à l’horizon 2020 ».

Je vous remercie de votre aimable attention.

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